Conjoncture économique

La rare publication de la Banque centrale du Venezuela (BCV) révèle l'ampleur de la crise

Le 28 mai, la Banque centrale du Venezuela (BCV) a publié, pour la première fois en près de quatre ans, des données macroéconomiques soulignant l'ampleur de la profonde crise économique que traverse actuellement le pays. L'économie s'est contractée de 22,5 % en glissement annuel au troisième trimestre de 2018, la dernière période pour laquelle les données sont disponibles, après une chute de 17,6 % au trimestre précédent. Le ralentissement du troisième trimestre 2018 représente le 19e trimestre consécutif de baisse de la production et a été le plus marqué depuis le premier trimestre 2003, où une grève a mis un terme à l'industrie pétrolière vitale pour le pays. Dans l'ensemble, l'économie s'est contractée d'environ de moitié en 2014-2018, et la production est tombée à des niveaux jamais vus depuis la fin des années 1990. Le recul plus marqué de la production au troisième trimestre de 2018 par rapport au trimestre précédent a reflété des contractions plus marquées de la demande intérieure et extérieure. La consommation privée a reculé de 24,0% en glissement annuel, soit la plus forte baisse depuis au moins 1999 (T2 2018 : -15,6% en glissement annuel). Malgré de fréquentes hausses du salaire minimum, l'inflation incontrôlée - alimentée en grande partie par des déséquilibres des taux de change - a considérablement érodé le pouvoir d'achat des ménages, les dépenses étant encore entravées par un chômage élevé. En outre, les investissements en capital fixe n'ont cessé de se contracter depuis près de quatre ans et ont diminué de près de moitié en termes annuels au troisième trimestre (T3 2018 : -47,3% en glissement annuel ; T2 2018 : -31,2% en glissement annuel). De même, les dépenses publiques ont diminué de 10,1% en glissement annuel, après un recul similaire au trimestre précédent (T2 2018 : -10,2% en glissement annuel).
Sur le plan extérieur, les exportations de biens et services - dont les expéditions de pétrole représentent l'écrasante majorité - ont diminué au troisième trimestre, quoique légèrement moins qu'au deuxième trimestre (T3 2018 : -32,1% en glissement annuel ; T2 2018 : -37,6% en glissement annuel). Les importations, en revanche, ont rebondi au cours du trimestre après avoir chuté pendant quinze trimestres consécutifs (T3 2018 : +8,2% en glissement annuel ; T2 2018 : -6,1% en glissement annuel). 

Du côté de la production, l'activité dans le segment non pétrolier de l'économie a reculé de 22,0% par rapport à la même période en 2017 (T2 2018 : -16,2% en glissement annuel), la production du secteur manufacturier ayant diminué de près de moitié en termes annuels. Dans le même temps, le secteur pétrolier, qui représente une part importante des recettes en devises et des recettes publiques, s'est contracté pour le quatorzième trimestre consécutif au troisième trimestre 2018, quoique légèrement moins qu'au deuxième trimestre (T3 2018 : -25,8% en glissement annuel ; T2 2018 : -26,7% en glissement annuel). La production pétrolière est en baisse constante depuis 2015 en raison d'années de mauvaise gestion, de corruption, de sous-investissement et de fuite des cerveaux, et a été réduite plus récemment par l'imposition de sanctions économiques.
Pour l'avenir, les perspectives à court terme sont sombres. L'incertitude demeure élevée quant à l'issue de la lutte pour le pouvoir entre le président Nicolás Maduro et le chef de l'opposition Juan Guaidó. Entre-temps, l'économie devrait continuer d'être paralysée par l'inflation galopante, la baisse de la production pétrolière et un régime de change dysfonctionnel. Les sanctions financières visant à étouffer l'accès du gouvernement aux devises fortes ne font qu'aggraver la situation déjà catastrophique.

Selon le FocusEconomics, l'économie devrait se contracter de 22,3 % en 2019.

Auteur : Javier Colato, économiste

Source : https://www.focus- economics.com/countries/venezuela/news/gdp/rare-release-of-central-bank-data-reveals-magnitude-of-crisis  - 28 mai 2019 – consulté le 25 juin 2019 – traduction libre de l’AWEX

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie

1. Exportations de la Wallonie à destination du Vénézuela (2018)
Le Vénézuela occupe le 165ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie ; son poids dans le total des exportations wallonnes s’élevant à 0,001 %.  La part de la Wallonie dans les exportations de la Belgique vers ce pays est de 3,5%. Parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Vénézuela est le 24ième client de la Wallonie derrière le Brésil (1er), le Mexique (2ième), la Colombie (3ième), le Chili (4ième), l’Argentine (5ième), l’Equateur (6ième), le Pérou (7ième), Cuba (8ième), le Panama (9ième), la République Dominicaine (10ième), le Costa Rica (11ième), l’Uruguay (12ième), le Salvador (13ième) et le Guatemala (14ième), le Honduras (15ième), la Bolivie (16ième), le Guyana (17ième), Trinidad et Tobago (18ième), la Jamaïque (19ième), Haïti (20ième), le Nicaragua (21ième),le Paraguay (22ième) et le Suriname (23ième).

En 2018, les exportations wallonnes vers le Vénézuela se sont élevées à 0,50 million d’euros, ce qui représente une baisse de 87,2% par rapport à 2017. 

Secteurs des exportations wallonnes vers le Vénézuela
Produits des industries chimiques et pharmaceutiques : 83,5%
Produits du règne végétal : 11,1%
Matières textiles, ouvrages en ces matières : 2,7%
Instruments d’optique, de précision, d’horlogerie : 1,1%
Chaussures, coiffures, parapluies, articles similaires : 0,5%

Variation
2015/2014 : -16,0%
2016/2015 : +8,6%
2017/2016 : -74,5%
2018/2017 : -87,2%

2. Importations wallonnes depuis le Venezuela (2017)
Parmi les pays d’Amérique latine et les Caraïbes, en 2017, le Venezuela a été le 6ième fournisseur de la Wallonie derrière le Mexique (1), le Brésil (2), le Honduras (3), le Nicaragua (4), l’Argentine (5), et devançant l’Equateur (7), le Chili (8), le Pérou (9), la Colombie (10), le Costa Rica (11), el Salvador (12), le Panama (13), le Guatemala (14), le Paraguay (15) et la République dominicaine (16).Dans le classement des fournisseurs de la Wallonie au niveau mondial, le Venezuela se situe au 73ième rang. En 2017, les importations wallonnes depuis ce pays se sont élevées à 1,93 million d’euros, ce qui représente une baisse de 69,7% par rapport à l’année précédente. La part du Venezuela dans les importations totales de la Wallonie s’élève à 0,01%. 

Variation

2014/2013 : +65,8%
2015/2014 : -4,7%
2016/2015 : -2,4%
2017/2016 : -69,7%

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