Situation économique

La stratégie atypique de la Suède face à la crise (pas de port de masque, ni de confinement) conduit à un bilan sanitaire très dégradé par rapport aux pays nordiques, mais à un impact économique mitigé : le PIB devrait chuter de 2,9% en 2020 selon le gouvernement (prévisions de décembre2020), alors que les prévisions au sommet de la première vague tablaient sur une récession supérieure à 6%. Dans ses prévisions d’octobre, Eurostat plaçait la Suède parmi les pays les moins touchés par la crise avec une dette maastrichtienne passant de 35,9% du PIB au 1er trimestre 2020 à 37,1% au second trimestre 2020. En revanche, les dernières données font état d’une baisse des exportations de 7% depuis janvier, et de 10% pour les importations, témoignant de l’imbrication suédoise dans les chaines d’approvisionnement et de production et de sa dépendance directe aux aléas internationaux (incertitudes liées au Brexit, tensions commerciales sino-américaines, tec.). Le chômage connaît une forte hausse et devrait dépasser pour la 1 ère fois les 9% en 2021.
Les conséquences économiques actuellement identifiées sont cependant très disparates et les mesures d’urgence n’ont que partiellement réussi à les minimiser. Le secteur de l’hôtellerie/restauration a particulièrement souffert du fait de l’arrêt des flux touristiques et d’une contraction du budget des ménages, ainsi que le secteur aérien, dont les aides dépendaient du budget non-fléché des collectivités locales, également en charge de la santé. Les mesures d’urgence mises en place en 2020 sont chiffrées à plus de 22 Mds€ (environ 5% du PIB) et les garanties publiques/facilités de crédit à 97 Mds€ (20% du PIB), mais celles-ci n’ont été que partiellement utilisées du fait de leur complexité ou de leur manque d’attractivité.
Le principal risque pesant sur l’économie suédoise réside aujourd’hui dans l’endettement élevé de ses ménages, principalement à taux variable et renforcé par la politique de taux bas, ainsi que dans la fluctuation des prix du logement. Loin de freiner cette tendance, la crise a exacerbé la fragilité de l’économie suédoise : après une période inquiétante de baisse des prix de l’immobilier en début de crise, ceux-ci ont augmenté de manière spectaculaire à l’automne (+11% pour les maisons et 6% pour les appartements en octobre en glissement annuel), de même que les prêts aux ménages. Les conséquences de la crise en matière de licenciements et de chômage risquent de menacer leur solvabilité. Le risque bancaire reste, lui, modéré : les banques suédoises sont considérées comme bien capitalisées et affichent des ratios prudentiels rassurants, notamment en termes de fonds propres, bien qu’elles soient exposées au risque hypothécaire, et plus récemment aux scandales de blanchiment d’argent dans les pays nordiques. Les nouvelles restrictions mises en place pour faire face à la deuxième vague augmentent cependant les incertitudes concernant la reprise et la stabilité financière (accès facilité aux crédits, prise de risque, solvabilité des ménages, hausse de la dette publique).
A noter qu’en 2019, la Suède se plaçait juste derrière la Suisse comme économie la plus innovante au monde (Global Innovation Index).
En 2020, la Chambre de Commerce Européenne a, quant à elle, mis la Suède en seconde place de son classement des Meilleurs Pays Européens où faire des affaires – la Belgique y était en 13ième position.

Sources :
www.tresor.economie.gouv.fr
EU Country report 2020

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