Généralités

En RDC, l’économie se trouvait déjà fragilisée par la crise économique, particulièrement dans le secteur minier qui connait une chute significative des cours du cuivre et du cobalt, principaux minerais qui contribuent à près de 80 % des recettes minières du pays. Ces dernières représentent près de 20% du budget de l’Etat. Après avoir atteint 5,8 % en 2018, la croissance économique a ralenti à 4,4 % en 2019.

Suite à la pandémie du covid-19, la Banque Centrale du Congo prévoit une croissance de 1,1% de 2020 mais en raison d’incertitudes sur l’ampleur et la durée de la pandémie, les effets néfastes pourraient être plus sévères et l’économie congolaise pourrait connaître une récession plus ample.

Il est clairement constaté que cette situation plombe la confiance des chefs d’entreprises quant à l’évolution de la conjoncture économique intérieure.

Par ailleurs Le Comité Permanent du Cadrage Macro-économique (CPCM) a lui aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2020, pour cause principale, l’impact négatif de la pandémie  sur tous les secteurs d’activité économique du pays.

La loi budgétaire 2020 qui prévoyait initialement un budget considéré comme ambitieux de 10 milliards USD va être modifiée et le budget pourrait se situer autour de 5 milliards USD.   Ceci  met en difficulté l’exécution des mesures dites d’urgence prises par le Président notamment en matière de l’amélioration du social tel que la gratuité de l’enseignement primaire et l’accès aux soins de santé.

Déjà au cours de trois premiers mois de l’année 2020  le déficit des opérations financières de l’Etat s’est creusé à 185 millions USD (pour toute l’année 2019 il était de 527,4 millions USD).

Le Comité de politique monétaire (CPM) a indiqué que la présente situation pourrait s’aggraver au cours des prochains mois avec les mesures prises par le Gouvernement pour répondre à la crise actuelle et alléger les charges des opérateurs économiques touchés par la crise, comme notamment la suspension de la perception de certains impôts, taxes et redevances, dans un contexte où les dépenses devraient davantage augmenter avec l’urgence sanitaire.

A ce stade, la RDC s’écarte des critères quantitatifs du Programme de référence en cours d’exécution avec le FMI. Ce dernier, considérant la crise sanitaire et ses effets néfastes sur l’économie, est appelé à tenir compte de cette situation pour agir en conséquence.

Un Programme d’urgence multisectoriel d’atténuation des impacts de Covid-19 sur la vie socio-économique en RDC est en phase d’élaboration. L’objectif de ce programme est d’une part, de renforcer et de concrétiser la série des mesures sanitaires, sécuritaires et économiques prises par le chef de l’Etat et, d’autre part, de servir de guide à la relance, une fois que la situation redeviendra normale.S’il s’adosse sur le Programme National Stratégique de Développement (PNSD), ce nouveau Programme d’urgence cible une période de neuf mois pour une série d’interventions du Gouvernement et de ses partenaires pendant la crise de la Covid-19.                                                                                                                                                                           

Les trois axes de ce programme sont:

  • La Riposte à la COVID-19, la surveillance et le renforcement du système de santé;
  • Le Soutien à la stabilité macroéconomique et à la relance de l’économie;
  • L’atténuation des risques et le soutien aux populations.

PIB selon les secteurs

Répartition du PIB par secteurs (derniers chiffres sectoriels disponibles FIN 2019):

Le secteur agricole (20,8% du PIB en 2017) a continué sa très faible croissance. L’agriculture, essentiellement vivrière et très largement constituée de manioc.

Les cultures de rente ont connu une baisse de la valeur ajoutée en 2017 qui s’explique en grande partie par l’impraticabilité des routes de desserte agricole ainsi que par l’annulation de certains contrats d’exploitation forestière, dont la valeur ajoutée est également légèrement en recul.

Le secteur secondaire (44,5% du PIB en 2017) est composé d’industries alimentaires et de boissons, d’industries manufacturières et de bâtiments et travaux publics. Pour rappel, le secteur minier reste l’élément moteur de la croissance de la RDC malgré une certaine volatilité des cours des principaux minerais qui sont exportés. Le Gouvernement doit augmenter le niveau des recettes, dont l’application du nouveau code minier constitue un élément.

Le secteur tertiaire (35,6% du PIB en 2017) se décompose en commerce, transport et télécommunication.

Chômage

La crise sanitaire entraine progressivement une crise non seulement économique mais aussi sociale.

Selon une étude récente de la Fédération des Entreprises Congolaise, les secteurs d’activités fortement touchés par la COVID-19 sont : Le tourisme et agence de voyage, l’HORECA, producteurs et distributeurs des boissons et l’aviation civile.

Le taux de chômage s’aggrave mais il est difficile de l’évaluer puisque l’économie dépend grandement du secteur informel.

Inflation

Fin mai 2020, l’inflation était de 12,71% en rythme annuel.

Exemples: le sac de charbon est passé de de 25.000 à 50.000 CDF. Un sac de riz passe de 32.000 CDF à 39.000 CDF. Dans la province du Haut-Katanga, en raison de la grande dépendance au maïs importé de Zambie, le prix du sac de farine de maïs de 25 kg serait passé de 34.000 francs à 80.000 CDF à Lubumbashi.

Des mouvements de révolte et des émeutes de la faim ne sont pas à exclure à travers le pays.

La crise souligne la très grande dépendance du pays aux importations alimentaires malgré le potentiel agricole considérable du pays. La RDC importe en effet annuellement entre 1,5 et 2 MMUSD de denrées alimentaires.

Taux de change

Depuis la mi-avril, le taux de change du FC/$ est passé de 1730 à 1905 / $, ce qui impacte le pouvoir d’achat et la consommation de la population en raison de la forte dollarisation de l’économie.

Elle contribue au renchérissement des denrées de première nécessité importées (riz, huile, maïs etc…). Cette érosion s’explique par la raréfaction de la devise américaine sur le marché bancaire.

Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo

En 2018, les exportations de la RDC, s’élevaient à un montant de 15.9 milliards USD et les estimations pour 2019 sont de 16 milliards USD, presque exclusivement des produits miniers.

En 2018, les importations de la RDC s’élèvent à un montant de 15.0 milliards USD et sont estimées à un montant de 14.4 milliards USD en 2019.

Fin 2019, selon les derniers chiffres disponibles datant de 2017, les exportations et importations principales de la RDC étaient constitués de :

Principales exportations en 2017 (% du Total)

  • Cobalt: 43,1%
  • Copper: 38,0%
  • Crude petroleum: 5,9%
  • Diamonds: 3,6%

Principales importations en 2017 (% du total)

  • Machines: 20,2%
  • Chemical products: 19,0%
  • Foodstuffs: 9,0%
  • Refined petroleum: 2,6%

Destinations des exportations en 2018 (estimations en  % du total)

  • Chine: 35,5%
  • Afrique du Sud: 20,1%
  • Emirats Arabes Unis: 7,0%
  • Tanzanie: 6,2%

Origines des importations en 2018 (estimations en  % du total)

  • Afrique du Sud: 19,3%
  • Chine: 10,8%
  • Zambie: 7,2%
  • Emirats Arabes Unis: 5,4%

Les restrictions de confinement en Afrique australe entrainent une congestion des ports et de certains postes frontaliers, réduisant pour les miniers la disponibilité en intrants et augmentant la difficulté d’exporter.

Selon les estimations de la Banque Mondiale, les importations de la RDC devraient baisser de 5,3% et les exportations devraient baisser de 7,2% en 2020.

Aide internationale

Le FMI a annoncé le versement d'une aide d'urgence de 363 millions de dollars en appui budgétaire au gouvernement de la RDC en plus d’une remise de dette à la RDC d'un montant de 20,4 millions de dollars.

La BM s’est engagée à aider pour lutter contre le Covid 19 et pour la stabilisation de l’est en faveur des communautés les plus vulnérables, y compris les réfugiés.

D’autres aides viendront de l’Union Européene, des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, dela Suisse et de la Chine.

Climat des affaires

Quant à l’amélioration du climat des affaires, le récent rapport Doing Business 2020  sur la réglementation des affaires classe la  RDC à la 182ème  place sur 190 pays: la RDC a gagné qu’une place grâce à quelques réformes,  à savoir:

  • La réduction de 35 à 30 % du taux de l’Impôt sur les bénéfices et les profits;
  • La réduction du coût de création d’entreprise;
  • La reconnaissance de l’Ordre des Architectes et de l’Ordre des Ingénieurs civils.

Sources:

Bureau WBI/APEFE/AWEX de Lubumbashi

Economist Intelligence Unit (4th quarter 2019), International Financial Statistics, Coface (février 2020), SPF Affaires Etrangères (juillet 2019).

https://francais.doingbusiness.org/fr/data/exploreeconomies/congo-dem-rep#

https://www.investindrc.cd/fr/climat-des-affaires/indicateurs-doing-business

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