Des débouchés tout azimuts

Première économie de l’Afrique de l’Est, souvent qualifié d’East African Hub of Trade & Finance, le Kenya en est aussi le pays le plus industrialisé.  Fort de 49,7 millions d’habitants (2017) et d’un PIB de 74,94 milliards de dollars US en 2017, il affiche une croissance de plus de 6 % et une économie en transformation.

Depuis la réforme de la Constitution, acceptée par référendum en 2010, le Kenya est devenu un Etat aux pouvoirs décentralisés.  Ce système permet d’atteindre les populations les plus reculées pour un développement socioéconomique de l’ensemble du pays.  Les possibilités de tirer profit des marchés régionaux et d’asseoir la prédominance économique du Kenya dans la région sont considérables.  Le Kenya vient de lancer son plan d’action quinquennal (2018-2022) visant à fédérer les politiques et les efforts du pays en matière de lutte contre le changement climatique et du développement durable. Il est destiné à mettre en œuvre sa « Vision 2030 », cadre stratégique pour le développement du Kenya en pays à revenu intermédiaire en voie d’industrialisation. 

Vision 2030

La consommation privée (79 % du PIB) demeure le principal moteur de la croissance économique.  Les activités industrielles (20 % du PIB) sont concentrées autour des principales villes du pays, Nairobi, Mombasa et Kisumu et dominées par le secteur agroalimentaires (céréales, bière, sucre de canne, etc.).  Depuis 2014, la croissance est soutenue notamment grâce aux investissements liés à la découverte de pétrole et de gaz.  L’activité du secteur primaire s’est renforcée avec l’ouverture d’une mine en 2013.  Le secteur des services, l’un des plus actifs du continent, est porté par les télécommunications et les services financiers. En août 2016, le Kenya a signé un accord de partenariat économique avec l’Union européenne.  Jusque-là, seul le Rwanda avait signé cet accord qui doit l’être aussi par les autres pays membres du marché commun d’Afrique de l’Est.

Un rôle pivot en Afrique de l'Est

Les nombreuses opportunités offertes par le Kenya attirent un nombre croissant d’investisseurs étrangers.  Il faut dire que le pays ne manque pas d’atouts.  Il joue un rôle-pivot dans la Communauté d’Afrique de l’Est.  Ajoutons son agriculture diversifiée (maïs, thé, café et horticulture), ses performances en télécommunications et services financiers, le dynamisme de la démographie et l’émergence d’une classe moyenne, et sa nouvelle constitution.  Pour Ivan Korsak, Attaché économique et commercial de l’AWEX à Nairobi/Dakar, la capitale est le hub de l’Afrique de l’Est.  « Nairobi offre une main d’œuvre plus qualifiée que celle des pays voisins, souligne-t-il. 

Il en va de même pour le système financier développé, des infrastructures de bureau, de télécommunications avancées, un réseau routier et ferroviaire en transformation, un aéroport international (JKIA) avec la présence de grandes compagnies aériennes.  Pour son trafic, il est classé 6ᵉ aéroport d'Afrique, et 1ᵉʳ aéroport pour l'est du continent africain. Les infrastructures de transport, les cabinets d’avocats, d’audit et autres supports aux entreprises y sont mieux représentés que dans les pays voisins.  Le niveau général de la métropole est plus élevé et plus moderne que dans le reste de l’Afrique de l’Est.  Nairobi est le siège d’organismes internationaux comme les Nations Unies, l’UNEP (United Nations Environment Programme) et d’autres.  En corolaire, s’y ajoutent la présence de nombreuses ONG et l’organisation de congrès et conférences. »  Au Kenya, près de 90 % de l’import-export passe par la voie maritime.  « Le Kenya dispose du port de Mombasa, le port le plus actif d’Afrique de l’Est. »

Le gouvernement Kenyan s’est engagé dans la construction d’un nouveau port en eaux profondes à Lamu dans la partie nord-est du pays.  Le Kenya et l’Ethiopie ont, en effet, signé un accord pour la construction du corridor de transport Lamu qui reliera ces deux pays au Sud Soudan.  Le port Lamu sera le plus grand d’Afrique de l’Est.  Une raffinerie de pétrole et une ligne de chemin de fer vers Juba, avec une branche en Ethiopie, seront construites favorisant le développement de corridor entre ces pays.  « Le nouveau chemin de fer en construction desservira le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et probablement le Burundi. »

Nombreuses opportunités dans l'énergie, les télécoms et l'agriculture

Les secteurs porteurs ne manquent pas au Kenya.  Le numéro un est celui de l’énergie, l’un des piliers de la stratégie « Vision 2030 ».  L’objectif est d’augmenter, d’ici 2020, le taux d’électrification à 40% et de raccorder, à terme, plus d’un million de foyers.  La croissance prévue de la demande en électricité pour les prochaines années est de +10%.  Le gouvernement a lancé de grands aménagements pour améliorer l’approvisionnement du pays en énergie.  L’électrification des zones rurales peu habitées est l’une des grandes priorités.  Le développement du mix énergétique et des énergies renouvelables est aussi à l’ordre du jour.  Ainsi, l’énergie géothermique est considérée comme plus intéressante et plus facile à produire que l’hydroélectrique.

La mise en œuvre du potentiel géothermique de la Vallée du Grand Rift diminuerait fortement la dépendance à l’énergie hydroélectrique.

Le Kenya présente un énorme potentiel minéral.  Les investissements étrangers ont augmenté depuis les dernières découvertes de puits de pétrole dont récemment dans la vallée du Grand Rift.  Cette réserve, estimée à 3 milliards de barils, a de quoi alimenter en énergie la population kenyane pour environ trois siècles !

L’agriculture représente quelque 30 % du PIB, se positionne comme le premier poste d’exportations, et emploie 75 % de la main d’œuvre.  Ce secteur connaît une belle évolution s’éloignant du modèle familial pour se rapprocher de l’agro-industrie.  Plus d’un tiers de la production agricole est destinée aux marchés étrangers et représente environ 60 % des exportations.  L’horticulture en est un pilier.  Outre la production mondiale de roses, le pays est l’un des plus grands producteurs de thé. Plusieurs grands investissements ont été réalisés dans ce secteur par Tata Thea et Unilever.  La production d’engrais se développe également.  « Tout ce qui touche à la transformation, l’amélioration, la fertilisation, l’irrigation au transport, etc., offre des possibilités », remarque Ivan Korsak.

Les télécommunications figurent parmi les secteurs les plus prisés par les investisseurs.  Ces dix dernières années, les TIC ont augmenté de 20 % par an. « Pour preuve, le projet de construction de Konza City, un futur ICT Silicon Valley pour l’Afrique de l’Est.  Le Kenya est le pays le plus avancé au monde en paiement par téléphonie mobile (M-Pesa) avec l’équivalent de 43 % du PNB qui transite par ce mode de paiement. » Le développement de ce secteur en booste d’autres comme Internet, le commerce en ligne, les soins de santé, les informations publiques.

Autres secteurs ayant le vent en poupe, ceux de l’immobilier et de la construction.  « Pour ces cinq dernières années, ils ont été parmi les plus dynamiques et représentaient 7 % du PNB en 2016.  Le prix de l’immobilier à Nairobi a triplé en moins de dix ans. »

Le Kenya, 72ème client de la Wallonie en 2018

En matière d’exportations belges, « les segments de l’énergie, de l’eau, du pharmaceutique, du médical et du tourisme » ont vu des entreprises belges réaliser des opérations commerciales.  La Belgique est, aujourd’hui, le plus grand partenaire du Kenya pour l’assainissement et la distribution de l’eau. 

Pour la Wallonie, le Kenya se situe au 72ème rang d’exportation. Les exportations wallonnes s’élevaient à 20,71 millions d’euros en 2018.  Le secteur chimique (et pharmaceutique) occupe une place prépondérante.  En 2018, il représentait plus de 92,99% du montant total des exportations wallonnes.  Le secteur des machines et équipements mécaniques, électriques et électroniques arrive à la deuxième place, loin derrière.

Source : Classe Export Wallonie, Janvier-février 2017 (Actualisation 2018)

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