Situation politique

Après avoir été reportées de deux ans, les élections présidentielles, législatives et provinciales ont eu lieu le 30 décembre 2018. Félix Tshisekedi, fils de l'opposant défunt Etienne Tshisekedi, est devenu le nouveau chef de l'Etat congolais en janvier 2019, succédant à Joseph Kabila qui dirigeait la République Démocratique du Congo (RDC) depuis 18 ans.

Les élections législatives et provinciales, qui se sont tenues le même jour, ont quant à elles été marquées par la très large victoire du Front Commun pour le Congo (FCC), la coalition dont Joseph Kabila est l’autorité morale.

Les principaux partis politiques en RDC sont:

  • Le Front Commun pour le Congo (FCC), une alliance de partis soutenant Joseph Kabila, comprenant, parmi d’autres partis, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), le parti de Kabila, ainsi que le Parti lumumbiste unifié (Palu);
  • Le CAp pour le CHangement (CACH), une plateforme soutenant Félix Tshisekedi, qui comprend le parti de Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UPDS) ainsi que le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC);
  • Lamuka, une alliance de partis soutenant Martin Fayulu et Moïse Katumbi.

Le pouvoir législatif est composé d’une Assemblée Nationale de 500 députés élus au suffrage universel et d’un Sénat.

l’Assemblée Nationale, 345 sièges sur 500 sont du parti FCC, 48 sièges du parti CACH et 107 sièges du parti LAMUKA;

au Sénat, 80 sièges sur 100 sont au FCC.

Même situation au niveau des gouvernorats provinciaux où 25 gouverneurs sur 26 sont du parti FCC. Le Cap pour le Changement, le CACH, parti de Tshisekedi, occupe les autres sièges.

Le Gouvernement compte 65 membres dont 42 issus du FCC et 23 du CACH.

L’exécutif a été proclamé le 26 août 2019 et est dirigé par le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, âgé de 74 ans, originaire de l’ex-province de Katanga. Le nouveau Premier Ministre a occupé différents postes ministériels. Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC) depuis mars 2014, Sylvestre Llunga Ilunkamba est également docteur en Sciences Economiques Appliquées depuis 1979 et dispense des cours, notamment à l’Université de Kinshasa. Sylvestre Ilunga Ilunkamba est membre du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) de Joseph Kabila.

Ce gouvernement de coalition comprend 83 % d’hommes et 17 % de femmes; 76,9 % des ministres n’ont jamais été membres d’un Gouvernement auparavant, ce qui constitue une innovation importante.

Composition du gouvernement actuel

  • Infrastructure & travaux publiques: Willy Ngopos
  • Intérieur, sécurité & affaires culturelles: Gilbert Kankonde Malaba
  • Justice: Célestin Tunda Yakasende
  • Planification: Élysée Munembwe
  • Agriculture: Jean-Joseph Kasonga Mukuta
  • Budget: Jean-Baudouin Mayo Manbeke
  • Communication & média: David Jolino Diwanpovesa Makelele Ma-muzingi
  • Défense: Aimé Ngoy Mukena
  • Emploi et sécurité social: Néné Nkulu Ilunga
  • Energie (& hydraulique): Austache Mubembe
  • Affaires Externes: Jean-Lucien Bussa Tongba
  • Finances: José Sele Yalaghuli
  • Affaires Etrangères: Marie Tumba Nzeza
  • Santé: Eteni Longondo
  • Hydrocarbures: Rubens Mikindo Muhima
  • Industrie: Julien Paluku
  • Mines: Willy Kitobo Samsoni
  • Ecoles primaires, secondaires et techniques: Willy Bakonga Wilima
  • Service publique: Yolande Ebongo Osongo
  • Relations avec le Parlement: Déogratias Nkusu Kunzi Bikawa
  • Développement rural: Guy Mikulu Pombo
  • Télécommunications & nouvelles technologies: Augustin Kibassa Maliba.

Programme du Président de la République

Le Programme du Président de la République s’articulait, avant la crise du covid-19,  autour de 4 axes stratégiques et de 20 objectifs:

Secteur 1: La bonne gouvernance

1.  Pacifier le pays;

2.  Promouvoir la réconciliation nationale;

3.  Consolider la démocratie;

4.  Restaurer l’Etat de droit et son autorité;

5.  Réhabiliter et redorer l’image de la diplomatie;

6.  Lutter contre la corruption et les crimes économiques;

7.  Consolider la stabilité macroéconomique, assainir les finances publiques et réformer le système financier.

Secteur 2: L’homme

8.  Faire de l’éducation la clé du changement et le principal ascenseur social;

9.  Mettre en place la «couverture santé universelle»;

10. Promouvoir l’emploi et la formation professionnelle continue;

11. Autonomiser la femme et promouvoir la jeunesse.

Secteur 3: La croissance économique durable

12. Améliorer le climat des affaires et promouvoir l’entreprenariat;

13. Lutter contre le changement climatique;

14. Relever le défi de l’accès à l’électricité et à l’eau;

15. Aménager le territoire, développer et moderniser les infrastructures;

16. Développer l’agriculture et l’agro-industrie;

17. Diversifier l’économie et développer le commerce, l’industrie ainsi que les PME/PMI;

18. Rendre le secteur des mines et des hydrocarbures attractifs et performants;

19. Développer le tourisme, la culture et les arts.

Secteur 4: La société solidaire

20. Combattre la pauvreté, l’exclusion et la vulnérabilité.

Les prochaines élections présidentielles et législatives sont programmées en 2023.
 
La RDC connait une lutte qui se joue entre le Front  Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et la coalition Cap pour le changement (Cach) de Félix Tshisekedi. Voici quelques actualités qui illustrent ce conflit, reprises de la revue Jeune Afrique:

  • Vital Karmehe, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, accusé de corruption et d’avoir détourné près de 50 millions de dollars de deniers publics dans  le cadre de la gestion du Programme des cent jours, a été condamné à 20 ans de prison et à dix ans d’inéligibilité;
  • Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale avait déposé une proposition de loi visant à permettre au ministre de la justice de contrôler les magistrats du parquet et de dribbler du même coup le Conseil supérieur de la magistrature. La proposition de loi avait déclenché un tollé le 24 juin 2020;
  • Les avocats de l’ancien candidat à la présidentielle Jean-Marie Michel Mokoko affirment que les présidents congolais Félix Tshisekedi et angolais Joao Lourenço auraient personnellement plaidé en faveur de son évacuation sanitaire;
  • Nommés à la Cour de cassation, deux juges siégeant jusque-là à la Cour constitutionnelle refusent de fait de reconnaître leur changement d’affectation en ne prêtant pas serment le 4 aout 2020 au Palais de la Nation.
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