Conjoncture économique

Le président de l’Equateur, Lenín Moreno, aura du mal à gérer les retombées économiques de la crise du coronavirus avant la fin de son mandat en mai 2021. Il ne se présentera pas à l'élection présidentielle du 7 février. Selon les analystes, le candidat Guillermo Lasso de Creo (le principal candidat conservateur) devrait remporter l'élection très probablement au second tour du 11 avril. Celui -ci devrait mettre en œuvre son engagement à libéraliser les réformes économiques. 

Sur le plan économique, le mécanisme élargi de crédit (MEDC) de 27 mois, d'un montant de 6,5 milliards de dollars US, conclu avec le FMI, apportera un soutien indispensable aux finances publiques. Approuvé par le conseil d'administration du FMI fin septembre, le  MEDC programme de prêt ouvre la voie à un allégement significatif de la dette sous la forme d'un reprofilage de la dette bilatérale avec la Chine (totalisant près de 900 millions de dollars US en 2020-21) et d'une restructuration complète de la dette extérieure obligataire du gouvernement, qui s'élève à 17,4 milliards de dollars US. Le premier décaissement du programme de prêt (2 milliards de dollars US) a été débloqué en octobre. Le gouvernement a rempli  l’ensemble des conditions requises par le FMI lors de la dernière révision qui a eu lieu en novembre. 

Le financement en amont de l'opération permettra au gouvernement en place de respecter ses engagements en matière de salaires et d'augmenter les dépenses sociales au cours des prochains mois. Toutefois, les risques de mise en œuvre augmenteront avec le temps. Les conditions les plus complexes sur le plan politique dans le cadre du MEDC nécessitent une approbation législative et incomberont au gouvernement qui prendra ses fonctions en mai 2021. Le dernier grand effort conséquent et controversé aura pour objectif d’améliorer les finances publiques. On se souvient que la suppression pure et simple des subventions aux carburants en octobre 2019 avait entraîné un bouleversement social important et l'abrogation du décret pris en ce sens. 

Tout comme les  hypothèses électorales des analystes sont soumises à des risques élevés, leurs hypothèses sur l'orientation politique du prochain gouvernement le sont également . Si Monsieur Lasso gagne les élections, son gouvernement maintiendra  son engagement à respecter les objectifs et les critères définis dans le MEDC, même s'il y a un certain recalibrage. M. Lasso a proposé de réduire les impôts - plutôt que d'augmenter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) comme le prévoit le MEDC - et il est probable qu'il poursuivra les réformes visant à améliorer le recouvrement de l'impôt et à élargir l'assiette fiscale. Candidat orienté vers le marché, il a également exprimé son intention de réduire les dépenses publiques, d'abaisser les barrières commerciales, de réduire les rigidités du marché du travail et d'attirer davantage d'investissements étrangers. Même s’il est possible qu’il cherche à obtenir un ajustement à l'accord du FMI dont il a hérité, ses objectifs globaux devraient consister à placer les finances publiques sur une trajectoire stable, à améliorer la transparence fiscale et à renforcer l'indépendance de la Banco Central del Ecuador (BCE, la banque centrale).

L'autre alternative la plus probable est que Monsieur Arauz (coalition Centro Democrático-Fuerza  et Compromiso Social) gagne les élections. Sa victoire entraînerait un choc de confiance négatif pour les investissements des entreprises et provoquerait des sorties de capitaux. Il pourrait aussi y avoir une série de revirements politiques et un changement d'orientation vers des politiques moins orthodoxes, y compris (mais pas seulement) un abandon potentiel de l'accord avec le FMI, le financement du gouvernement par la banque centrale, une politique fiscale expansive, des taxes plus élevées sur les grandes entreprises ainsi que le contrôle des capitaux. 

Après une contraction du PIB estimée à 7,6 % en 2020 - la pire récession de l'Équateur depuis la crise financière mondiale de 2008 (et globalement conforme à la moyenne régionale pour 2020) -, les analystes prévoient une modeste reprise du PIB en 2021, avec une croissance de 2,5 %. Le resserrement budgétaire entraînera une baisse de la consommation publique, qui se répercutera indirectement sur la consommation privée, elle-même freinée par la faible amélioration des conditions du marché du travail. 

Compte tenu de l'ampleur de l'effondrement des investissements en 2020, la reprise en 2021 sera extrêmement faible. Les incertitudes économiques et politiques pèsent sur les perspectives (en particulier dans la première moitié de l'année avec les élections). Le PIB ne devrait pas revenir pas aux niveaux de 2019 avant 2024. La reprise après la récession provoquée par les coronavirus sera progressive. Plusieurs hypothèses sont à la base de cette prévision d'une reprise lente. Tout d'abord, les analystes estiment que les incertitudes politiques devraient s'estomper, ce qui permettra à l'environnement des entreprises de s’améliorer sous les auspices du FMI. Deuxièmement, la consommation des ménages s'affaiblira en 2022, en raison de nouvelles mesures visant à augmenter les recettes. Troisièmement, il faut tenir compte d’une augmentation du prix du pétrole (qui culminera à environ 57,5 USD le baril en 2023), qui soutiendra les activités d'investissement et stimulera les importations de biens d'équipement. Enfin, le marché du travail devrait se resserrer au fur à mesure que les activités du secteur privé reprendront.

 

Mise à jour du 21 décembre 2020 (ala)

Source: Country Report December 2020 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2020 

 

Accord de libre-échange UE – Colombie/Pérou/Equateur

Le Traité de libre-échange conclu entre l’Union européenne, la Colombie et le Pérou est entré provisoirement en vigueur le 1er mars 2013 en ce qui concerne le Pérou,  le 1er août 2013 en ce qui concerne la Colombie et le 1er janvier 2017 en ce qui concerne l’Equateur. L’accord permet de supprimer les droits de douane sur tous les produits industriels et de la pêche, d’élargir l’accès aux marchés pour les produits agricoles, d’améliorer l’accès aux marchés publics, ainsi qu’aux marchés des services et des investissements, de réduire davantage encore les obstacles techniques au commerce et d’établir des normes communes, notamment en matière de droits de propriété intellectuelle, de transparence et de concurrence.

Le Traité contient également des dispositions sur la protection des droits de l’homme et l’Etat de droit ainsi que des engagements portant sur l’application effective des conventions internationales relatives aux droits des travailleurs et à la protection de l’environnement.

Les principaux avantages de l’accord

1. L’accord ouvre de nouveaux débouchés commerciaux pour les grandes industries exportatrices de l’Union européenne, qui bénéficient de la suppression des droits de douane. À titre d’exemple, les économies de droits atteindront potentiellement plus de 33 millions d’euros pour le secteur de l’automobile et des pièces détachées automobiles, environ 16 millions d’euros pour les produits chimiques et plus de 60 millions d’euros pour les textiles. Les produits pharmaceutiques et les produits des télécommunications bénéficient, eux aussi, de réductions significatives de droits.

2. L’UE ouvre son marché aux exportateurs du Pérou et de la Colombie et de l’Equateur au travers de la libéralisation immédiate des produits industriels et de la pêche ainsi que des concessions tarifaires substantielles qu’elle s’est engagée à accorder dans le secteur de l’agriculture.

3. L’accord établit un ensemble de normes qui vont au-delà de ce qui a été convenu dans le cadre multilatéral, notamment en ce qui concerne les obstacles non tarifaires à l’accès au marché, la concurrence, la transparence et les droits de propriété intellectuelle, ce qui permettra, en particulier, d’assurer la protection de plus de 100 indications géographiques de l’UE sur les marchés andins..

4. L’accord encourage les meilleures pratiques reconnues au plan international, tout en garantissant un environnement transparent, non discriminatoire et prévisible pour les opérateurs et les investisseurs, grâce à un dispositif de médiation destiné à remédier aux entraves non tarifaires et, si nécessaire, grâce à un mécanisme élaboré de règlement des différends bilatéraux.

5. L’accord inclut également un chapitre consacré à la coopération visant à promouvoir la compétitivité et l’innovation, à moderniser la production ainsi qu’à faciliter les échanges commerciaux et le transfert de technologie entre les parties.

En savoir +

 

Principaux accords économiques et politiques

- CAN  - Communauté Andine
- ATPDA   - Accord Préférentiel Andin pour l’Éradication de la Drogue
- ALADI  - Association Latino-américaine d’Intégration
- MERCOSUR  - Communauté Économique des pays de l’Amérique du Sud
- OPEP -Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole
- OMC - Organisation Mondiale du Commerce
- OIC - Organisation Internationale du Café
- Organisation Internationale du Cacao
- COPAL  - Alliance des Pays Producteurs de Cacao
- GEPLACEA - Groupe d’Exportateurs de Sucre d’Amérique Latine et des Caraïbes
- OLDEPESCA - Organisation Latino-américaine de la Pêche
- OMPI - Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle
- UNODOC - Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime

Echanges commerciaux avec la Wallonie (2019)

1. Exportations de la Wallonie à destination de l’Equateur
L’Equateur occupe le 71ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie. 
Si nous prenons en compte uniquement les clients de la Wallonie sur le continent américain, l’Equateur se trouve en 9ième position derrière les Etats-Unis (1), le Canada (2), le Brésil (3), la Colombie (4), le Mexique (5), l’Argentine (6), le Chili (7), le Pérou (8) et devant le Panama (10).  Son poids dans le total mondial des exportations wallonnes s’élève à 0,04 %. 
En 2019, les exportations wallonnes vers l’Equateur se sont élevées à 20,32 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 7,3% par rapport à 2018.

Secteurs des exportations wallonnes vers l’Equateur

 

Variation
2016/2015 : -21,4%
2017/2016 : -20,1%
2018/2017 : +21,3%
2019/2018 :  -7,3%

2. Importations wallonnes depuis l’Equateur 
L’Equateur occupe le 66ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie.  Si nous prenons en compte uniquement les fournisseurs de la Wallonie sur le continent américain, l’Equateur se trouve en 7ième position derrière les Etats-Unis (1), le Mexique (2), le Canada (3), le Brésil (4), le Venezuela (5), le Honduras (6), et devançant le Nicaragua (8), l’Argentine (9) et le Chili (10).  Son poids dans le total mondial des importations wallonnes représente 0,01%.   En 2019, les importations wallonnes en provenance de l’Equateur se sont élevées à 2,83 millions euros, ce qui représente une baisse de 20% par rapport à l’année 2018.

Secteurs des importations wallonnes depuis l’Equateur :

Variation
2016/2015 :+165,2%
2017/2016 :+64,5%
2018/2017 : +93,9%
2019/2018 : -19,9%

La balance commerciale en 2019 s’élève à 17,49 millions euros en faveur de la Wallonie.

 

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