Alors que l'industrie du jeu vidéo est devenue la première industrie culturelle mondiale, elle continue de croître et de gagner en popularité. Résolument international, le secteur se donne rendez-vous tous les ans à la Gamescom pour présenter ses nouveautés et tendances. La Belgique ne fait pas exception et a fait le déplacement sous le label ‘Belgian Games’ pour faire valoir ses atouts et sa créativité auprès de la crème du gaming mondial. Quels sont ses atouts et attentes ? Présentation d’un secteur en croissance et avide d’augmenter sa communauté de gamers.

Bienvenue à la Gamescom !

Rendez-vous international incontournable du gaming, la Gamescom se tient du 24 au 28 août à Cologne. Habituées de cette grand-messe stratégique, les entreprises belges du secteur ont à nouveau fait le déplacement. Il faut dire qu’avec ses 1250 exposants internationaux (dont Amazon, Kalypso, Samsung, TikTok, Ubisoft, Microsoft-Xbox…), ses 218 000 mètres carrés d’exposition et ses 350 000 visiteurs attendus, la Gamescom a de quoi séduire les entreprises européennes du secteur et laisser place à la prospection et aux collaborations entre acteurs de tous pays.

Côté belge, Wallonia Export occupera, en collaboration avec Belgian Games, Walga, Flega et Wallimage, un pavillon B2B « Belgium/Wallonia », représenté par 25 studios, dont 9 wallons (Balio Studio, Fire Falcom, Fishing Cactus, Funtomata, Geolives, N-Zone, Rablo Games, Sparkers et Vigo Universal). Ici on vient pour trouver un tremplin indispensable pour se rendre visible et développer des pistes créatives avec d’autres studios et, pourquoi pas, trouver des éditeurs pour assurer la diffusion international des créations.

(Very very) Big Business

Quand on parle de jeu vidéo, il faut savoir qu’aujourd’hui on parle gros… très gros…. Les grosses productions dépassent aujourd’hui largement les budgets des plus importants blockbuster hollywoodiens. On est sur d’autres échelles, tant en termes de production que de bénéfices engrangés auprès du public. Pour vous donner une idée, le chiffre d'affaires mondial de l’industrie du jeu vidéo est passé de 152,1 milliards de dollars en 2019 à 180,3 milliards en 2021, soit une progression annuelle de près de 20 %, affichant une résilience importante face à la crise liée au Covid-19 (consommation importante pendant les confinements).

C'est simple, le gaming c’est aujourd’hui le premier bien culturel en termes de chiffre d’affaires, loin devant d’autres secteurs tels le cinéma et la musique. Le marché devrait dépasser le cap des 200 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2023, aidé par une population mondiale de joueurs et de joueuses s’élevant, selon Statista, à 3.24 milliards de joueurs contre 2,5 milliards il y a encore trois ans.

Dans de nombreux pays européens tels que la Grande-Bretagne, la Pologne, l’Allemagne ou encore la France, les studios de jeu vidéo sont des fleurons des industries culturelles et créatives et génèrent des milliers d’emplois et des milliards de revenus.

Jean Gréban, coordinateur de l’association Walga

« Le gaming est un secteur très internationalisé et dont les produits sont, par définition, consommables partout dans le monde. Il faut donc être présent sur des events comme la Gamescom pour rester au courant des nouvelles trends et attente du public. »

L’industrie du gaming en Belgique

 

Et la Belgique dans tout cela ? Le développement industriel du gaming est aussi en croissance. En 2020, cette activité a généré un revenu annuel de 270 millions EUR et le nombre de studios de développement de jeux est passé de 65 en 2014 à 114 en 2020, dont 82 studios situés en Flandre, 13 à Bruxelles et 19 studios Wallonie (dont la grande majorité ont moins de 5 ans et compte moins de 10 employés). Si l’on ajoute les éditeurs et programmeurs belges, nous arrivons à un total de 563 entreprises employant plus de 3000 personnes pour un CA consolidé d’environ 353 millions d’EUR.

La taille modeste du gaming belge s'explique en partie par un plus faible accès aux financements privés et publics et une structuration du secteur plus récente. Le potentiel économique du jeu vidéo dans le pays et en Wallonie est considérable car la Région dispose d'un écosystème de studios de développement de jeux dynamiques, avec plusieurs poids lourds (Fishing Cactus, Appeal, Wild Bishop, Abrakam…) qui tirent le secteur vers le haut et un réservoir important de créatifs dont la qualité est reconnue internationalement. Le pays, qui comporte pourtant une série formations de qualité au Nord comme au Sud du pays (un tout nouveau master en jeux vidéo, à la Haute Ecole Albert Jacquard, à Namur vient même de voir le jour), doit faire face à un phénomène de "brain drain", c’est-à-dire que ses talents partent à l’étranger. Nombre d’entre eux travaillent pour de grands studios voisins à la Belgique, le marché local n’étant pas encore en capacité d’absorber les nouveaux diplômés.

Un exemple ? De nouvelles mesures mises en œuvre devraient permettre de favoriser l’émergence d’une industrie locale du gaming, capable de rivaliser avec ses voisins et prendre part à la croissance internationale du secteur. L’élargissement des programmes de financements nationaux et régionaux comme ceux de Wallimage qui vient de lancer en décembre 2021 un programme de financement en "prototypage et co-production" est un exemple. Ce coup de boost doit favoriser la professionnalisation des porteurs de projet et faciliter la création de nouveaux studios.

  

Le pavillon 'Belgian Games' accueillent 21 entreprises belges à la Gamescom.

Le gaming belge se structure et s’internationalise

 

« La meilleure réponse au phénomène de brain drain que connaît la Wallonie est la structuration du secteur, afin de le développer et d’absorber davantage les talents wallons, explique jean Gréban coordinateur de l’association Walga. En aidant les entreprises à faciliter les levées de fonds, notamment en élargissant la Tax Shelter au jeu vidéo, on créera un appel d’argent frais étranger et cela devrait permettre de doubler leurs effectifs rapidement. »

Et c'est ici que des acteurs comme WALGA (Wallonia Games Association), Flega (Flandre) ou Games.Brussels interviennent : exercer un rôle de représentativité sectorielle, fédérateur pour tous les acteurs de l’écosystème et de sensibilisation des pouvoirs publics aux enjeux du secteur en Belgique et faire reconnaitre le savoir-faire du secteur sous la marque Belgian Games.

« Nous accompagnons les porteurs de projet gaming dans leur croissance, en leur apportant, en fonction des besoins, l’expertise qu’il leur ferait encore défaut pour monétiser leurs créations, développer le plan marketing et financier, bénéficier d'un support juridique, obtenir les financements nécessaires en répondant aux appels à projet et trouver un éditeur et/ou investisseur, nous précise Jean Gréban coordinateur de Walga. Les porteurs de projet sont des passionnés qui parfois ont une faible connaissance du parcours économique (production/édition/distribution) et ne sont pas préparés à l'internation".al, pourtant indispensable sur un marché globalisé, et vu notre marché local trop petit et au vu de l’absence d'éditeur belge

La présence des entreprises ici à la Gamescom constitue d’ailleurs un élément-clé de cet accompagnement à la professionnalisation et l’internationalisation des industries du gaming belge. L’accroissement du nombre de participants et de collaborations à « Belgian Games » prouve que le secteur gagne en maturité, en intérêt et surtout peut désormais tutoyer ses collègues internationaux.

Wallimage soutient les projets dans leur phase de création

Wallimage a mis à disposition un fonds visant à soutenir la création de jeux interactifs, accessibles sur une plate-forme numérique telle qu'un ordinateur, une console de jeux, un smartphone, une tablette, etc. Les interventions de Wallimage Gaming doivent générer un effet structurant sur l'industrie du gaming en Wallonie, et ce au bénéfice de l’ensemble des créateurs et techniciens européens des jeux vidéo.

Découvrez le fonds de Wallimage

A propos de Walga

Walga est l’association sectorielle des développeurs de jeux vidéo en Wallonie. Son but est de représenter le secteur et de fédérer les startups, les freelances, les studios, les écoles et centres de formation ainsi que les structures publiques qui s’adressent au gaming, comme Wallimage qui intervient dans l’écosystème en tant que structure publique de financement. Walga collabore aussi avec des structures existantes de soutien et/ou de développement économique pour la création d’entreprise.

>>> www.walga.be

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