Nouvelles opportunités commerciales, atout pour vos actions à l'étranger, le développement durable est désormais devenu incontournable pour toute stratégie tournée vers l'international. L'AWEX vous propose de faire le point.<

17 objectifs pour un monde meilleur

En septembre 2015, au Sommet des Nations Unies de New York sur le développement durable, plus de 190 chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté à l’unanimité un programme mondial ambitieux intitulé : Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030, un plan d’action poursuivant 17 objectifs de développement durable (ODD) pour l’humanité, la planète et la prospérité. Ce sont les Sustainable Development Goals (SDGs), en anglais.
 
 

 

Les objectifs de développement durable donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Ces objectifs sont interconnectés et, pour ne laisser personne de côté, l'humanité se doit d’atteindre chacun d’entre eux, et chacune de leurs cibles, d’ici à 2030.

 

People, Planet, Propserity, Peace, Parnerships : les 5 piliers du Développement Durable

Une société se développe « durablement » si les activités qu’elle initie concilient de manière intégrée et équilibrée les aspects économiques, environnementaux et sociaux (les célèbres trois piliers du développement durable), auxquels sont dorénavant ajoutés dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies, les piliers de partenariat et de la paix :

Personnes : Éliminer la pauvreté et la faim, sous toutes leurs formes et dans toutes leurs dimensions, et veiller à ce que tous les êtres humains puissent réaliser leur potentiel dans la dignité et l’égalité, ainsi que dans un environnement sain.

Planète : Protéger la planète de la dégradation, notamment par une production et une consommation durable, gérer ses ressources naturelles de manière durable et prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique afin de répondre aux besoins des générations actuelles et futures.

Prospérité : Veiller à ce que tous les êtres humains puissent mener une vie prospère et épanouissante et à ce que les progrès économiques, sociaux et technologiques se déroulent en harmonie avec la nature.

Paix : Nous sommes déterminés à promouvoir des sociétés pacifiques, justes et inclusives, exemptes de peur et de violence. Il ne peut y avoir de développement durable sans paix et pas de paix sans développement durable.

Partenariat : Revitaliser le partenariat mondial pour le développement durable, fondé sur un esprit de solidarité mondiale renforcée, axé en particulier sur les besoins des plus pauvres et avec la participation de tous les pays, de toutes les parties prenantes et de tous les peuples.

 

 

Tout l’enjeu du développement durable est de trouver un équilibre entre ces cinq piliers : ne viser que la croissance économique, sans considérer ses effets sur les quatre autres piliers, les dégradations environnementales, le niveau d’inégalités sociales, la corruption ou les pratiques commerciales déloyales par exemple, ne permettra pas de répondre adéquatement aux enjeux de développement auxquels la société doit faire face.

Par exemple, dans l’agriculture, si la qualité de la production est essentielle pour garantir une alimentation saine, il faut prendre également en compte la rémunération et les conditions de travail des agriculteurs, ainsi que l’impact des pratiques agricoles sur l’environnement, sur la manière dont sont traités les partenaires commerciaux ou les fournisseurs (ex : commerce équitable).

Pourquoi contribuer aux ODD?

L'atteinte des Objectifs du Développement Durable, à travers la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RE), est devenue un enjeu prépondérant dans nos sociétés actuelles. Chaque acteur a des impacts positifs comme négatifs sur la réalisation des ODD et a un rôle à jouer pour assurer la réussite de l’Agenda 2030, dont les acteurs publics, comme la Région wallonne (mise en place de politiques territoriales intégrant ces dimensions ou l'intégration de la logique ODD dans les programmes de développement et académiques), les citoyens et... les entreprises.

Pour une entreprise, s’engager au niveau social et environnemental est devenu une attente de la part du public (associations, consommateurs, actionnaires, gouvernements,...) : une entreprise ne doit plus se contenter de proposer des biens et/ou services, mais elle doit contribuer à l’amélioration de la qualité de vie de la société au risque de voir son image ternie et donc de perdre une partie de sa valeur immatérielle (risques réputationnels). L’activité des entreprises doit profiter à l’ensemble des individus, pas seulement à son client final.

Au niveau économique, les ODD pourraient générer des opportunités commerciales de l’ordre de 12 000 milliards de dollars par an selon l’étude "Better Business, better world" publiée en 2017 par la Business and Sustainable Commission (BSC). Ces opportunités sont importantes car il s’agit d’inventer et de développer des modèles d’affaires alternatifs à l’économie dite linéaire (produire, consommer, jeter). Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’économie circulaire, de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie collaborative ou encore du biomimétisme ? L’étude cite comme exemples les smart cities, les fermes urbaines, les services individualisés de santé, les nouvelles formes d’énergie et de stockage, ou encore les matériaux innovants.

Actuellement les ODD deviennent, en plus de leur rôle initial, une grille d’analyse pour détecter les opportunités de marchés ou, dans le cas d’un investisseur, d’identifier les entreprises qui seront le plus à même de les saisir.

Vous avez dit "responsabilité" (RSE) ?

De plus en plus nombreuses, les entreprises qui souhaitent avoir un impact positif sur la société et respecter l’environnement tout en étant économiquement viable s'engagent dans ce que l'on appelle une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Concrètement, les entreprises intègrent de façon volontaire, et au-delà du cadre légal qui leur est imposé, des bonnes pratiques (ex: promotion de la diversité au sein des collaborateurs, achat de fournitures produites dans le respect de l'environnement,...). Elles s'ouvrent à de nouveaux modèles économiques (ex: location de matériel plutôt que vente, économie circulaire,...) relevant directement de pratiques issues du développement durable (notamment en y intégrant les Objectifs de Développement Durable proposés par les Nations Unies).

Pratiquement, cette démarche de RSE s’exerce sur l’ensemble de la sphère d’influence de l'entreprise, c’est à dire tout au long de la chaîne d’approvisionnement, de l’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication d’un produit jusqu’à la fin de vie de celui-ci (déchets). Cet équilibre va se construire avec l’aide de ses parties prenantes, c’est-à-dire ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs ou ses acteurs du territoire.

 

Quels sont les bénéfices pour l'entreprise ?

Pour une entreprise, intégrer le développement durable dans ses différents niveaux est un atout indéniable pour son développement à l’international. Le développement durable n’étant évidemment pas dédié au seul « secteur environnement », cette démarche peut s’effectuer dans tous les secteurs d’activités.

Assurer une croissance durable et internationale pour son entreprise, tout en assurant un développement soutenable et équitable pour les générations futures, c’est le meilleur investissement à terme. En transformant ce qui pouvait au départ passer pour des contraintes en autant de facteurs de succès à l’international, une transition durable offrent bien des atouts pour les entreprises.

Comme nous venons de l'évoquer, outre la démarche engagée de la RSE en tant que telle, il y a de véritables avantages économiques à l’appliquer :

Meilleures performances: Lien entre les démarches de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) et ses performances économiques. A moyen terme, ces pratiques sociales et environnementales lui donnent une plus grande valeur immatérielle.

Approvisionnement en matières premières mieux assuré: Pour des entreprises de secteurs spécifiques, s’assurer des bonnes conditions de production et/ou de régénération de leurs ressources est indispensable pour une continuité de leurs activités.

Meilleure acceptation sociale: Obtenir l’adhésion des communautés locales concernant son activité peut passer par le dialogue, la création d’emplois, le respect de l’environnement.

Attirer les talents: L’implication de l’entreprise dans la préservation de la planète, avec un souci du bien-être de ses collaborateurs et le respect de ses clients et fournisseurs, peut attirer des talents et motiver et fidéliser les employés. Selon le dernier baromètre BCG-CGE-Ipsos "Talents : ce qu'ils attendent de leur emploi", sept jeunes interrogés sur dix aimeraient travailler ou faire un stage dans une société disposant d'une vraie stratégie relevant de la responsabilité sociétale de l'entreprise.

Se différencier de la concurrence et accéder à de nouveaux marchés: Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises donneuses d’ordre privilégient les fournisseurs ayant une démarche de RSE et à l’inverse se distinguent grâce à ce changement sur les marchés internationaux.

Meilleure compétitivité internationale: Réduire sa consommation d’eau, de déchets ou d’énergie peut se traduire en économie financière. Une démarche sociétale améliore la compétitivité internationale, grâce à une diminution des coûts et à la motivation des travailleurs, notamment.

Gestion des risques et de l’incertitude : Cet engagement volontaire de la part des entreprises met en place des actions et des programmes sociaux qui assurent une plus grande indépendance des entreprises vis-à-vis des gouvernements. Il y a une prise de conscience qui se met en place et qui se généralise.

Qu'implique la "transition" durable pour l'entreprise ?

La prise en compte d'un ou plusieurs ODD, c'est offrir une nouvelle grille de lecture qui va permettre à l’entreprise de mieux répondre aux défis auxquels elle est confrontée (climat, approvisionnement, demande de transparence,…) et aux attentes de ses parties prenantes qui sont de plus en plus nombreuses sur ces sujets. C’est aussi une nouvelle vision de son rôle et de sa responsabilité dans la société.

Mesurer et évaluer l’impact de ses activités en matière environnementale et sociétale (ex: consommation d’eau, d’énergie, taux d’accidents du travail) va d’abord permettre à l’entreprise de mieux identifier et donc de mieux maîtriser les risques auxquels elle pourrait être confrontée. Mais aussi d’agir plus efficacement pour réduire son empreinte, mieux s’adapter aux nouvelles contraintes et dégager de nouvelles opportunités (ex: nouveaux produits plus respectueux de l’environnement).

A terme, si les entreprises ne prennent pas en compte les impacts environnementaux et sociétaux de leurs activités, c’est leur pérennité qui est menacée. Par exemple, l’approvisionnement des entreprises en matières premières peut devenir problématique au fur et à mesure que les ressources se raréfient voire s’épuisent (minerais, plantes, pétrole,…) ou du fait des effets du changement climatique, avec la multiplication des sécheresses (ex: mauvaises récoltes) et des inondations (ex: usines hors d’usage). Le coût de l'inaction sera bien plus important que celui du changement dès aujourd'hui.

Quand une entreprise s’engage, cela implique qu’elle prenne des mesures concrètes qui permettent de répondre aux enjeux particuliers de son secteur d’activité. Mais ce type de démarche ne peut pas se faire seul. Il est important et même essentiel de dialoguer avec ses différentes parties prenantes, dès le début de la réflexion jusqu’à la mise en place des actions et de leur suivi.

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