Conjoncture économique

Le gouvernement d’Alberto Fernández sera confronté à un environnement difficile, dans un contexte de lassitude croissante face à la pandémie, d'économie bloquée par des contraintes financières et d'une opposition enhardie par les récentes manifestations antigouvernementales. Le gouvernement a pris des mesures en vue d'une normalisation économique au début du mois de septembre en restructurant sa dette obligataire en devises étrangères. Cette mesure n'apportera pas de nouveaux capitaux étrangers dans un avenir proche, mais préparera le terrain pour des discussions avec le FMI sur un nouvel accord de prêt. La conclusion d'un accord avec le FMI sera cruciale pour rétablir la confiance dans la monnaie et dans l'économie en général.

Le gouvernement Fernández sera en mode de gestion de crise durant une grande partie de son mandat (qui se termine à la fin de 2023). Les crises sanitaires et économiques concomitantes auront des implications majeures à long terme sur les perspectives. Pour l'instant, l'accent reste mis sur la lutte pour contenir la menace pour la santé publique tout en relançant une économie paralysée par des distorsions économiques persistantes, des contraintes de financement et des préoccupations concernant l'orientation du gouvernement. Malgré des mesures de quarantaine strictes prises dès le début, le gouvernement s'est efforcé d'aplatir la courbe des infections. L'Argentine figure actuellement parmi les dix premiers pays du monde en termes de nombre de cas de coronavirus. Toutefois, le retour à un confinement national reste très improbable. Le gouvernement concentre ses efforts de santé publique sur l'expansion de l'infrastructure sanitaire et sur le développement et le déploiement rapides d'un vaccin. En août, l'Argentine et le Mexique ont conclu un accord avec AstraZeneca pour la production de 150 à 250 millions de doses de vaccin.

Entre-temps, sur le plan économique, le gouvernement a commencé, ces dernières semaines, à mettre en place des mesures qui devraient relancer l'investissement et la croissance. Au cours du mois d'octobre, il a mis en place un allègement temporaire des taxes à l'exportation, adopté une loi sur les industries de la connaissance pour encourager le développement d'un secteur dans lequel l'Argentine a un potentiel important. Il a aussi proposé un plan pour soutenir la production des grandes réserves de gaz naturel du pays avec un prix de soutien temporaire et introduit des incitants pour le secteur de la construction.

Le problème est que les bénéfices de ces mesures seront limités par une crise de confiance dont le gouvernement aura du mal à sortir. Cette situation reflète certaines décisions maladroites, telles que la nationalisation proposée (puis annulée à la hâte) d'une importante société exportatrice de soja, un manque de détails sur les plans de consolidation macroéconomique essentiels et un manque de confiance de la population dans l'engagement de la coalition au pouvoir à faire appliquer ces plans. En raison de cette crise de confiance, la pression sur le peso s'est accrue, malgré le récent succès du gouvernement dans la restructuration de sa dette obligataire extérieure et malgré une batterie de contrôles des changes destinés à freiner la demande de dollars américains. Cependant, le renforcement des contrôles des changes au début du mois d'octobre a eu un effet boomerang, créant une plus grande panique sur le marché. Les autorités tentent actuellement de faire marche arrière.

Il sera difficile de sortir de cette crise. L’hypothèse la plus favorable des prévisions est que le gouvernement évitera une maxi-dévaluation grâce à des contrôles qui protègent les réserves, à condition que le gouvernement puisse obtenir un financement du FMI au début de 2021. Plus les conditions seront mauvaises lors des négociations entre le gouvernement et le FMI, plus l'ajustement que le gouvernement devra s'engager à faire sera douloureux. Si le gouvernement argentin ne parvient pas à conclure un accord avec le FMI - et en l'absence d'autres sources de financement – les prévisions actuelles devront être révisées pour tenir compte d'une nouvelle maxi-dévaluation du taux de change officiel et d'une inflation bien plus élevée que celle qui est actuellement prévue pour les deux prochaines années. Cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les perspectives économiques.

La reprise de l'Argentine après la crise du coronavirus devrait être extrêmement progressive dans un environnement macroéconomique de plus en plus incertain. Après une forte contraction de 11,3 % en 2020, le PIB ne devrait retrouver son niveau d'avant la pandémie qu'en 2024. Selon les estimations, le PIB ne croîtra que de 5 % en 2021. Dans le cadre de ses efforts d'assainissement budgétaire, le gouvernement supprimera les mesures de soutien temporaires introduites au début de la pandémie, notamment les transferts de fonds d'urgence, les subventions salariales et le contrôle des prix. La suppression de celles-ci freinera la consommation privée. Près de 2,7 millions d'emplois ont été perdus au cours du premier semestre 2020 . Une faible reprise de l'emploi repose sur l'hypothèse que plusieurs facteurs étoufferont l'investissement privé, notamment un manque de confiance dans la politique gouvernementale, des distorsions monétaires chroniques et une augmentation prévue des coûts d'emprunt des entreprises (au fur et à mesure que les autorités monétaires normaliseront les taux d'intérêt).

A moyen terme, sur le plan extérieur, les exportations bénéficieront d'une reprise du commerce mondial, ainsi que de la consolidation des principaux marchés d'exportation en Asie. Du côté de l'offre, la reprise sera très inégale selon les secteurs. Le secteur agricole bénéficiera d'une demande intérieure et extérieure ferme, mais des risques découlent de l’impact de la sécheresse actuelle sur les rendements futurs des cultures. Les secteurs de la construction, de l'industrie manufacturière et des mines se porteront également assez bien, en partie grâce aux incitants gouvernementaux. Les perspectives pour les services sont mitigées ; certains secteurs, dont le commerce de détail, les télécommunications et l'immobilier, continueront à s'améliorer, mais d'autres, comme l'hôtellerie et les transports, connaîtront des difficultés.

Mise à jour du 19 novembre 2020 (ala)

Source: Country Report November 2020 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2020

 

 

 

 

 

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie (2019)

1. Exportations de la Wallonie à destination de l’Argentine

L’Argentine occupe le 43ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie. Si nous prenons en compte uniquement les clients de la Wallonie sur le continent américain, l’Argentine se trouve en 6ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Canada (2ième), le Brésil (3ième), la Colombie (4ième), le Mexique (5ième) et devançant le Chili (7ième), le Pérou (8ième), l’Equateur (9ième) et le Panama (10ième).   Son poids dans le total mondial des exportations wallonnes s’élève à 0,17 %.   En 2019, les exportations wallonnes à destination de l’Argentine se sont élevées à 81,56millions d’euros, ce qui représente une hausse de 81,7% par rapport à 2018.

Secteurs des exportations wallonnes vers l’Argentine

 

Variation
2015/2014 : -3,9%%
2016/2015 : +19,6%
2017/2016 : +0,9%
2018/2017 : -20,2%
2019/2018 : +81,7%

2. Importations de la Wallonie en provenance d’Argentine 

L’Argentine se situe au 78ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie.  

Si nous prenons en compte uniquement les fournisseurs de la Wallonie sur le continent américain, l’Argentine se trouve en 9ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Mexique (2ième), le Canada (3ième), le Brésil (4ième), le Venezuela (5ième), le Honduras (6ième), l’Equateur (7ième), le Nicaragua (8ième) et devançant et le Chili (10ième).  Son poids dans le total mondial des importations wallonnes représente moins de 0,01%. En 2019, les importations wallonnes en provenance d’Argentine se sont élevées à 1,18 million d’euros, ce qui représente une baisse de 7,7%par rapport à l’année 2018.

Secteurs des importations wallonnes depuis l’Argentine :

 

Variation
2015/2014 :-31,4%
2016/2015 : -20,4%
2017/2016 : +102,1%
2018/2017 : -42,9%
2019/2018 : -7,7%

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (80,37millions d’euros).

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