Données économiques

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Engagée par la politique du Doi Moi (littéralement voie du renouveau) en 1986, l’ouverture économique a conduit en 2011 le Vietnam au statut de pays à revenu intermédiaire (PIB par habitant supérieur à 1 400 USD).

Tiré par les exportations agricoles et minières notamment), le PIB a été multiplié par 5 entre 2002 et 2013 permettant une hausse généralisée du niveau de vie (le taux de pauvreté a chuté de 58 % en 1990 à 14 % en 2013) et entraînant la création d’un marché intérieur à fort potentiel de consommation.

En 2013, le PIB du Vietnam se répartissait de la façon suivante : agriculture (18,4 %), industrie et construction (38,3 %), services (43,3 %), conséquence de la mutation industrielle du pays et de la place de plus en plus prépondérante du monde des services (les secteurs secondaire et tertiaire représentent plus de 70 % du PIB depuis 2001).

Si les grands groupes publics ont été à l’origine du développement industriel du pays, le secteur privé et surtout les investissements directs étrangers (IDE) prennent désormais le relais. Le secteur public représenterait moins de 25 % du PIB en 2013 (35 % en 2009). Les entreprises privées vietnamiennes se développent et sont des PME à plus de 90 %.

Enfin, le Vietnam peut compter sur le soutien de la diaspora vietnamienne. 4,4 millions de Viet Kieu, répartis dans une centaine de pays (dont 1,8 million aux États-Unis et 300 000 en France, ce qui en fait la deuxième communauté au monde), appuient le développement économique du pays par des transferts de capitaux toujours plus élevés, à hauteur de 11 Mds USD en 2013. Le gouvernement vietnamien cherche désormais à promouvoir le retour au pays de cette population synonyme de compétence et d’investissement. Depuis 2009, les Viet Kieu peuvent ainsi bénéficier de la double nationalité. Près de 500 000 d’entre eux reviennent chaque année, installés principalement à Ho Chi Minh Ville (plus de 2 500 sociétés).

Les perspectives de croissance du Vietnam sont par ailleurs très attractives. La croissance pourrait atteindre 6 % en 2015, grâce à la reprise de la consommation intérieure, la hausse des IDE et la croissance des exportations. Pour la banque américaine Goldman Sachs, le Vietnam fait partie des « Next Eleven », soit des onze pays représentant après les BRICS le plus fort potentiel de croissance.

Afin de réduire les freins au développement, le Vietnam s’est doté d’objectifs stratégiques et ambitieux pour devenir à l’horizon 2020 une puissance industrielle de premier plan. Pour cela, le gouvernement continue de promouvoir la mutation du modèle économique en développant les infrastructures, en favorisant la formation de la main-d’oeuvre et en modernisant ses institutions. Ces réformes qualitatives doivent avoir pour effet de rassurer les investisseurs internationaux et d’atténuer les risques économiques, financiers mais également sociaux. Au sein d’une actualité internationale où souffle le vent des réformes, Hanoi cherche à garantir la stabilité politique du régime. À court terme, la priorité reste donc la maîtrise de l’inflation, fléau de l’économie au Vietnam, et la poursuite d’une croissance supérieure à 5 % par an.

Marquée par la tenue du XIe congrès du Parti communiste vietnamien (PCV) au mois de janvier, l’année 2011 a entamé un nouveau plan quinquennal dont les objectifs socioéconomiques ont été réactualisés en 2013 par la Résolution 01/NQ-CP :

- maintenir la croissance autour de 5,5 % ;
- créer 1,5 million d’emplois par an ;
-  ramener le déficit budgétaire à 4,8 % ;
- contenir une inflation aux alentours de 6-6,5 % (via le maintien d’une politique monétaire contrainte et d’une politique budgétaire restrictive) ;
- maintenir une balance commerciale excédentaire ;
- augmenter les exportations de 10 % ; 
-  réduire la pauvreté de 2 %.

La résolution 11, mise en place par le gouvernement le 24 février 2011, a permis dès la fin de l’année 2011 de contenir l’inflation et de réduire le déficit budgétaire en adoptant une politique monétaire et budgétaire restrictive. Les différentes mesures prises (hausse des taux directeurs, limitation des encours de crédit, baisse des dépenses publiques) ont eu un impact positif direct sur la performance du pays. L’inflation a été contenue, en 2013, à 6,6 % contre 9,2 % en 2012 et 18,6 % en 2011 ; le déficit budgétaire a été ramené de 6,2 % en 2010, à 5,2 % en 2013. La Banque centrale vietnamienne a également réussi à maintenir stable le cours de la devise nationale, le dong vietnamien (VND).

Données économiques en 2013 Indicateurs

Vietnam

France

PIB

170,4 Mds USD

2 863 Mds USD

Dette publique (en % PIB)

58,4 %

93,4 %

PIB par habitant

1 893 USD

42 990 USD

Taux de croissance

5,42 %

0,3 %

Taux d’inflation

6,6 %

0,7 %

Taux de chômage

4,5 %

10,9 %

Déficit budgétaire (en % du PIB)

5,2 %

4,1 %

Balance commerciale

+ 9 M USD

- 84 Mds USD

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Accords politiques, juridiques et multilatéraux

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Le Vietnam est devenu en janvier 2007 le 150e membre de l’OMC. Il s’est engagé dans ce cadre à garantir un régime commercial non-discriminatoire vis-à-vis des partenaires de l’organisation, la promotion du libre-échange et la transparence de la politique commerciale. Dans ce contexte, le pays a entrepris un important chantier législatif afin de mettre sa réglementation en conformité avec les exigences de l’OMC.

L’intégration du Vietnam dans l’ASEAN depuis juillet 1995 a contribué à renforcer non seulement son appartenance à l’Asie (après des décennies de relations centrées sur l’Union soviétique), mais a également consacré son retour sur la scène internationale et multilatérale (motivé notamment par la fin de l’embargo américain en 1994). Depuis 1995, le Vietnam est aussi intégré dans l’AFTA (ASEAN Free Trade Area), accord ayant permis la mise en place d’un tarif préférentiel pour les pays membres de l’ASEAN, sous le nom de CEPT (Common Effective Preferential Tariff). Par ailleurs, la communauté économique ASEAN devrait entrer en vigueur en 2016, et faire du Vietnam un membre d’un marché unique de 600 millions d’habitants.

Un accord multilatéral entre 12 pays (dont le Vietnam), le Trans-pacific Partnership, est en cours de négociation et devrait aboutir notamment à une réduction ou à une annulation des taxes d’importation entre les parties prenantes.

Outre les accords multilatéraux, le Vietnam a su multiplier les démarches en faveur de la conclusion d’accords bilatéraux. La signature de l’accord bilatéral, en 2001, avec les États-Unis a marqué le retour des relations entre les deux pays sur un plan commercial. Un accord de partenariat économique a été conclu avec le Japon fin 2008 et des négociations sont en cours en vue d’un accord de libre-échange bilatéral Union européenne-Vietnam (ALE) qui devrait voir le jour fin 2014.

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Commerce extérieur

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Membre de l’ASEAN depuis 1995, le Vietnam a pour premiers partenaires ses voisins asiatiques. Il est partie à 7 accords de libre-échange liés à l’organisation ainsi qu’à un accord bilatéral avec le Japon.

Les importations et les exportations du Vietnam, d’un montant global de 264,3 Mds USD en 2013, sont caractérisées par une bipolarité géographique. En effet, le pays connaît un excédent vis-à-vis des États-Unis et de l’Union européenne mais est déficitaire vis-à-vis des pays asiatiques, notamment de son voisin chinois. 

Les clients du Vietnam ne varient guère d’une année sur l’autre. En 2013, l’Union européenne (24,3 Mds USD ; + 19,7 %) et les États-Unis (23,9 Mds USD, + 33,6 %) concentrent chacun près de 1/5e des exportations vietnamiennes. Viennent ensuite le Japon et la Chine (à environ 10 % chacun des exportations vietnamiennes), la Corée du Sud (5 %), l’Allemagne (4 %), la Malaisie (4 %), et Hong Kong (3 %).

Les produits vietnamiens ont par ailleurs fait une importante percée au Cambodge (avec 2,9 Mds USD d’excédent ; + 11,5 %), signe que le Vietnam nourrit de grandes ambitions commerciales avec son voisin.

Les produits phares du Vietnam sont les produits traditionnels issus de l’agriculture et de la pêche (riz, café, poivre, aquaculture, etc.) et ceux à fort contenu de main-d’oeuvre comme le textile, la chaussure, la maroquinerie et le cuir. Mais la structure a changé récemment et les produits à plus forte valeur ajoutée comme l’électronique (+ 35,3 %) s’exportent désormais davantage que les produits traditionnels, marquant ainsi un tournant dans la structure des exportations vietnamiennes. C’est ainsi qu’en 2013, les téléphones et leurs accessoires sont, pour la première fois, devenus le premier poste d’exportation du Vietnam, ce poste représentant la plus forte augmentation (+ 67 %) parmi les principaux produits en 2013. Ceci s’explique principalement par l’effet Samsung, qui contribue pour plus de 10 % aux exportations totales du pays.

Cette bonne tenue des exportations est cependant contrebalancée par des importations en hausse de 16,1 % en 2013 pour un montant de 132,1 Mds USD. La part des importations d’intrants productifs (acier, tissus, plastique primaire, matières premières pour les produits textiles et les chaussures) destinés aux produits exportés, bien que prédominant toujours, diminue en 2013. Les postes d’importations phare sont ensuite les machines (14 % des importations, + 16,5 % par rapport à 2012), les biens de consommation, notamment les produits informatiques et électroniques (13,3 %, hausse de 34,9 %) et les tissus (6 % des importations, + 19,3 %). Les importations de pétrole raffiné devraient continuer à se réduire avec l’entrée en activité attendue dans les prochaines années de deux nouvelles raffineries nationales.

Environ 75 % des importations vietnamiennes proviennent de ses partenaires asiatiques, notamment la Chine (37 Mds USD, + 28,4 %, dont la part de marché est passée de 10 % en 1999 à 28 % en 2013). La Corée du Sud, forte de sa très grande communauté au Vietnam ‒ près de 100 000 résidents ‒ est le deuxième fournisseur du pays (20,7 Mds USD, + 33,2 %). Vient ensuite le Japon (11,6 Mds USD, + 11,6 %). L’Union européenne compte pour 7,2 % des importations (9,2 Mds USD) et les États-Unis pour 4,0 % (5,2 Mds USD). Les pays de l’ASEAN pèsent 21 Mds USD (16,2 % des importations, + 0,4 %).

Importations en 2013 : 132,1 milliards USD (+ 15,6%)
Exportations en 2013 : 132,2 milliards USD (+ 15 %)
 
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Les investissements directs étrangers

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Le Vietnam est devenu en quelques années l’une des grandes destinations des investissements directs étrangers (IDE), avec un montant exceptionnel d’engagements de 64 Mds USD en 2008 et des décaissements record de 11,5 Mds USD atteints en 2013. Les IDE demeurent plus que jamais essentiels pour l’économie vietnamienne. On estime en effet que les entreprises à capitaux étrangers contribuent à hauteur d’environ 40 % à la production industrielle vietnamienne, 61 % aux exportations, 35 % aux recettes budgétaires et 20 % à l’emploi (1,5 M d’emplois auraient été créés au total en 2013). Afin de faciliter l’installation d’entreprises étrangères, un nouveau cadre juridique a été mis en place en 2005 avec la loi sur les investissements (LCI) et celle sur les entreprises (LUE) qui mettent fin à la discrimination entre les investisseurs étrangers et domestiques, entre les acteurs privés et publics.

Avec 11,5 Mds USD d’IDE décaissés dans le pays en 2013, l’attractivité du Vietnam semble plus que confirmée. Malgré le ralentissement économique, les investisseurs, notamment asiatiques, restent confiants dans l’avenir du pays, comme en témoigne le Purchasing Managers’ Index (directeurs d’achats) de la Banque HSBC qui notait le Vietnam à 51 en mars 2014 (une note supérieure à 50 indique des perspectives de croissance dans le secteur manufacturier). La structure des nouvelles licences d’IDE, qui s’était déplacée en 2008 et 2009 du secteur de l’industrie légère et de la transformation vers l’immobilier et le tourisme, s’est encore modifiée. Le marché de l’immobilier étant aujourd’hui saturé, les autorisations d’IDE se concentrent sur l’industrie manufacturée et de transformation qui représente près de 77 % des investissements annuels de 2013 (projets nouveaux et déjà existants) pour près de 16,3 Mds USD, répartis sur 605 nouvelles licences.

Le Japon est, en 2013, le premier investisseur étranger en flux (5,74 Mds USD ; avec plus d’un quart des investissements totaux au Vietnam), suivi par Singapour (4,39 Mds USD), La Corée du Sud (4,29 Mds USD) et la Chine (2,3 Mds USD).

En stocks d’IDE, les pays asiatiques occupent également une place prépondérante. Les principaux investisseurs sont le Japon (34,6 Mds USD), Singapour (29,3 Mds USD), la Corée du Sud (29 Mds USD) et Taïwan (27,9 Mds USD). Le stock total d’IDE s’élevait en décembre 2013 à 230 Mds USD, représentant 15 696 projets ayant obtenu une licence (nouveaux ou déjà existants) avec une prédominance de l’industrie manufacturée et de l’immobilier (respectivement 53,3 % et 21,2 %).

Le manque d’infrastructures constitue un véritable « goulet d’étranglement » pour les investisseurs. Le gouvernement a mobilisé ces dernières années de nombreux moyens financiers afin de mettre en place un réseau d’infrastructures plus efficace et moderne, qu’il s’agisse de ports, d’aéroports, de transports ferroviaires, urbains et routiers (6 000 km d’autoroutes d’ici à 2020), ou encore de centrales électriques (triplement de la capacité d’ici à 2020 pour répondre à la hausse de la consommation de 17 % par an en moyenne). En matière de télécommunications, la couverture a beaucoup progressé depuis 2007.

Selon la Banque mondiale, l’investissement annuel vietnamien dans les infrastructures se situe à 10 % du PIB en moyenne, un montant insuffisant pour répondre aux besoins de financement estimés à 70-80 Mds USD sur les 10 prochaines années. Une grande partie des projets est financée par l’aide publique au développement (APD). Cette APD est cependant appelée à se réduire ou à être moins attractive depuis que le pays a acquis le statut de pays à revenu intermédiaire. Dans ce contexte, le partenariat public-privé est perçu par le gouvernement comme le moyen de mobiliser des capitaux privés pour le financement des programmes d’infrastructures. La législation a évolué récemment sur le sujet et encourage des projets pilotes dans plusieurs secteurs : routes, transports urbains, aéroports, ports, adduction d’eau, centrales électriques, hôpitaux, traitement des déchets, etc.

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