Régime politique

 
Le Royaume-Uni est une démocratie parlementaire avec un monarque constitutionnel (la reine Elizabeth II). Le système constitutionnel repose sur une constitution non écrite formée par la Statute law  (actes législatifs) et la Common law (droit commun, jurisprudence, coutumes et conventions).

Les institutions et principaux partis politiques

 
Le Parlement (pouvoir législatif) est bicaméral, caractérisé par la domination de la Chambre des Communes sur la Chambre des Lords. Pour qu’une loi soit adoptée, l’accord de ces deux institutions est nécessaire (ainsi que celui de la Reine, qui est systématique).
 
La Chambre des Communes comprend 659 membres (Members of Parliament), élus pour 5 ans au scrutin direct majoritaire à un tour. Elle exerce des fonctions législatives et financières et joue le rôle de garde-fou du gouvernement, pouvant le renverser mais aussi être dissoute par lui.
 
La Chambre des Lords comprend 693 membres, dont 90 pairs héréditaires et 26 membres de l’Eglise anglicane (Lords spiritual). La Chambre participe aux activités législatives et joue le rôle de Cour suprême d’appel au Royaume-Uni.
 
Le Gouvernement (pouvoir exécutif) avec à sa tête, le Premier Ministre, président du parti ayant remporté les élections, est le véritable détenteur du pouvoir politique. Il nomme les ministres qui constituent son cabinet (une vingtaine).

Le pays connaît un système bipartite depuis un siècle et demi, avec le parti travailliste (Labour Party) et le parti conservateur (Conservative Party).  Le parti perdant forme alors le cabinet de l’opposition (Shadow Cabinet).  D’autres partis participent également à la vie politique britannique : le parti libéral (Liberal party) créé en 1988 et deux partis nationaux, le parti du Pays de Galles (Plaid Cymru – The Party of Wales) et le parti national écossais (Scottish National).

Theresa May du Parti Conservateur a été nommée Premier Ministre le 13 juillet 2016 et a démissionné le 7 juin 2019.

Boris Johnson a été élu leader du Parti Conservateur et Premier Ministre le 23 juillet 2019.

 

 
 

Développements politiques recents

Référendum concernant le Brexit

Le 23 juin 2016, la question du maintien du Royaume-Uni à l’UE est posée au citoyen britannique via un référendum.

La victoire du « leave », par 51,9%, contre le « remain », avec 48,1% et une participation de 72,2%, a montré d’importants clivages géographiques : le vote en faveur du « leave » l’a emporté nettement dans le nord de l’Angleterre et les Midlands, ce qui a plus que contrebalancé la victoire du « remain » à Londres, en Ecosse, en Irlande du Nord ainsi que dans quelques grandes villes d’Angleterre où la participation a été assez faible (Liverpool, Manchester).

Ce résultat a plongé les deux grands partis dans la tourmente. Au Parti travailliste, de nombreux parlementaires ont accusé Jeremy Corbyn de ne pas s’être impliqué dans la campagne et  neuf membres du cabinet fantôme du parti ont démissionné, après le refus de celui-ci de quitter la direction du parti. Chez les conservateurs, D. Cameron a rapidement annoncé sa démission comme Premier ministre et dirigeant du Parti conservateur. Après le renoncement de B. Johnson, sa succession a pu s’opérer rapidement à la suite du retrait de la candidature d’Andrea Leadsom, une importante figure du « leave », au profit de Theresa May, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, aux positions eurosceptiques mais fidèle à la ligne de D. Cameron. 

Theresa May est devenue Première ministre dès le 13 juillet et s’est entourée des principaux défenseurs du « Brexit » aux postes-clés, dont B. Johnson aux Affaires étrangères. En donnant des responsabilités importantes aux partisans du « Brexit » dans le cadre des négociations pour un futur accord avec l’UE, la Première ministre s’est ainsi protégée des critiques qui pourront émaner de l’aile eurosceptique du Parti conservateur pendant et après les négociations à venir avec l’UE. Cela devrait en outre élargir sa marge de manœuvre  si elle juge que le nouvel accord doit être soumis à l’électorat dans un autre référendum ou de nouvelles élections législatives.

Elections anticipées du 8 juin 2017

Avec 318 sièges, les conservateurs sont arrivés en tête des élections législatives anticipées qui se tenaient jeudi 8 juin, perdant ainsi 12 sièges au passage. L’opposition travailliste en a gagné une trentaine avec 261 sièges.

L’accord avec le PUD est le fruit d’intenses négociations nocturnes avec le petit parti nord-irlandais, qui a obtenu dix sièges, soit deux de plus qu’au scrutin précédent. Il va permettre aux conservateurs d’obtenir une majorité de 328 sièges, soit la majorité absolue (qui est à 326 sièges).

Négociations du BREXIT

La Première ministre a activé l’article 50 du traité sur l’Union européenne fin mars 2017.

Le 22 mai 2017, le Conseil Européen autorise l’ouverture des négociations avec le Royaume-Uni et désigne officiellement la Commission en tant que négociateur de l’UE (Michel Barnier).

Le 14 novembre 2018, l’Accord de Retrait est finalisé.

Le 15 janvier 2019, le Parlement britannique a rejeté l’Accord de retrait conclu entre le gouvernement du RU et l’UE avec une majorité de 230 voix (432 voix contre, 202 voix pour).

Le lendemain, Theresa May a remporté le vote de défiance initié par le Parti travailliste, avec 325 voix contre 306 (sur un total de 650 parlementaires qui composent les Communes).

Le Conseil européen du 21 mars 2019 a décidé que :

-          Si l’Accord de retrait est approuvé par la Chambre des Communes avant le 29 mars, l’UE accorde un report de la date de sortie jusqu’au 22 mai 2019, à la veille des élections européennes.

-          Si l’Accord est une nouvelle fois rejeté, le retrait de l’UE est reporté jusqu’au 12 avril 2019, et le RU devra indiquer au CE avant cette date, une voie à suivre (way forward).

Le 29 mars 2019, l’Accord de retrait est rejeté pour la troisième fois par le Parlement britannique par 344 voix contre 286.

Theresa May demande au CE une prolongation du délai de deux ans prévu à l’article 50 du TFUE jusqu’au 30 juin 2019.

Le Conseil Européen du 10 avril 2019 décide d’une prolongation flexible du délai jusqu’au 31 octobre 2019. Si l’accord de retrait est ratifié par les deux parties avant cette date, le retrait interviendrait le premier jour du mois suivant. Le RU est tenu d’organiser des élections européennes s’il est encore membre de l’UE entre le 23 et le 26 mai 2019.

Theresa May démissionne  le 7 juin 2019.

Boris Johnson est élu chef du Parti Conservateur et Premier Ministre le 23 juillet 2019. Il entre en fonction le 24 juillet 2019.

Le nouveau Premier Ministre a renégocié l’Accord de retrait avec l’UE. Les deux parties sont parvenues à un nouvel accord le 17 octobre 2019, en modifiant le backstop et la déclaration de politique commune. Cet accord n’a toutefois pas été approuvé par le Parlement britannique. Le PM a été contraint de redemander un nouveau report du Brexit.

En réponse à la demande du gouvernement britannique, le 28 octobre dernier l’UE a accordé une nouvelle extension flexible jusqu’au 31 janvier 2020.

 

 

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