1. Régime politique

 
Fondée en 1949, la République fédérale d’Allemagne est un État fédéral, démocratique et social. Sa constitution (das Grundgesetz – la Loi fondamentale) réaffirme la primauté des droits fondamentaux. Depuis l’unification allemande, en 1990, le pays compte 16 états fédérés (Länder) possédant chacun une constitution, un gouvernement et un parlement.

2. Les institutions

 
Au niveau fédéral, le président joue un rôle de représentation et d’influence.
Il occupe ses fonctions pour cinq ans et peut être réélu.
Il est élu par l’Assemblée fédérale qui se compose d’une part des membres du Bundestag et, d’autre part, du même nombre de personnes élues par les parlements des seize Länder.
 
Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement avec, à sa tête, le chancelier fédéral (Bundeskanzler)
Le chancelier est le seul membre élu du gouvernement fédéral.
Il désigne les ministres, détermine le nombre de ministères et leurs compétences, définit les grandes lignes de l’action gouvernementale.
Ses compétences et son pouvoir sont comparables à ceux des présidents dans les démocraties présidentielles.
 
Le pouvoir législatif est exercé par :
 
Le Bundestag : l’assemblée parlementaire de la République fédérale d'Allemagne assurant la représentation du peuple allemand dans son ensemble.
Établi par la Loi fondamentale de 1949 comme successeur du Reichstag, il siège depuis 1999 à Berlin  et est présidé par le chrétien-démocrate Norbert Lammert, en poste depuis le 18 octobre 2005.
Les organes les plus importants du Bundestag sont les groupes parlementaires dits « Fraktionen » qui organisent le travail législatif : préparation du  travail des commissions, dépôt des propositions de loi et d'amendements, etc.
 
Le Bundesrat (chambre des Länder) : se compose exclusivement des représentants des gouvernements des Länder. Chaque Land dispose d’au moins trois voix, les plus peuplés pouvant en avoir six.
Le gouvernement fédéral doit présenter toutes les initiatives législatives au Bundesrat avant qu’elles ne passent au Bundestag.
De plus le Bundesrat doit approuver toute législation affectant les compétences fédérales et tous les changements constitutionnels.
 

3. Principaux partis politiques

 
CDU (Christlich-Demokratische Union)- CSU (Christlich-Soziale Union – en Bavière uniquement) : partis chrétiens démocrates.  Au Bundestag, les députés des deux partis forment depuis toujours un même groupe parlementaire.
 
Le Parti social-démocrate allemand (SPD - Sozialdemokratische Partei Deutschlands) est la deuxième grande force politique en Allemagne. Il fait partie de la famille européenne des sociaux-démocrates.
 
Die Grünen - Les Verts font partie de la famille européenne des partis verts et écologistes. La spécificité de leur programme réside dans l’association de l’économie de marché à des impératifs de protection de l’environnement que l’Etat doit promouvoir.
 
Le Parti libéral-démocrate, (Freie Demokratische Partei, FDP) est un parti se revendiquant du libéralisme.

4. Le gouvernement actuel

 
Les élections fédérales de septembre 2013 ont donné lieu à la création d’un gouvernement de  coalition CDU-CSU-SPD totalisant 504 des 631 sièges du Bundestag.
 
L’alliance de centre-droite CDU-CSU a totalisé 41.5 % des votes et 311 des sièges au Bundestag, manquant de 5 sièges la majorité absolue.  Son allié au gouvernement précédent, le FPD, n’ayant pas atteint les 5 % requis pour siéger au Parlement, le groupe parlementaire d’Angela Merkel s’est donc allié au SPD de centre-gauche.
 
Lors de sa réélection comme chancelière, Angela Merkel (CDU) a obtenu au Bundestag plus de voix que tout autre chancelier avant elle : 462 des 621 députés présents ont voté pour la présidente de la CDU, ce qui correspond à une majorité des deux tiers (74,4 %).  Chef du gouvernement depuis 2005, elle entame ainsi son troisième mandat qui durera jusqu’en 2017.
 
Principaux membres du gouvernement :
 
Vice-chancelier, Ministre de l’Economie et de l’Energie : M. Sigmar Gabriel (SPD)
Ministre des Affaires étrangères : M. Franck-Walter Steinmeier (SPD)
Ministre de l’Intérieur : M. Thomas de Maizière (CDU)
Ministre de la Justice : M. Heiko Maas (SPD)
Ministre des Finances : M. Wolfgang Schäuble (CDU)
Ministre du Travail et des Affaires sociales : Mme Andrea Nahles (SPD)
Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation : M. Hans-Pieter Friedrich (CSU)
Ministre de la Défense : M. Ursula Von der Leyen (CDU)

5. La ligne de politique économique du Gouvernement Merkel

 
La réélection de la chancelière, Angela Merkel pour un troisième mandat augure d’une stabilité et d’une continuité dans la politique économique allemande des 4 prochaines années, avec une touche sociale apportée par le Parti Social-Démocrate (SPD).
 
Notons déjà  l’inclusion d’un salaire minimum dans l’accord de coalition du gouvernement.
 
Parmi les priorités de la Grande coalition :
 
-          Investir dans l’enseignement et la recherche.  L’Allemagne fait partie des premières puissances mondiales « parce qu'elle dispose d'une industrie compétitive et d'un secteur des PME bien développé. Il faut toutefois veiller à préserver la compétitivité en maintenant la capacité d'innovation », a déclaré Mme Merkel dans un discours sur le budget au Bundestag en avril 2014.
 
-          investir davantage dans les réseaux ferroviaires et routiers, et assurer une infrastructure télécom de pointe.
Le contrat de coalition prévoit donc 23 milliards de dépenses nouvelles en quatre ans dans les infrastructures et dans la recherche et la formation.
 
-          promouvoir la cohésion sociale (la touche SPD) avec la mise en place d’un salaire minimum et des mesures transitoires, le lancement de réformes de la retraite et de l’assurance dépendance pour faire face au vieillissement de la population, une meilleure intégration des migrants en Allemagne.
 
-          assurer la transition énergétique, c. à d. le passage de l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne de l’énergie nucléaire aux sources d’énergie renouvelables.  Il s’agira notamment pour le Gouvernement de revoir les aides aux énergies renouvelables dont le coût est trop élevé (plus de 20 milliards d'euros) et les exonérations dont bénéficient les industriels et que l’Union Européenne souhaite remettre en question.
 
-          maintenir l’équilibre budgétaire et réduire l’endettement de l’Allemagne avec pour cible un ratio d’endettement de 60% d’ici quelques années. Pour 2014, le Ministre des Finances Wolfgang Schäuble prévoit un montant net du recours à l’emprunt de 6,5 milliards d’euros, soit le niveau le plus bas que l’Allemagne ait connu depuis 40 ans.  A Compter de 2015, l’Allemagne veut atteindre  un équilibre budgétaire sans recours net à l’emprunt.

6. Les élections européennes de 2014

1.    
Les trois partis arrivés en tête des élections européennes de 2014 en Allemagne sont les suivants :
 
-          l’Union chrétienne-démocrate et l’union chrétienne sociale (CDU/CSU) pour le PPE (Parti populaire européen) avec 35,3 %, ce qui représente 34 députés ;
-          le Parti social-démocrate (SPD) pour le S&D (Socialistes et démocrates), avec 27,3 % et 27 députés ;
 
-          les Verts (DG) pour les Verts/ALE (Alliance libre européenne), avec 10,7 % pour 11 députés.
 
L’Allemagne a envoyé 96 députés au Parlement européen.
 
C’est le parti de la Chancelière Angela Merkel qui est arrivé en tête lors de ces élections européennes.
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