1. Régime politique

La Finlande est une démocratie parlementaire. Le Président de la République dispose de pouvoirs non négligeables mais joue actuellement un rôle moins marqué dans la vie politique qu’il y a 20 ans.

2. Les institutions

Le président de la République de Finlande a été élu en 2012.
 
C'est le conservateur et pro-européen Sauli Niinistö du Parti de la Coalition nationale qui a remporté l'élection présidentielle le 5 février 2012 avec 65,5 % des voix. À 63 ans, cet ancien ministre des Finances dans les années 1990, a qualifié la Finlande pour l'euro. Il a succédé à Tarja Halonen (sociale-démocrate), qui a dirigé le pays pendant onze ans. 
Le Président SAULI NIINISTÖ a été réélu au début de l’année 2018 pour une période de 6 ans. 
Le Gouvernement est constitué du Premier ministre, choisi par le Parlement, des différents ministres du Gouvernement central et d’un membre d’office, le Chancelier de la Justice.
 
Le Premier Ministre est désigné par le Parlement monocaméral, l'Eduskunta, élu pour quatre ans.
Le Parlement unicaméral est constitué de 200 députés et possède constitutionnellement l’autorité législative suprême. Il peut modifier la Constitution, révoquer le gouvernement et contrer les vétos présidentiels.
 
Les lois peuvent être proposées par le Gouvernement ou l’un des membres du Parlement qui sont élus au suffrage proportionnel pour une durée de 4 ans.
 
 

3. Les principaux partis politiques

 

  • Parti de la Coalition nationale (KOK) : rassemblement conservateur, pro UE.
  • Parti du Centre (KESK)
  • Parti démocrate-chrétien (KD) :
  • Vrais Finlandais (PS) : populisme, conservatisme, social-démocratie, euroscepticisme.
  • Parti social-démocrate
  • Parti populaire suédois (RKP) : parti libéral
  • Alliance des Gauches (VAS) : parti dit « éco-social »
  • La Ligue Verte : parti écologique
  • BLUE REFORM (centre-droit, conservateur).

 

4. Les élections législatives du 14 avril 2019

Les élections législatives du 14 avril 2019 ont vu la défaite de la coalition sortante et la progression des partis d’opposition : les Sociaux-démocrates, menés par Antti Rinne, ont obtenu la première place (17,7 %, soit 40 sièges sur 200 au Parlement). Les Vrais Finlandais ont obtenu 17,5 % des voix et 39 députés. Le Rassemblement national suit avec 17,0 % et 38 sièges. Le parti du Premier Ministre sortant, le Centre, a connu une défaite marquante et est arrivé quatrième (13,8 %, 31 députés), suivi par les Verts (11,5 %, 20 sièges) et l’Alliance de gauche (8,2 %, 16 députés).

Le 6 juin 2019, le nouveau gouvernement du Premier Ministre Antti Rinne (parti social-démocrate) est formé, et inclut les sociaux-démocrates, le Parti du centre, la Ligue verte, l'Alliance de gauche et le Parti populaire suédois de Finlande.

Une forte participation entérinant un changement de paysage politique.

Le scrutin a été marqué par une forte participation – 72%, la plus importante depuis 1991. Pour la première fois depuis 2004, le PSD retrouve la position de plus grand parti au Parlement, avec 40 sièges. Aucun parti n’obtient plus de 20%, ce qui témoigne de l’éclatement de la carte politique et de l’émiettement des voix qui ne fait que s’accélérer. Il y a un grand changement en cours dans le paysage politique finlandais. Au lieu d’avoir trois grands partis traditionnels comme avant, il y a actuellement trois voire cinq assez grands partis et plusieurs petits partis. Le même développement est connu aussi ailleurs en Europe, notamment en Suède. Les mouvements strictement nationalistes ont fait leur entrée parmi les partis politiques.

Un reflux des partis traditionnels

Les électeurs, traditionnellement attachés au Parti du Centre qui se présentait comme le défenseur des régions rurales, n’ont pas apprécié les résultats des politiques économiques et de l’emploi. L’échec de la réforme des services sociaux et de la santé et celle des régions, ainsi que les économies effectuées, ont eu un effet très néfaste sur la popularité du Centre. Mis en défaut par la coalition au pouvoir sur les réformes qu’il avait engagées, l’ex-Premier Ministre Sipilä avait été contraint de dissoudre le gouvernement début mars 2019, à cinq semaines des législatives.
L’ère des trois grands partis traditionnels est finie. La Finlande fait désormais clairement partie des nombreux pays européens où, élections après élections, un grand nombre d’électeurs adopte des positions nationalistes, craignant de plus en plus l’immigration.

5. Les élections européennes du 26 mai 2019

La Finlande est membre de l’Union européenne depuis 1995 et utilise l’euro. 

Aux élections de 2019, les résultats étaient les suivants :

- Le Parti de la coalition nationale a obtenu 20,8 % des suffrages exprimés et 3 sièges.

- La Ligue Verte a obtenu 16 % et 2 sièges.

- Le parti Social-démocrate de Finlande a récolté 14,6% et 2 sièges.

- Les Vrais Finlandais ont obtenu 13,8% et 2 sièges.

- Le parti du Centre a récolté 13,5% et 2 sièges.

- L’Alliance de gauche a obtenu 6,9% et 1 siège.

- Le parti populaire suédois de Finlande a obtenu 6,3% et 1 siège.
 

6. Les priorités en matière de réformes pour 2019

L'écart de PIB par habitant par rapport à la moitié supérieure des pays de l'OCDE se réduit à nouveau, la croissance se redressant fortement grâce à un environnement mondial favorable et aux effets des réformes structurelles.

L’inégalité des revenus est faible par rapport aux pays de l’OCDE et a été relativement stable au cours des dernières années. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent et la part des énergies renouvelables augmente.

La réforme des allocations de chômage était nécessaire, permettant de raccourcir la durée de ces allocations et d’en renforcer les conditions d’accès. Les progrès en matière de concurrence sont substantiels, l'assouplissement des restrictions s'appliquant aux grandes unités de vente au détail à partir du printemps 2017 - qui n'est plus une priorité - et une ouverture progressive à la concurrence de nouveaux segments du secteur des transports à partir de 2018. Une réforme des soins de santé et des services sociaux est en cours pour continuer à fournir des services de haute qualité à un coût raisonnable à une population vieillissante.

Le taux d'emploi est beaucoup plus bas que dans les autres pays nordiques, ce qui appelle des mesures sur un large front. Le système de protection sociale doit être réformé pour renforcer les incitations au travail, tout en continuant de protéger les plus vulnérables. Une réforme du congé parental et de l'allocation de soins à domicile encouragerait la participation des femmes au marché du travail, avec un impact positif sur la production et l'égalité des sexes. De nouvelles réformes visant à stimuler la concurrence, notamment dans les transports et la construction, augmenteraient la productivité. La structure fiscale devrait devenir plus dynamique et plus respectueuse de l'environnement.

 

Les 5 priorités pour booster la croissance en 2019

*        Réduire les obstacles à la participation des femmes au marché du travail.

L'allocation de soins à domicile et la structure des frais de garde d'enfants réduisent l'attrait du travail pour les parents, notamment les couples avec enfants âgés de un à six ans.

 

*        Renforcer la concurrence dans les transports et la construction.

La rationalisation de la réglementation dans les transports et la construction encouragerait l'innovation et augmenterait la productivité.

 

*        Améliorer l'efficacité des services publics dans les communes.

Les services publics doivent être produits de manière plus efficace pour assurer une offre adéquate face à des finances publiques tendues et à une demande croissante en raison du vieillissement de la population.

 

*        Améliorer l'efficacité du système fiscal pour soutenir la croissance verte et inclusive.

La pression fiscale sur le travail reste élevée, les taux de TVA réduits diminuent les recettes fiscales et de nombreuses subventions néfastes pour l'environnement subsistent.

 

*        Réformer le système de protection sociale pour augmenter les incitations au travail.

La combinaison des avantages accordés aux personnes en âge de travailler, des frais de garde d'enfants et de la taxation des revenus crée de la complexité, réduit les incitations au travail et freine l'emploi.

Sources

-          Economist Intelligence Unit

-          DG Trésor du Ministère français de l’économie et des finances

-          Etudes économiques de l’OCDE

-          Alliancesolidaire.org

-          Wikipedia

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