Conjoncture économique

L'économie sud-coréenne, qui dépend des exportations - la quatrième d'Asie -, excelle dans l'électronique, l'automobile et la pétrochimie, ce qui la rend sensible aux fluctuations de l'offre mondiale. Ses fabricants de puces mémoire dominent le marché mondial, mais sont confrontés à la concurrence de la Chine.

Le programme national du nouveau gouvernement conservateur sera axé sur l'utilisation de la déréglementation et des réductions d'impôts pour faciliter la mobilité du marché du travail, réduire les charges des petites entreprises et des travailleurs indépendants, et encourager l'investissement et la création d'emplois. Les autorités auront également recours à des incitations politiques et fiscales pour faciliter les investissements dans les technologies avancées et les infrastructures numériques, dans le but de promouvoir la compétitivité et l'indépendance dans le secteur manufacturier. La Corée du Sud restera attrayante pour les investisseurs étrangers dans le secteur manufacturier de haute technologie en raison de sa main-d'œuvre qualifiée et de ses politiques favorables à l'investissement, mais son potentiel d'expansion sera limité par des coûts salariaux élevés et des syndicats puissants.

Il est à prévoir que le nouveau gouvernement maintiendra son plan visant à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, même s'il soutiendra simultanément une croissance régulière des industries pétrolière et pétrochimique pour améliorer la sécurité énergétique et soutenir les exportations. Le gouvernement encouragera les investissements dans les véhicules électriques (VE) et les infrastructures de recharge. Il se concentrera également sur l'énergie éolienne dans sa recherche de sources d'énergie alternatives propres.

La modération de la croissance rapide des prix de l'immobilier sera une autre priorité pour le gouvernement. Nous attendons des autorités qu'elles augmentent l'offre de logements abordables par le biais de la planification publique et qu'elles utilisent des incitations fiscales pour accroître le développement de logements dans le secteur privé. Toutefois, les politiques proposées par Yoon Suk-yeol, notamment la réduction des impôts sur les plus-values et la propriété immobilière, ne suffiront pas à faire baisser les prix de l'immobilier à court terme.

Il est attendu que le PIB réel augmentera de 2,9 % en 2022, car l'économie du pays, orientée vers l'exportation, continue de bénéficier de la croissance des expéditions sortantes de semi-conducteurs, de voitures et de produits pétrochimiques. Nous pensons que la demande mondiale d'électronique grand public restera élevée jusqu'à la mi-2023, après quoi une surabondance de l'offre est susceptible d'apparaître, en raison d'un manque de demande de mise à niveau. Cela suffira néanmoins à soutenir la croissance en 2022, y compris par des effets de second ordre sur l'économie au sens large, via les investissements des entreprises et les dépenses des ménages.

Il n'est pas à prévoir que la Corée du Sud se détourne de son modèle de croissance fondé sur les exportations au cours de la période de prévision, l'économie restant fortement dépendante de la demande extérieure de circuits intégrés, d'autres produits électroniques et de voitures. Les VE donneront un nouvel élan aux secteurs nationaux de l'automobile et des batteries, mais l'activité restera tributaire des exportations. Les fabricants sud-coréens de puces mémoire continueront de bénéficier des tendances internationales en matière d'automatisation industrielle et de construction de centres de données. Les exportateurs de produits électroniques se concentreront sur les semi-conducteurs de moyenne à haute gamme et les panneaux avancés, leur part de produits électroniques bas de gamme étant prise par les fabricants chinois concurrents.

La consommation privée restera un moteur économique important. Toutefois, la croissance des dépenses des ménages sera freinée par le fardeau du remboursement de la dette, qui sera aggravé par les hausses de taux d'intérêt. L'investissement fixe brut sera tiré par une forte activité dans le secteur industriel, les industries des semi-conducteurs, des véhicules électriques, de la biosanté et de l'intelligence artificielle bénéficiant d'incitations fiscales et d'un traitement favorable dans le cadre des politiques visant à accroître la compétitivité de l'industrie manufacturière. L'investissement dans les infrastructures numériques et d'énergie propre augmentera, dans un contexte de hausse des projets de partenariat public-privé.

Source : Country Report March 2022 www.eiu.com © Economist Intelligence Unit Limited 2022 

Treizième puissance économique mondiale, la Corée du Sud a connu une croissance spectaculaire au cours des trente dernières années. Cependant, du fait de sa forte insertion dans les échanges commerciaux et financiers internationaux, le pays est vulnérable aux chocs extérieurs. En 2015, la croissance économique coréenne a marqué le pas (2,6%), le pays ayant été confronté à une épidémie du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS) qui a affecté la consommation.

La croissance est restée stagnante en 2016 (2,7%) et d’après les projections du FMI elle devrait légèrement se renforcer en 2017 (3%) grâce à une reprise de la consommation privée, au renforcement du marché immobilier et aux incitations fiscales et monétaires.

Depuis 2012, la croissance économique de la Corée du Sud est morose du fait à la fois de chocs conjoncturels et d’un déclin constant du potentiel de croissance du pays. En 2016, les difficultés économiques ont été accentuées par une détérioration des relations avec la Chine, principal partenaire commercial du pays. Suite aux essais nucléaires nord-coréens, la Corée du sud a accepté d’accueillir sur son sol des missiles anti-missiles américains, au grand mécontentement de Pékin.
Samsung a dû arrêter la production de son smartphone Galaxy Note 7 suite à de nombreux incidents, et l’armateur Hanjin a fait faillite. Fin 2016, le scandale du « Choigate » et le vote par l’Assemblée Nationale d’une motion de censure contre la présidente Park Geun-hye, accusée de corruption, d’abus de pouvoir et d’infractions à ses obligations constitutionnelles, ont entrainé un blocage politique ayant des répercussions économiques. Le Parlement a en effet menacé de supprimer le budget alloué à l’« économie créative », politique soupçonnée d’avoir été influencée par Choi Soon-sil, confidente de la présidente.
Malgré les différents plans de relance, les finances publiques ne se sont pas dégradées. L’excédent budgétaire s’est consolidé (1,1% PIB), la dette publique est soutenable (moins de 40% du PIB), et l’inflation est contenue. La dette des entreprises représente néanmoins 30% du PIB et le niveau élevé de l’endettement des ménages constitue un risque pour le secteur bancaire.
Le budget 2017, qui dans le cadre d’une montée des tensions avec la Corée du Nord accorde un montant record à la défense, vise à soutenir la création d’emplois, la santé et le bien-être. Le pays fait face à des problèmes structurels que constituent le sous-développement du marché financier, le vieillissement de la population, la dépendance aux exportations et l'érosion de la compétitivité du pays à mesure de la montée en gamme de l'économie chinoise.
Le revenu par habitant de la Corée du Sud est passé de 100 USD en 1963 à près de 30.000 USD aujourd'hui. Le taux de chômage est en baisse, atteignant son plus bas niveau depuis 2002, mais le nombre de travailleurs irréguliers est important, les inégalités se creusent et les liens sociaux se dégradent.
Source :
https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/explorer/coree-du-sud/apprehender-le-contexte-economique

Selon l’indicateur « Ease of Doing Business 2016 » de la Banque mondiale, qui mesure la facilité d'entretenir des relations commerciales, la République de Corée occupe le 5e rang sur 190 pays. Elle a donc perdu une place par rapport à 2016 mais reste bien mieux classée que la Belgique, qui se situe à la 42e place.
Le revenu par habitant de la Corée du Sud est passé de 100 USD en 1963 à près de 30.000 USD aujourd'hui. Le taux de chômage est en baisse mais le nombre de travailleurs irréguliers est important, les inégalités se creusent et les liens sociaux se dégradent.

Indicateurs de croissance

2015

2016

2017

2018 (e)

2019 (e)

PIB (milliards USD)

1.382,76

1.411,04

1.529,74e

1.597,39

1.667,95

PIB (croissance annuelle en %, prix constant)

2,8

2,8

3,0e

3,0

3,0

PIB par habitant (USD)

27.105

27.535e

29.730e

30.919

32.154

Solde des finances publiques (en % du PIB)

0,8

2,0e

1,5e

1,6

1,5

Endettement de l'Etat (en % du PIB)

37,8

38,3e

38,0e

38,3

38,6

Taux d'inflation (%)

0,7

1,0

1,9e

1,9

1,9

Taux de chômage (% de la population active)

3,6

3,7

3,8

3,6

3,3

Balance des transactions courantes (milliards USD)

105,94

98,68

85,14e

86,20

89,96

Balance des transactions courantes (en % du PIB)

7,7

7,0

5,6e

5,4

5,4

Source : FMI - World Economic Outlook Database, 2017

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