Conjoncture économique

Après une forte réaction initiale à l'épidémie actuelle de coronavirus (Covid-19), le président Laurentino Cortizo du Partido Revolucionario Democrático (PRD) de centre gauche aura du mal à redonner un nouveau souffle à l'économie après une longue période de restrictions. Sa politique à court terme se concentrera sur la gestion de la recrudescence des cas de Covid-19 depuis novembre 2020, impliquant un nouveau resserrement de la mobilité sociale et des restrictions de l'activité des entreprises après que la plupart des mesures introduites aient été assouplies en septembre-octobre. Les autorités s'efforceront de réduire à nouveau la propagation du virus et d'accélérer le déploiement des vaccins dans tout le pays. Le gouvernement a jusqu'à présent acheté 3 millions de doses à Pfizer/BioNTech (États-Unis/Allemagne) et 1 million de doses supplémentaires à Oxford/AstraZeneca (Royaume-Uni), et devrait pouvoir couvrir la majeure partie de sa population (4,3 millions de personnes) sur une période de 9 à 12 mois.

Certaines des mesures de soutien économique introduites en 2020 pour compenser les retombées économiques de la pandémie se poursuivront jusqu'en 2021. Le programme d'aide phare du gouvernement, le « Plan Panamá Solidario » se poursuivra au moins jusqu'en juin 2021. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement a distribué plus de 268 millions USD en paiements (100 USD de bons mensuels) à 1 million de personnes (environ un quart de la population) et plus de 3 millions de colis alimentaires. Les allégements fiscaux sous forme de prolongation des délais de paiement seront également supprimés à la mi-2021. Nous nous attendons à ce que le gouvernement subisse des pressions pour maintenir des niveaux de dépenses élevés. Il devrait prolonger les programmes de soutien, ce qui pèsera sur les finances publiques. L'accès au financement extérieur devrait rester raisonnable, mais l'augmentation du coût du service de la dette créera des défis pour l'assainissement budgétaire à moyen terme. 

Dans le sillage de la pandémie, il est probable que l'attention politique revienne à des réformes plus larges dans les principaux secteurs afin de stimuler la croissance. Le consensus au sein de la classe politique facilitera la mise en place de mesures visant à renforcer le rôle du Panama en tant que centre logistique et financier et à promouvoir l'investissement étranger direct, comme en témoigne la législation approuvée en août pour attirer les entreprises manufacturières étrangères. Toutefois, la pandémie risque de mettre en difficulté la réforme constitutionnelle et les efforts visant à remédier aux faiblesses de l'environnement des entreprises. Les experts s'attendent à ce que l'administration s'efforce d’alléger la lourdeur des procédures relatives à l’exécution des contrats et à la résolution des faillites.  La lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme sera plus efficace pour répondre aux normes mondiales. 

Après cette récession sans précédent, selon les prévisions, le PIB ne devrait se redresser que partiellement en 2021. Les mesures prises pour freiner la propagation du virus ont fait baisser la demande intérieure et extérieure %en 2020, et ont freiné l'un des pays de la région dont la croissance est la plus rapide, entraînant une contraction du PIB estimée à 17 %. Les effets de base, l'absence de restrictions strictes sur le coronavirus et la reprise de l'activité mondiale laissent présager une forte reprise : les analystes prévoient une croissance du PIB de 9,0 % en 2021. 

La consommation et l'investissement privés seront les moteurs de la reprise, mais l'ampleur et la nature de la récession de 2020 entraveront les perspectives de croissance. Les revenus des ménages ont été durement touchés par l'arrêt de l'activité économique ; nous estimons que le taux de chômage a atteint 20 % en moyenne. En outre, l'activité économique devant rester déprimée, en partie en raison des tendances sectorielles (le tourisme ne connaîtra qu'une faible reprise) et des dommages causés aux bilans des entreprises, la consommation ne pourra pas rebondir complètement. L'accélération des activités minières à la mine de Cobre Panamá (qui devrait produire 300 000 tonnes de cuivre et + de 100 000 onces troy d'or par an d'ici 2022) ainsi que la multiplication des projets de travaux publics, comme par exemple l'extension d’ici 2025 du réseau de métro de la capitale (4,4 milliards USD) contribueront à stimuler les investissements. Par contre, le retard pris par d'autres projets, notamment la construction d'un nouveau pont sur le canal de Panama (évalué à 1,5 milliard USD) pourrait  freiner le rythme de la croissance.

Dans l'hypothèse d'un environnement extérieur plus stable, la croissance se raffermira à partir de 2022, pour se stabiliser à environ 4 %. La reprise du commerce mondial stimulera le secteur des services (notamment les transports), qui restera un pilier de l'économie. La mine de Cobre Panamá et les grands projets d'infrastructure stimuleront respectivement l'exploitation minière et la construction. En particulier, l'augmentation de l'exploitation minière soutiendra la diversification de l'économie panaméenne, qui est fortement axée sur les services.

Mise à jour du 22 décembre 2020 (ala)

Country Report December 2020 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2020 

Accord UE-Amérique centrale 

L’Union européenne et  six pays membres du marché commun centraméricain SICA  (Costa Rica, El Salvador, Honduras, Nicaragua, Guatemala, Panama) ont signé en juin 2012 un Accord d’Association comportant trois piliers : le dialogue politique, la coopération et le commerce. Cet accord est en vigueur depuis octobre 2013, quoique  provisoirement dans l’attente d’une ratification définitive par l’ensemble des partenaires. Dans son volet commercial, il prévoit la suppression des droits de douanes, le démantèlement des barrières non tarifaires et des mesures facilitant le règlement des litiges. 

En savoir +

Echanges commerciaux avec la Wallonie (2019)

1. Exportations de la Wallonie à destination du PANAMA 
Le Panama occupe le 81ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie.   Si nous prenons en compte uniquement les clients de la Wallonie sur le continent américain, le Panama se trouve en 10ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Canada (2ième), le Brésil (3ième), la Colombie (4ième), le Mexique (5ième), l’Argentine (6ième), le Chili (7ième), le Pérou (8ième), et l’Equateur (9ième).  
Son poids dans le total mondial des exportations wallonnes s’élève à 0,03 %.  
En 2019, les exportations wallonnes à destination du Panama se sont élevées à 12,38 millions d’euros, ce qui représente une hausse de 1% par rapport à 2018.

Secteurs des exportations wallonnes vers le Panama

 

Variation
2016/2015 : +83,3%
2017/2016 : -25,6%
2018/2017 : +32,3%
2019/2018 : +1,0%

2. Importations de la Wallonie en provenance du Panama 
Le Panama se situe au 102ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie.  
Si nous prenons en compte uniquement les fournisseurs de la Wallonie sur le continent américain, le Panama se trouve en 17ième position.  
Son poids dans le total mondial des importations wallonnes est inférieur à 0,01%.  En 2019, les importations wallonnes en provenance du Panama se sont élevées à 0,16 million d’euros, ce qui représente une hausse de 1399,1% par rapport à l’année 2018.

Secteurs des importations wallonnes depuis le Panama : 


Variation
2016/2015 : +81,1%
2017/2016 : -54,4%
2018/2017: -92,4%
2019/2018  : +1399,1

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (+12,23 millions d’euros).

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