Contexte général

L’ensemble des Etats membres de l’Union européenne ont déposé leurs programmes nationaux demandant des financements européens (sous forme de subventions et de prêts) pour soutenir la reprise économique post-COVID. Ensemble, ces plans de relance forment le Plan européen « Next Generation EU » qui pèse 750 milliards d’euros. Chaque pays peut compter sur une enveloppe partiellement prédéfinie qui dépend notamment de sa population, de son PIB par habitant et de son taux de chômage avant le début de la pandémie (de 2015 à 2019). Les 30% de montants restants seront versés entre 2023 et 2026 et dépendront des baisses du PIB et de l’emploi observées sur 2020 pour tenir compte de l’impact économique de l’épidémie de coronavirus. »[1]

L’Agence wallonne à l’Exportation et aux investissements étrangers (AWEX) a sollicité ses Conseillers économiques et commerciaux (CEC) en poste[2] dans les pays européens voisins de la Belgique (et donc de la Wallonie) afin de réaliser une veille sur ces projets nationaux de relance. Les objectifs sont doubles :

1)  Identifier des opportunités commerciales pour les entreprises exportatrices wallonnes : établir des stratégies pour consolider leur positionnement sur ces marchés européens et augmenter leurs parts de marché.

2)  Identifier et gérer les risques concurrentiels qui peuvent émerger lors de la reprise en lien avec ces plans de relance. Ex : accès limité au marché, priorités aux sous-traitants locaux et aux circuits courts…

L’analyse présentée inclut les résultats des pays suivants : Allemagne, Autriche, Danemark, Espagne, France, Italie, Luxembourg & Portugal. Il faut toutefois noter que l’AWEX n’a pas (à l’heure actuelle) encore reçu les résultats de deux marchés importants pour la région : la Suède et les Pays-Bas[3].

 

Les dépenses d’investissements des plans de relance

Sources et informations utiles : une étude du Bruegel Institute compare les dépenses d’investissement des différents plans de relance nationaux[4].  De cette analyse, l’AWEX a tiré les observations suivantes : Tous les pays présentent des dépenses dans les industries vertes (37%) et le numérique (20%). Voici les 6 piliers qui peuvent être retrouvés dans la majorité des plans de relance :

  • Green transition
  • Digital transformation
  • Smart, sustainable and inclusive growth including economic cohesion, jobs, productivity, competitiveness, research, development and innovation and a well-functioning internal market with strong SMEs
  • Social and territorial cohesion
  • Health and economic, social and institutional resilience, with the aim of, inter alia, increasing crisis preparedness and crisis response capacity
  • Policies for the next generation, children and youth such as education and skills

Ensuite, l’analyse de l’Institut Bruegel présente les montants alloués par piliers dans les différents pays européens :

 

Les préoccupations principales des Etats européens

Il est important de rappeler que le Plan de Relance s’inscrit dans un contexte économique dont les principales préoccupations du continent sont les suivantes :

  • La nécessité de renforcer et de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement (composants, matières premières) tout en étant dépendant du commerce international (et particulièrement hors-UE).
  • La volonté d’implantation voire la réimplantation de certaines industries stratégiques sur le territoire national (et donc en Europe).
  • Problématique de pénurie des matières premières avec leur impact sur l’activité des différents secteurs et volonté de réduire la dépendance de l’Europe face au reste du monde. Ex : puces électroniques[5].
  • Réduire autant que possible les effets de la pandémie de COVID19 et sortir rapidement de la crise et de ses conséquences sur l’économie dues au confinement et l’arrêt des activités économiques.

 

Thématiques sectorielles communes

Plusieurs thématiques sectorielles communes ressortent comme prioritaires dans le financement de la relance européenne. Pour illustrer son analyse, l’AWEX a repris les thématiques communes concernant l’économie et l’industrie et fournit des exemples de pays et de projets de relance dans ce domaine.

                        

1.1. Transition écologique

France : Le plan France Relance comprend 50% d’investissements en faveur de la transition climatique. 30 des 100 milliards d’euros de France Relance sont spécifiquement destinés au financement de la transition écologique. 4 des 9 piliers du Plan France Relance concernent l’écologie :rénovation énergétique, écologie et biodiversité, infrastructures et mobilité verte, énergie et technologie verte.  

Allemagne : 11 Mrds d’euros, soit 40% pour la politique de protection du climat et la transition énergétique. Sous-thématiques phares : mobilité écoresponsable (6 Mrds d’euros) dont la mobilité électrique (EV, bornes de recharges) – construction et rénovations écoresponsables et efficientes – innovations en matière de fourniture énergétique dont l’hydrogène.

Danemark : Le plan pour la reprise et la résilience du Danemark consacre 59% du total des dépenses à des mesures qui soutiennent les objectifs climatiques. Ces mesures comprennent des réformes fiscales, l'efficacité énergétique, des transports durables et des initiatives dans le secteur agricole. Elles visent toutes à moderniser l'économie danoise, à créer des emplois et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu'à renforcer la protection de l'environnement et à protéger la biodiversité. Le plan comprend un large éventail de mesures visant à améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et de l'industrie, à promouvoir une mobilité durable, à soutenir l'agriculture biologique et à faciliter la recherche et l'innovation verte.  Le plan prévoit d'investir 259 millions d'euros dans les transports verts et 85 millions d'euros dans les rénovations destinées à améliorer l'efficacité énergétique. Il consacre également un montant de 94 millions d'euros à la coopération publique-privée dans le domaine de la recherche pour accélérer la mise au point de solutions technologiques respectueuses du climat, notamment en matière de piégeage et de stockage du carbone.

Luxembourg : Afin de contribuer à la protection de la biodiversité et l’environnement, le gouvernement a lancé l’initiative « Naturpakt » qui crée la possibilité de subventionner la participation de toutes les communes à la mise en œuvre des stratégies nationales.

Espagne : Conservation et restauration des écosystèmes et leur biodiversité – Budget : 1.642M €

 

 i.     Agroalimentaire

Espagne: Transformation environnementale et numérique du système agroalimentaire et de la pêche – Budget : 1.051M €

France : La prime à la conversion des agroéquipements a permis à des agriculteurs de bénéficier de matériels plus performants en matière environnementale visant une agriculture plus sobre en intrants (notamment en produits phytosanitaires) et en ressources (par exemple en eau).

 

ii.    Mobilité durable : électrique

Espagne: Plan de choc pour la mobilité durable, sûre et connectée en milieux urbains et métropolitains  – 6.536M € / Mobilité durable, sûre et connectée – 6.667M €

Luxembourg : La décarbonation du transport figure parmi les axes prioritaires dans ce contexte et les mesures visées au PRR ont pour objectif d’augmenter l’efficacité énergétique dans ce secteur grâce à la promotion de l’acquisition de véhicules à faibles ou à « zéro émissions » et la mise en place des infrastructures à carburants alternatifs.

France : Les mesures à effets immédiats avec une accélération du verdissement du parc automobile en France. Sur les sept premiers mois de l’année 2021, 15,7 % des ventes aux particuliers de véhicules neufs sont électriques ou hybrides rechargeables contre 2,5% sur les sept premiers mois de 2019.

Allemagne : Le gouvernement fédéral souhaite stimuler l´achat de voitures, bus et trains électriques via des incitations à l´achat. Il souhaite également soutenir l´installation de stations de rechargement de véhicules électriques. Les autorités allemandes entendent soutenir l´industrie allemande en stimulant la demande.

 

iii.   Energie (renouvelable, électrique, hydrogène vert)

Italie :  Le projet « Hydrogen Valleys », déployé à travers tout le pays, consiste à la mise en place d’écosystèmes comprenant à la fois la production et la consommation d’hydrogène. Ex : en Lombardie, à Valcamonica, sur le long de l’axe ferroviaire du projet H2IseO de FNM (Ferrovie Nord Milano - principal acteur du transport en Lombardie) et Enel Green Power. À Rome, les autorités planifient la réalisation d’un centre de recherche de l’ENEA. Il s’agira d’une Hydrogen Valley avec expérimentation des technologies de l’hydrogène pour des applications industrielles, allant de la production au stockage et jusqu’à l’utilisation finale.

Espagne : Déploiement et intégration d’énergies renouvelables – 3.165M € / Infrastructures électriques, promotion des réseaux intelligents et déploiements de systèmes flexibles et de stockage – 1.365M € /  Feuille de route de l’hydrogène verte et de son intégration sectorielle – 1.555M €.

Danemark : Hydrogène / Power-to-X : Le gouvernement danois a manifesté son intérêt pour les nouvelles technologies permettant de convertir les énergies renouvelables en hydrogène via l’électrolyse. Il s’agit d’une solution permettant de résoudre le problème du stockage des énergies intermittentes comme les énergies solaires et éoliennes.

Portugal : Hydrogène et gaz renouvelables - soutien aux projets privés de production d'hydrogène renouvelable et d'autres gaz d'origine renouvelable [185 millions d'euros].

Allemagne : L’hydrogène (1.5 Mrds d’euros) : les mesures les plus importantes du plan de relance dans la catégorie protection du climat et changement énergétique sont en premier lieu les réformes structurelles et les investissements massifs pour la création d’une économie de l’hydrogène performante. Grâce au financement du plan de relance, l'Allemagne va développer la recherche sur l'hydrogène et faciliter la transition des entreprises vers une économie de l’hydrogène. Les montants prévus dans cette stratégie nationale sont de 7 milliards pour les projets allemands et de 2 milliards pour les projets de coopération internationale.

 

1.2. Transition numérique

Après la transition écologique, le secteur le plus important du plan de relance sera consacré au numérique et au digital.

Allemagne : 6 Mrd d’euros, soit 21% pour la digitalisation de l’économie et des infrastructures, la digitalisation étant transversale à l’ensemble de la DARP. Sous-thématiques phares : l’utilisation des données (datas) comme matière première – la digitalisation des moyens de transport, dont le rail – le renforcement de la recherche et l’application des technologies issues de l’industrie 4.0. Les technologies relevant de l’intelligence artificielle et de la data science : avec des applications concrètes dans l’industrie (volonté de l’Allemagne de maintenir sa position comme ‘usine de l’Europe’) notamment dans le secteur de la mobilité (modernisation forcée des infrastructures et de la gestion, du rail en particulier).

Danemark : Le plan consacre 25 % du total des dépenses à la transition numérique. Parmi les mesures visant à soutenir la transition numérique du Danemark figurent l'élaboration d'une nouvelle stratégie numérique nationale, l'utilisation accrue de la télémédecine, le déploiement du haut débit dans les régions moins peuplées du pays et la promotion des investissements dans les entreprises numériques.

Portugal : Le Portugal dédie deux enveloppes importantes à la transition numérique dans le domaine de la santé [300 millions d'euros] - modernisation des systèmes informatiques du service national de santé et numérisation accrue des dossiers médicaux… - et pour les entreprises [650 millions d'euros] avec un soutien renforcé aux PME : formation spécifique aux compétences numériques & accompagnement personnalisé à l’utilisation des technologies numériques.

Luxembourg : En raison de son économie ouverte orientée vers l’international, le Luxembourg est fortement exposé à la transformation numérique. Le gouvernement a l’ambition de mener le processus de numérisation sur tous les fronts afin d’assurer des conditions optimales pour le développement d’une économie du savoir et de disposer de services publics numériques de qualité. Par ailleurs, le Luxembourg prévoit la mise en place d’une infrastructure de communication ultra-sécurisée basée sur la technologie quantique qui facilitera l’échange d’informations confidentielles au sein du secteur public et du secteur privé.

Espagne: Connectivité numérique, développement de la cybersécurité et déploiement de la 5G – 3.999M € / Stratégie nationale d’Intelligence artificielle – 500M € / Réforme institutionnelle et renforcement des capacités du système national des sciences, de la technologie et de l’innovation – 3.456M € / Rénovation et ampliation des capacités du Système National de Santé – 1.069M €. Par ailleurs, l’Espagne dédie un certain budget pour le financement du secteur audiovisuel (Espagne Hub Audiovisuel européen (Spain AVS Hub) – 200M €) et la Revalorisation de l’industrie culturelle – 325M €.

 

1.3.  Cohésion sociale et territoriale

Parmi les sous-thématiques que nous retrouvons dans ce pilier, les volets de financement de l’éducation (formations en alternance, classes numériques, digital skills) touchent indirectement l’économie en ce sens qu’ils visent à renforcer les compétences numériques des citoyens et les systèmes d’apprentissage.

Espagne: Plan national de compétences numériques (digital skills) – 3.593M € / Plan stratégique de développement de la formation professionnelle – 2.076M € / Modernisation et numérisation du système éducatif, en ce compris l’éducation de 0 à 3 ans – 1.648M €.

Portugal : Établissements d'enseignement et de formation professionnels - modernisation des laboratoires de technologie et des équipements techniques dans les écoles secondaires et les centres de formation professionnelle [521 millions d'euros].

Luxembourg : « Skilling, Reskilling et Upskilling » s’inscrit dans la politique générale poursuivie par le gouvernement en matière d’inclusion numérique, à savoir le processus qui vise à contrecarrer le clivage numérique en incluant tous les citoyens dans la transformation digitale de la société et en rendant le numérique accessible à chaque individu. Les formations prévues dans le cadre des projets « FutureSkills » et « Digital Skills » offrent des cours à différents degrés de difficulté afin de tenir compte les différents niveaux de compétences numériques.

France : C’est le troisième pilier du plan France Relance, doté de 36 milliards d’euros. L’objectif est notamment de permettre de sauvegarder l’emploi et d’accompagner la formation. Avec le plan « 1 jeune 1 solution », le gouvernement mobilise par exemple près de 9 milliards d’euros pour soutenir l’emploi, l’insertion et la formation professionnelle des jeunes. Depuis août 2020, 2,6 millions de jeunes ont directement bénéficié d’aides de France Relance pour l’emploi, l’insertion ou la formation. Avec 2,5 milliards d’euros, France Relance finance plus de 11.600 projets d’investissement du quotidien portés par des collectivités locales.

Allemagne : 1,4 Mrd d’euros, soit 5% pour la digitalisation de l’enseignement pour la modernisation des outils – l’intégration de nouvelles compétences dans les programmes (pour les jeunes en formation et les adultes).

Italie : Focus sur l'écosystème de la santé et une utilisation plus intense et intégrée de la technologie, à commencer par l'introduction du dossier de santé électronique.

 

1.4. Egalité

Espagne : Modernisation des administrations publiques – 4.239M € / Plan de choc pour la politique sociale et renforcement des politiques d’inclusion – 3.502M € / Nouvelles politiques publiques pour un marché du travail dynamique, résilient et inclusif – 2.363M €.

Luxembourg : Les réformes et investissements prévus dans le cadre de la composante 3B
« Modernisation de l'administration publique » garantissent l'égalité d'accès aux services pour tous les citoyens.

Portugal : Mesures d'incitation en faveur de la jeunesse - modernisation des installations scientifiques dans les écoles secondaires et les universités afin d'augmenter le nombre d'étudiants inscrits dans des cours de sciences, de technologie, d'ingénierie, d'arts et de mathématiques, en particulier les femmes, afin de promouvoir l'égalité des sexes et de lutter contre les stéréotypes dans les choix de carrière [130 millions d'euros].

Allemagne :3,5Mrd d’euros,soit 12,5%dans la modernisation de l’administration publique et des suppressions des barrières à l’investissement. Autre secteur concerné : le secteur des soins santé, et plus particulièrement celui des hôpitaux, fera l’objet d’investissements et d’une politique de modernisation importante, plus particulièrement sur plusieurs aspects comme le renforcement des infrastructures et des compétences digitales, la sécurité des données, la modernisation des équipements techniques des services d’urgence et des structures de soins transversales ou encore la recherche accélérée pour un vaccin contre le COVID via subventions aux acteurs locaux (CureVac AG, BioNtech SE et IDT Biologika GmbH).

 

1.5. Industrie, Recherche et Innovation

France : Le guichet « Industrie du Futur » de 2021 (fermé depuis le 12 mai) [CA1] a pour objectif de permettre aux entreprises industrielles de numériser ou robotiser leurs processus et lignes de production. Son succès (15.000 dossiers déposés) a montré l’implication des petites entreprises dans la modernisation de l’industrie malgré un contexte sanitaire perturbé. La subvention leur a permis d’accéder à de nouvelles technologies telles que des robots, des machines de production à commande programmable, des réseaux de capteurs, des logiciels de conception ou encore la fabrication additive.

Espagne: Politique Industrielle pour l’Espagne 2030 – 3.782M € / Développement des PMEs – 4.894M € / Réforme institutionnelle et renforcement des capacités du système national des sciences, de la technologie et de l’innovation – 3.456M €.

 

Opportunités export et invest

L’analyse ci-dessus permet de pointer les pays européens proches de la Wallonie et les projets sectoriels d’envergure qui seront développés prochainement grâce aux prêts et subventions de l’Union européenne.

L’enjeu pour l’administration wallonne est maintenant de croiser ces projets futurs et les capacités industrielles de la région qui dépendent des besoins et des stratégies d’internationalisation de nos entreprises et industries.

En termes d’attraction des investisseurs étrangers, il appartient à l’AWEX d’identifier filière par filière les chaînons manquants des écosystèmes wallons afin de pouvoir faire le screening des différentes juridictions.

 

1.1.   Opportunités d’attraction des investisseurs

Union européenne :

Volonté de réduire la dépendance de l’Europe aux matériaux essentiels vis-à-vis des marchés overseas. (Ex : puces, cartes et circuits imprimés électroniques). Par conséquent, les grandes entreprises informatiques s’intéressent à l’Europe pour l’implantation de leurs usines, d’où la possibilité d’attirer des investisseurs étrangers. Ex : l’entreprise Intel[6] et son projet de construction d’une méga-usine.

Allemagne :

Hydrogène : Avec les projets IPCEI, la France et l’Allemagne envisagent un développement des capacités d'électrolyse à grande échelle pour la production d’hydrogène vert, la construction d’une infrastructure de transport et le développement d’une chaîne de valeur européenne pour, entre autres, les systèmes de piles à combustible et la mise en place d’une infrastructure de recharge. Des opportunités commerciales et des partenariats avec des sociétés wallonnes sont donc envisageables.

France : Soutien à la réimplantation de projets industriels dans 5 secteurs critiques : les produits de santé, les intrants critiques pour l’industrie, l’électronique, l’agroalimentaire et les télécommunications. A terme, certains de ses projets arrivés à maturité pourraient viser le marché belge et être des cibles à l’invest. Pour l’heure, ce qui aboutit en France n’aboutit pas en Wallonie. La Wallonie devrait essayer d’attirer les sociétés qui sont complémentaires aux projets français (il faudrait faire l’analyse de la chaîne de valeur pour chaque projet).

Espagne : Les secteurs médical, alimentaire et logistique restent les cibles privilégiées en ce qui concerne l’attraction des investisseurs. L’identification et la recherche de prospects est en cours.

Italie : Secteur hydrogène, secteur logistique et transport multimodal.

 

1.2.  Opportunités d’exportation 

France : au niveau des sous-traitants industriels, la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement (leçon principale de la crise Covid19) serait bénéfique pour les sociétés wallonnes. 

Certaines sociétés wallonnes qui ont des filiales en France d’une certaine taille (dans l’industrie surtout) ont eu accès aux mesures du plan de relance pour se rénover, pour proposer des projets...   Par contre, des sociétés wallonnes qui avaient de petites filiales (commerciales essentiellement) n’ont pas pu faire facilement appel aux prêts garantis par l’état (leur banque faisant barrage, sous prétexte que leur capitalisation en France n’était pas assez importante). Toutes celles qui cotisaient au système français ont par contre pu bénéficier du chômage partiel pour leurs employés.

Luxembourg : la construction de logements abordables et durables représente un marché à haut potentiel. En ce qui concerne la santé, outre le fait que le GDL importe quasi toute sa consommation de produits pharmaceutiques, la thématique du e-health est aussi une belle opportunité. Enfin, le secteur digital et plus particulièrement des solutions de pointe en matière de cyber sécurité ont de belles chances de se transformer en success stories.

Espagne : les opportunités offertes dans des secteurs tels que la gestion des ressources hydriques, les développements en matière d’Intelligence Artificielle, la rénovation et l’efficience énergétique des bâtiments, les Smart Cities, l’énergie renouvelable, la mobilité durable et électrique, l’hydrogène verte, le secteur audiovisuel et créatif et bien entendu, le secteur médical, tant en termes de R&D que de numérisation. 

 

 

Points d'attention et risques potentiels à surveiller

Risque Attraction Investisseurs : France : L’objectif de la France est d’assurer la résilience et l’indépendance de l’économie française. Dès lors, Il est difficile de concurrencer les millions mis sur la table par le Gouvernement français pour attirer à nouveau les grands industriels en France. Au total, 309 projets de (re)localisation ont été soutenus jusqu’ici par France Relance, à hauteur de 538 millions d’euros, pour un montant total d’investissements industriels de 2,1 milliards d’euros.

Pour la Wallonie, il existe surtout un risque dans le secteur de la santé - clairement plus concurrentiels pour BIOWIN et ses membres. La France est en train de rattraper son retard en la matière et plus globalement, de se créer les conditions pour le secteur de la santé.

Encourager la consommation locale et les circuits courts : La principale conséquence est un repli des marchés agro-alimentaires européens face aux exportations agro-alimentaires wallonnes. Exemple : L’Autriche où le marché agro-alimentaire est de plus en plus difficile à pénétrer. L’Espagne, où les appels à projets dans le secteur agro-alimentaire visent par exemple une transition écologique et numérique de la chaîne logistique et un renforcement du concept « de la granja a la mesa » (de la ferme à la table).

Appels à projets réservés aux sociétés nationales uniquement et priorité donnée à la relance des entreprises locales : Par exemple en France à l’occasion du salon VivaTech. Plusieurs sociétés belges s’en accommodent en créant une adresse en France (domiciliation) pour ‘faire semblant’. Il semble que la technique porte ses fruits.

Recommandations

1.1.  Opportunités immédiates

Surveiller activement, dès aujourd’hui, les marchés français et italiens où les décideurs politiques mettent l’accélérateur pour la mise en œuvre rapide (dès 2021) des mesures et le déploiement des budgets affectés pour ne pas passer dès maintenant à coté d’opportunités d’exportation pour nos entreprises. 

Ex : France : « Un an après son lancement, 47,4 milliards d’euros sont déjà engagés et l’objectif du gouvernement est de déployer 70 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2021 sur les 100 milliards qui composent la totalité du plan. »

Ex : Italie : « Sur 51 investissements et réformes prévus en 2021, 13 ont pour l'instant été effectivement lancés. La péninsule, qui doit lancer 134 investissements et 63 réformes, a l'obligation de réaliser 528 milestones et targets, dont 51 d'ici le 31 décembre 2021. Le gouvernement Draghi aura néanmoins une fin d'année 2021 chargée avec les réformes de la justice civile, de la fiscalité ou encore des prestations sociales mais aussi des investissements sur la gestion des déchets , la numérisation des entreprises du secteur touristique ou encore la modernisation des outils informatiques dont disposent les hôpitaux. »

 

1.2. Projets nationaux financés par les prêts UE

Il existe plusieurs possibilités pour les entreprises wallonnes de soumissionner à des projets nationaux financés par les prêts EU.

Allemagne : Concernant le secteur public (soins de santé, digitalisation de l’administration et de l’enseignement), le processus passe par des appels d´offres souvent locaux. La seule possibilité pour les entreprises wallonnes est de trouver un partenaire local, susceptible de soumissionner à l’appel. Concernant la mobilité ou l’industrie automobile, les donneurs d’ordre sont généralement de grands acteurs du secteur auprès desquels il est difficile d’être référencé. Il est donc essentiel pour les entreprises de se préparer au mieux avant de prospecter le marché (partenaires locaux, personnel germanophone, filiale).

Espagne : Les subsides publics directs seront alloués à une série de consortiums bénéficiaires via appels à projets (« convocatorias ») dans diverses thématiques stratégiques. Les moyens financiers publics déployés, tant en subsides directs non remboursables qu’en prêts, devront aussi servir de levier multiplicateur d’investissements privés augmentant de la sorte la portée de ces grands projets moteurs.

Les sociétés wallonnes, en leur qualité d’entités étrangères ne pourront en principe être bénéficiaires de ces aides publiques réservées aux entreprises et institutions espagnoles. Les textes du plan de relance et des « Convocatorias » n’excluent toutefois pas une participation en qualité de sous-traitant et c’est avec ce rôle que l’AWEX encourage les sociétés wallonnes à suivre les appels à projets et leurs adjudicataires afin de se positionner sur une offre de technologies ou de services. Toutefois, considérant la diversité, tant des thématiques abordées par le plan de relance espagnol que l’expertise offerte par les entreprises wallonnes, il est possible que des consortiums espagnols constitués soient intéressés par les produits et services wallons.

Portugal : Pour répondre aux appels d'offres publics, un partenariat avec des entreprises locales déjà bien implantées sur le marché est un atout à prendre en considération.

Italie : Le seul moyen d’accéder à ces projets sera de s’associer à un partenaire italien.

Références

[2] CEC sollicités : Paris, Lyon, Nantes, Strasbourg, Hambourg, Munich, Aachen, La Haye, Copenhague, Stockholm, Oslo, Luxembourg, Genève, Vienne, Milan, Barcelone, Madrid, Lisbonne. ALS sollicités : Allemagne, Suisse, Suède.

[3] Pays-Bas : Durant la période de veille, les Pays-Bas n’avaient pas encore déposé de Plan de Relance auprès de l’Union européenne. 

[4] Source : European Union countries’ recovery and resilience plans, 28.09.2021, https://www.bruegel.org/publications/datasets/european-union-countries-recovery-and-resilience-plans/

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