L'économie des Pays-Bas en bref

L’économie néerlandaise

En bref :

Petits par leur taille et par leur nombre d’habitants, les Pays-Bas comptent parmi les marchés économiques les plus importants, riches et ouverts du monde.

  • Les Pays-Bas sont la 5ème économie de l’Europe (à 27) et la 20ème puissance mondiale avec un PIB de 810 Mrds € en 2019[1].
  • Ils sont 4ème du classement mondial des économies les plus compétitives[2]
  • Ils sont 2ème exportateur (633,8 Mrds €) et 3ème importateur européen[3] (567 Mrds €) de marchandises et leur balance commerciale est traditionnellement largement positive : + 66 Mrds € en 2019.2
  • Ils sont 4ème exportateur et 7ème importateur mondial de marchandises (2019), 6ème exportateur et importateur de services (2018).


[1] Eurostat, OCDE,  juillet  2020

[3] WTO,  https://timeseries.wto.org/ merchandise exports/imports  annual 2019   et “World Trade Statistical review”

    Eurostat, juillet2020,  International trade of EU, the euro area and the Member States

Une économie largement diversifiée ...

Plus de 20 % de l’économie néerlandaise repose sur son industrie.

La production agro-alimentaire représente près d’1/5ème de la production industrielle totale du pays, ce qui en fait le premier secteur industriel néerlandais.  Près de 60% de la production agricole est exportée, que ce soit directement ou à travers l’industrie alimentaire.

La chimie est le 2ème secteur industriel (15 % en 2019) des Pays-Bas, reposant en amont sur l’industrie pétrolière qui représente quant à elle quelque 9-10 % de la production industrielle néerlandaise (mais une faible valeur ajoutée).  Le secteur emploie 44 000 personnes au sein de quelque 400 sociétés, dont de nombreuses entreprises leader du secteur, telles BASF, Akzo Nobel et Shell.

Parmi les autres secteurs clés de l’industrie néerlandaise viennent ensuite :

  • la production de machines (+/- 10 % de la production industrielle et 15 % de la V.A. de l’industrie),
  • l’industrie automobile et des autres moyens de transport (7 %), avec notamment la production de camions Volvo et Scania, et des activités de sous-traitance automobile,
  • l’industrie électronique (7 %) et
  •  les fabrications métalliques (6,4 %).

... et ouverte vers l'exterieur

Bénéficiant d’importantes infrastructures portuaires et routières, l’économie néerlandaise possède une longue tradition commerciale à la fois au sein de l’Europe et sur les marchés d’outre-mer.  Actuellement, c’est une des principales portes d’entrées européennes pour les importations en provenance de Chine, qui sont ensuite dispatchées dans les autres pays européens. 

Cette importance du commerce extérieur repose sur un des infrastructures et un secteur des services fort :

Les activités de logistique (qui emploient plus de 800 000 personnes) et de transport, reposant sur l’imposante infrastructure du pays, sont également vitales pour l’activité économique et commerciale du pays.  Les Pays-Bas sont en tête du classement du World Economic Forum en matière d’infrastructure[1]  :

  • Rotterdam est le premier port européen et le 4ème port mondial.   Schiphol est le 3ème aéroport de fret européen en volume.  La navigation fluviale néerlandaise représente plus de la moitié de la navigation européenne.
  • Tous les grands ports néerlandais disposent d’infrastructures et de services d’entreposage, transbordement, emballage, stockage et distribution et les Pays-Bas disposent de la 2ème capacité de refroidissement et de stockage réfrigéré d’Europe. 
  • Plus de 1000 sociétés américaines et asiatiques ont basé leur centre de distribution européen sur le sol néerlandais[2].

Le commerce contribue pour quelque 11-12 % à l’activité économique du pays avec quelque 181 Mrds € en 2019.  Il représente près de 14 % de la Valeur Ajoutée, dont les deux-tiers sont réalisés par le commerce de gros et des intermédiaires commerciaux.

Le secteur des services aux entreprises apporte un support essentiel aux différentes activités économiques et industrielles, avec un output de plus de 200 Mrds €.



[2] The Netherlands compared, Netherlands Entreprise Agency 2019

Impact de la crise COVID-19 sur la conjoncture économique des Pays-Bas

Qu’en est-il en ce mois de juin ?

Informations mises à jour par Anne Lamote, Attaché - AWEX – Europe occidentale – le 11 juin

Comme dans les autres pays européens, la crise du Covid 19 et les mesures de confinement prises par le gouvernement des Pays-Bas pour contrôler la propagation du virus ont soudainement et fortement impacté l’économie néerlandaise.  L’évolution de cette dernière au cours des prochains mois est à ce jour encore assez incertaine.

Il faut noter que l’on assistait déjà à un ralentissement de la croissance en 2019 : +1,8 % pour le Produit Intérieur brut, c’est moins que la croissance enregistrée au cours des 4 dernières années et que les Pays-Bas devaient principalement à la croissance de la valeur ajoutée (+1,8 %) et de l’emploi.

Au cours du premier trimestre de cette année, le PIB a chuté de quelque 1,7 %.  C’est le recul économique trimestriel le plus important aux Pays-Bas depuis 2009.  Il est principalement attribuable à la chute de la demande, avec l’entrée du pays en confinement à la mi-mars.

Au niveau de la demande intérieure, selon les derniers chiffres du CBS[1] la consommation des ménages était inférieure de 6,7 % en mars par rapport à son niveau de mars 2019.  Il s’agit de la plus forte baisse de la consommation intérieure jamais enregistrée par le Bureau Central néerlandais des Statistiques (CBS).

Comme en Belgique, les consommateurs ont principalement diminué leurs dépenses en services, inaccessibles en raison des mesures de confinement (restaurant, coiffeur, théâtre, parcs d’attractions, transport en commun mais aussi locations immobilières) et en biens de consommation durables (vêtement, chaussures et voitures).  Ils se sont rattrapés au niveau des appareils électriques, des achats alimentaires et d’autres bien de consommation qui ont connu une croissance record.

Cette tendance a surtout profité au commerce de détail, avec une hausse de chiffre d’affaires de 3,5% attribuable au secteur food, alors que le non-food était en baisse.

A l’heure actuelle, la confiance des consommateurs est très basse, avec une légère amélioration dans la 2ème quinzaine de mai : les Néerlandais appréhendent très négativement la situation économique des 12 derniers mois et de l’année à venir, un peu moins négativement leur situation financière future ainsi que leurs intentions d’achats (CBS, sondage des consommateurs, 5/06/2020)

En ce qui concerne la demande extérieure pour la production néerlandaise, les exportations néerlandaises sont revenues, au 1er trimestre 2020, au même niveau qu’il y a un an.  A noter : c’est surtout l’exportation de la production nationale qui a souffert alors que les importations-réexportations ont continué à croitre.

Au niveau sectoriel, ce sont principalement les exportations de moyens de transport ainsi que de gaz naturel qui ont baissé. Les secteurs de la chimie, des machines et appareils électro-techniques ont encore maintenu leurs ventes à l’étranger au premier trimestre.

Les mesures de confinement, la baisse de la consommation et la mise à l’arrêt de certaines sociétés et secteurs ont évidemment eu des répercussions au niveau de la production.

En un mois, de mars à avril 2020, la production a baissé de quelque 8 %.  La production industrielle journalière moyenne a baissé de 11 % en avril 2020 par rapport à avril 2019.  C’est son plus fort recul depuis la mi-2009.

Parmi les secteurs les plus impactés, on note, comme en Belgique, la production de moyens de transports (- 50 % par rapport à avril 2020, toutes les usines ayant dû fermer), les réparations, entretiens et services (- 20 %), l’industrie des produits synthétiques et un peu moins la chimie, les produits métalliques, les appareils électriques et électroniques (-10 %).  Le secteur agro-alimentaire, très important pour les Pays-Bas, a moins souffert et la production de machines a même augmenté de plus de 10 %.

Les machines et installations industrielles n’ont été en avril utilisées qu’aux trois-quarts de leurs capacités, et la confiance des producteurs néerlandais a atteint son plus bas niveau enregistré depuis 1985, suivant ainsi l’index Ifo allemand – l’Allemagne étant le premier marché à l’exportation des Pays-Bas.  Cet index de confiance s’est légèrement redressé en mai, suivant ainsi la tendance allemande.

En ce qui concerne le secteur de services, le secteur le plus atteint est celui des loisirs et de la culture.  L’horeca a également été l’un des plus touchés par les mesures de confinement : son chiffre d’affaires a reculé de 14 % au premier trimestre de l’année. Le secteurs des soins de santé a également été très impacté avec l’annulation ou le report de toutes les prestations non urgentes. 

Dans le secteur des transports, le transport aérien a été le plus affecté : le nombre de passagers en avril était inférieur de 98 % à celui enregistré en avril 2019.  Le transport de fret n’atteignait plus que 75 % de son niveau de 2019.  C’est logiquement, le transport de fret dans les vols passagers qui est ici concerné : -89 %.  Le transport de marchandises dans des vols spécifiquement fret a quant à lui augmenté de près de 20 %.

Le secteur des services aux entreprises –prestations IT, juridiques, administratives, bureaux d’ingénieurs et architecte, etc. - a encore enregistré une croissance au 1er trimestre avant de chuter en avril.  Les prestations touristiques ont par contre très rapidement subi l’impact du CoVID et des mesures prises pour éviter sa propagation : -18 % dès le mois de mars.

Depuis l’annonce des premières mesures de déconfinement, le 6 mai, avec la reprise progressive des activités, on observe une reprise de la confiance les entreprises de la plupart des différents secteurs quant à leurs perspectives de continuité de leurs affaires à plus d’un an.  C’est principalement le cas pour le commerce de détail, l’industrie, les garages, les différents services d’affaires, les transports et la logistique.  Comme en Belgique, l’horeca et la culture ont à ce stade des doutes quant à leur possibilité de survie au-delà d’un an.  Ce sentiment devrait s’améliorer avec les phases successives de déconfinement.

En effet, les terrasses extérieures peuvent à nouveau accueillir un nombre illimité de personnes – moyennant le respect des règles de distanciations. Les cafés, restaurants, cantines sportives, etc. peuvent accueillir maximum 30 personnes à l’intérieur et le nombre de clients pourrait passer à 100 au 1er juillet, si la situation le permet.

Au niveau de l’emploi et du chômage, les Pays-Bas devraient être moins affectés que la plupart des autres pays européens car ils partaient d’un taux de chômage très bas, 3,5 % seulement, avant la crise.  Dans le pire des scénarios, il atteindrait environ 9 % en 2021.  Le gouvernement néerlandais a pris des mesures pour limiter les faillites et les licenciements et prévenir ainsi une spirale négative avec des dégâts économiques durables (programme NOW dont mention au point 1).  Mais ce filet n’est pas absolu et le chômage pourrait croître rapidement dans des groupes tels que les flexijobs et les jeunes arrivés sur le marché de l’emploi.

Concernant les perspectives à plus long terme, le Bureau Central du Plan néerlandais (CPB) a élaboré, fin mars[2], quatre scénarios différents, pour pouvoir donner des ordres de grandeur de cette crise économique et indiquer où se situent les principales incertitudes.  Ces quatre scénarios diffèrent principalement au niveau de la durée du confinement et de l’impact des mesures de distanciation, de la rapidité de la reprise après le déconfinement, des conséquences sur le secteur financier et dans les autres économies mondiales. Dans ces quatre scénarios, l’économie sera fortement impactée, avec un PIB qui reculera de 1,2 à 7,7 %[3]

Selon le scenario le plus léger, l’économie néerlandaise pourrait déjà rebondir au troisième trimestre.  Selon le plus pessimiste, l’économie reculerait encore en 2021 de quelque 2,7 % et il faudrait attendre la mi-2021 pour voir poindre une reprise.

Selon le CPB, cette crise a ceci de particulier qu’elle affecte tant la production que la demande.  Et si elle devait durer, des problèmes pourraient également apparaître dans le secteur financier

Si la crise devait durer, le secteur financier pourrait également être affecté via le marché immobilier résidentiel et l’endettement des ménages ou les emprunts irremboursables des sociétés.

Pour l’Etat néerlandais et les finances publiques, selon le Bureau du Plan, les coûts seront élevés mais pas prohibitifs : le déficit budgétaire cette année devrait se situer entre 1,3 et 7,3 % du PIB selon l’ampleur de la crise.  La dette néerlandaise devrait rester à un niveau raisonnable de moins de 74 % du PIB dans le moins bon cas envisagé par les économistes néerlandais.



[1] Centraal Bureau voor de Statistiek, 9 juin 2020

[2] Cette étude n’a pas été actualisée depuis.

[3] CPB, 5 mai 2020 : https://www.cpb.nl/scenarios-coronacrisis , étude du 25 mars 2020.

Exportations wallonnes vers les Pays-Bas

Vous trouverez ici les informations concernant les relations commerciales avec la Wallonie

 

 

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