Le contexte économique

L'économie des Philippines s'est consolidée au cours de ces dernières années et reste très dynamique, ce malgré une exposition aux chocs persistante. L’économie a progressé de 6,6% en 2017, contre 6,9% en 2016, une des taux les plus élevés en Asie. Cette croissance est principalement due à une augmentation des investissements et de la consommation, ainsi qu'au dynamisme du secteur de la construction et la conclusion de nombreux partenariats public-privé (PPP) dans le secteur des infrastructures. La consommation interne devrait rester le principal moteur de l’économie, représentant 70% du PIB. Les Philippines et la Chine ont des relations commerciales très développées et qui semblent résister au ralentissement de la croissance chinoise. La forte demande chinoise en produits électroniques est axe de croissance majeur pour les Philippines. Au cours de l’année 2017, le solde du compte courant est passé dans le rouge pour la première fois depuis la crise financière mondiale de 2009, en partie en raison de l’ambitieux programme de construction de nouvelles infrastructures. Selon les prévisions du FMI, la croissance devrait rester à un niveau stabledans les prochaines années : 6,7% du PIB en 2018 et 6,8% en 2019.


Malgré les interrogations initiales concernant les intentions du président Rodrigo Duterte et une possible diminution des investissements, la continuité des réformes économiques libérales a instauré la confiance alors que les investissements ont connu leur plus forte croissance en deux décennies. Le nouveau gouvernement vise à réduire le taux de pauvreté à 17% et hisser l’économie au statut moyen-haut d’ici 2022.

 

En continuité avec l'année précédente, le budget 2016 a porté sur la lutte contre la pauvreté: 33% du budget a été alloué à la sécurité sociale, au chômage et à la main-d'œuvre. Le gouvernement a cherché à réduire le taux de pauvreté à 16% en 2016 tout en garantissant l'égalité des chances pour tous, y compris dans les provinces les plus vulnérables. Une partie importante du budget a été réservée à l'éducation de base. Le budget 2016 a porté sur les domaines prioritaires du "Contrat social" de l'ancien président Aquino: Poursuivre la bonne gouvernance, rendre la croissance plus inclusive, maintenir l'élan de la croissance, gérer les risques de catastrophe et forger une paix durable. Les défis auxquels fait face le gouvernement comprennent une hausse des dépenses sociales, qui, à moyen terme, nécessitera une montée en flèche des recettes fiscales, l'amélioration des infrastructures et la création d'emplois.

Au niveau social, le pays est confronté à plusieurs défis: la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté a augmenté ces dernières années (33% de la population) alors que le taux de chômage (6,6% de la population active) a été aggravé par la crise de 2009. Malgré la tendance à la baisse actuelle du taux de chômage, l'inégalité dans la répartition de la richesse augmente.

 Source : FMI - World Economic Outlook Database, 2017

 Les chiffres du commerce international 

 

Source : OMC - Organisation Mondiale du Commerce ; Banque Mondiale, 2017

Les principaux secteurs économiques

Le secteur agricole emploie environ 29% de la main-d'œuvre mais contribue à 10% du PIB. Les Philippines sont l'un des principaux producteurs mondiaux de riz et de noix de coco. Pourtant, le secteur agricole souffre d'une faible productivité, de faibles économies d'échelle et d'infrastructures inadéquates. La pêche contribue à 3% du PIB. Les Philippines sont l'un des pays les plus riches au monde en termes de réserve minérale inexploitée, estimée à plus de 840 milliards USD. Les réserves de cuivre, d'or et de zinc des Philippines sont parmi les plus grandes du monde.

 

Le secteur manufacturier contribue à 30,5% du PIB et emploie 16% de la population. Le secteur agro-alimentaire industriel est l'une des principales activités manufacturières des Philippines. Les industries lourdes sont dominées par la production du ciment, du verre, des produits chimiques et des engrais, du fer, de l'acier et des produits pétroliers raffinés.


Le secteur tertiaire, qui représente plus de 60% du PIB et emploie plus de la moitié de la population active du pays, s'est développé de manière substantielle, notamment dans les domaines des télécommunications, des centres d'appel et de la finance. 

 

  Source : Banque Mondiale, 2016

 Les IDE en chiffres

 Les investissements directs étrangers (IDE) connaissent une augmentation constante sur ces dernières années. En 2017, les flux d’IDE à destination des Philippines ont atteint un montant record à presque 9 milliards USD, contre 8 milliards l'année précédente. Le montant des flux d'IDE est cependant toujours en dessous de celui des pays voisins en partie en raison des limites sur les investissements étrangers imposés par la constitution du pays, mais aussi des menaces sécuritaires dans certaines parties du pays.

Le Japon, les États-Unis et Singapour sont les principaux investisseurs, alors que les flux entrants sont concentrés sur les secteurs manufacturier et financier. Les flux d’IDE à destination des Philippines demeurent relativement faibles face aux avantages offerts par le pays tels que sa main d’œuvre anglophone et qualifiée, une forte proximité culturelle avec les États-Unis et un positionnement géographique au cœur d’une région dynamique. Ceci peut être en partie expliqué par le fait que le pays est en train de se transformer en une société de services à faible capital, ce qui signifie qu’elle n’a besoin que de peu d’équipement. Le gouvernement favorise aussi les accords de sous-traitance entre les entreprises étrangères et locales par rapport aux IDE au sens strict. Enfin, des facteurs tels que la corruption, l’instabilité, l’infrastructure inadéquate, le coût élevé de l’énergie, le manque de sécurité judiciaire, les lois fiscales et les restrictions sur la propriété par les étrangers découragent les investissements.

 

 Source : CNUCED, Dernières données disponibles.

Les flux d'IDE par pays et par secteurs d'activité

 

Source : Institut philippin de la statistique - Dernières données disponibles.

Les formes de sociétés préférées par les investisseurs : Société par action

Les principaux investisseurs : Lafarge, Philips, Shell, Intel, Texas Instrument, ING, Cemex

 

Pourquoi choisir d'investir aux Philippines :

 Les points forts 

  • Une main d'oeuvre anglophone qualifiée,
  • Un marché intérieur important,
  • Son appartenance à l'ASEAN,
  • Une politique favorable aux investissements,
  • Un système légal très avancé,
  • Une position stratégique à la porte de l'Asie,
  • D'importantes richesses naturelles.

 Les points faibles 

  • Instabilité politique,
  • La mauvaise qualité de ses infrastructures,
  • L'insécurité juridique et le manque de transparence des procédures.      

Les mesures mises en place par le gouvernement
 Des lois libéralisant les pratiques des affaires ont ouvert plus de domaines aux    investissements étrangers, ont fourni aux investisseurs étrangers les mêmes incitations    qu'aux membres de l'ASEAN, et ont simplifié les procédures.

Prévisions économiques pour 2018 

 « Source Coface - Dernière mise à jour : Janvier 2018 »

 

En 2018, l’économie devrait conserver son dynamisme, surtout portée par la demande domestique. La dépense des ménages (70 % du PIB) en sera, de nouveau, le principal moteur, car elle bénéficiera d’importants transferts des expatriés, principalement aux États-Unis et dans les pays du Golfe. Ces remises seront accrues par la dépréciation du peso et par la création de l’Overseas Filipino Bank qui ne prélèverait pas de commission. En outre, le seuil de paiement de l’impôt sur le revenu doit être relevé. Enfin, le crédit conserverait sa forte progression, la banque centrale maintenant sa politique monétaire accommodante face à une inflation qui demeurerait au cœur de sa cible.

 

L’investissement (25 % du PIB) devrait continuer à croître modérément. Les entreprises seront poussées à investir par le taux élevé d’utilisation des capacités de production, mais incitées à la prudence par le risque politique et l’incertitude sur les réformes. Compte tenu du manque, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’augmenter la dépense publique consacrée aux infrastructures pour la porter à 6 % du PIB. Cela devrait accroître le potentiel de croissance du pays.

 

Les exportations, dont 70 % sont destinées à l’Asie, devraient bien progresser, notamment celles de composants électroniques (19 % du total), de services aux entreprises (16 % avec notamment les centres d’appels et le contrôle de contenu pour le compte des géants américains de la toile), de machines informatiques (5 %) et de bois (5 %). Elles seront tirées par la conjoncture favorable sur les principaux marchés. Cependant, comme simultanément, la demande interne et la dépréciation renchériront la facture des importations, la contribution des échanges devrait rester légèrement négative. Les services avec la sous-traitance de processus métier (« Business Outsourcing Process), le tourisme et le commerce resteront les premiers bénéficiaires. L’industrie ne sera pas en reste avec les matériaux de construction (ciment, verre, métaux et bois), l’agroalimentaire, l’ameublement, les appareils de télécommunication, les équipements de transport et le matériel de bureau.

 La situation financière du pays reste solide

En 2018, le déficit du gouvernement central devrait encore avoisiner 3 % du PIB (2 % pour l’ensemble du secteur public). Pourtant, les dépenses devraient augmenter de 12 %, avec l’accent mis sur les infrastructures (routes, ponts, voies ferrées, santé et éducation) et les programmes sociaux (vaccinations infantiles, aide aux familles pauvres, extension de la couverture d’assurance maladie, éducation primaire). Le déficit n’augmenterait pas, car les recettes s’accroîtront avec les modifications fiscales annoncées en 2017 : relèvement des droits d’accise sur les carburants, l’automobile, l’alcool et le tabac, élargissement de la base de la TVA, et augmentation de l’imposition des hauts revenus. Malgré l’augmentation de la dépense, la forte croissance permet de stabiliser le poids de la dette publique dans le PIB, dont 67 % sont détenus par des créanciers domestiques.

 

Du côté extérieur, la balance courante devrait être proche de l’équilibre en 2018. Le déficit commercial (supérieur à 10 % du PIB) est causé par le dynamisme de la demande domestique et les importations d’intrants pour l’industrie, particulièrement la sous-traitance électronique et informatique. Ce déficit est couvert par l’excédent des services (sous-traitance de processus métier, tourisme), les transferts des expatriés et les revenus tirés des placements philippins à l’étranger. Les investissements étrangers sont limités et presque égalés par ceux des philippins à l’étranger. Cette timidité est, à la fois, la conséquence de restrictions et des incertitudes politiques. Au total, la balance des paiements est légèrement excédentaire, ce qui explique la légèreté de la dette extérieure (24 % du PIB), dépassée par les actifs philippins à l’étranger, la faible dépréciation du peso et des réserves de change équivalant à 9 mois d’importations. 

 

Les promesses présidentielles à l’épreuve de la réalité

Rodrigo Duterte a été élu à la présidence en mai 2016 pour 6 ans, succédant à Benigno Aquino. Son crédo est double : la loi et l’ordre, et la lutte contre les inégalités. Comme son prédécesseur, il vise la couverture santé universelle (93 % actuellement) et l’éducation gratuite de la maternelle au premier cycle universitaire. La lutte contre le trafic de drogue, le piratage maritime et les mouvements terroristes islamistes (Abou Sayyaf et Maute) est l’autre priorité. Dans cette optique, le pays se rapproche des voisins indonésiens et malais. Les relations avec la Chine se sont beaucoup améliorées avec Mr Duterte, même si les tensions demeurent du fait des contentieux en mer de Chine méridionale. En novembre 2017, l’armée a mis fin à 6 mois de siège de Marawi sur l’île méridionale de Mindanao par ces mouvements proches de l’État Islamiste, tuant au passage leurs chefs. De plus, le processus de paix se poursuit avec le Front National de Libération de Moro (MNLF) et le Front Islamiste de Libération de Moro (MILF) qui ont longtemps combattu les forces gouvernementales sur Mindanao et dans le chapelet d’îles en direction de Bornéo. Malgré des succès, la forte popularité du président s’est érodée (50 % d’approbation fin 2017) suite aux exécutions extrajudiciaires commises par les forces de l’ordre dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, aux accusations de corruption contre des proches du président et à la lenteur des réformes. Les velléités sociales nécessitent d’augmenter les recettes (14 % du PIB), sauf à dégrader les comptes publics.

 

« Source - Expert-comptable international – Mise à jour de janvier 2018 »

« Source Coface - Dernière mise à jour : Janvier 2018 »

Retour en haut back to top