Quelques secteurs à suivre sur le marché italien en cette période de « post-Covid ».

Informations mises à jour par le bureau de l'AWEX à Milan - le 28 mai 2020

1. La crise Covid-19 pourrait-elle devenir synonyme d’une prise de conscience de l’environnement ?

En Italie, depuis le début du lockdown, la pollution s’est drastiquement réduite. Ce phénomème est d’autant plus palpable dans le nord du pays où la concentration industrielle est plus importante et où la population est plus dense. Production industrielle à l’arrêt et moteurs éteints ont eu un impact positif sur la qualité de l’air. En effet, par rapport à l’année dernière, on a pu constater une diminution de 5 à 7% des émissions polluantes dans l’atmosphère. Certes, cette constatation doit  être remise dans son contexte mais ce changement a amené les scientifiques et les dirigeants de certaines entreprises à se poser quelques questions quant à la possibilité d’aller vers une économie plus verte, plus circulaire.

Plus de 100 grandes entreprises et d'ONG italiennes ont signé un manifeste « Sortir de la pandémie avec un pacte vert pour l'Italie » et demandent l'introduction systématique des principes de l'économie circulaire dans les plans de relance européen et italien. Le manifeste souligne l’importance d’un changement dans la croissance économique, qui doit désormais se baser sur le développement durable. Ainsi, la priorité doit être accordée à la décarbonation et à l’économie circulaire (production, distribution, consommation) à travers le développement des énergies renouvelables, le recyclage des déchets, la régénération urbaine, la mobilité zéro émission et l’innovation numérique. Parmi les signataires, figurent les représentants des grands groupes énergétiques (ENEL, ACEA, HERA, etc.), du BTP, de la chimie et de la pharmaceutique (Chiesi, Novamont, etc.), de l’agroalimentaire (Illy, Coldiretti, Mutti, San Benedetto, etc.), de la manufacture (Philips, Arvedi, etc.), des transports etc.

2. Plus de maintenance suite aux nombreux drames qui ont touché le pays.

Les statuts et le règlement de la nouvelle agence nationale pour la sécurité des infrastructures ferroviaires, routières et autoroutières (ANSFISA) ont finalement été publiés au Journal Officiel en avril 2020. Ceci signe le début d’un véritable plan de maintenance sur toutes les infrastructures italiennes qui, au cours de ces dernières années (pour ne pas dire mois), ont montré quelques faiblesses. Entre glissements de terrain et effondrements de ponts, les citoyens italiens ont revendiqué leurs droits à la sécurité.

3. Les chantiers de construction repartent.

En suivant le protocole sectoriel élaboré le 24 avril, les entreprises de travaux ont pu redémarrer leurs nombreux chantiers qualifiés de stratégiques, relatifs aux risques hydrologiques, aux bâtiments scolaires, publics et pénitentiaires. Et, depuis le 4 mai, tous les chantiers ont pu reprendre leur cours.

Le secteur du bâtiment, grâce au superbonus mis en place par le gouverment, devrait en principe connaître une reprise significative. Le superbonus concerne tous les travaux de type énergétique et anti-sismique. Il s’agit un crédit d’impôt de 110% qui, en outre, peut être cédé à l’entreprise ou à la banque. La gamme de produits est extrêmement vaste car cela va du panneau photovoltaïque à la borne de recharge pour véhicules électriques en passant par les études géologiques.

4. Comme dans la plupart des pays touchés par le Covid-19, l’un des rares secteurs n’ayant pas particulièrement subi les retombées négatives de la crise est l’agroalimentaire

Avec le passage en modalité smart working et la fermeture des restaurants, bars, etc, les habitudes alimentaires des personnes ont complètement changé. Les ventes au détail (supermarchés et magasins de proximité) ont littéralement explosé. Certaines entreprises ont dû doubler leur production pour faire face à la demande des consommateurs.

A côté de cela, l’horeca est dans une situation désespérée. Les mesures de sécurité ont inévitablement eu des conséquences désastreuses pour de nombreux établissements. Ceci ayant, bien entendu, des retombées négatives sur le commerce de produits destinés à l’horeca. Il faudra encore être patient et attendre quelques mois avant une éventuelle reprise du secteur.

5. La numérisation des entreprises a pris toute son importance durant cette crise sanitaire.

Passées dans l’urgence au télétravail, les entreprises ont compris, à cause du coronavirus, que ne pas avoir de protocole de cybersécurité adéquat pouvait être mortel. Cette crue vérité a particulièrement touché les entreprises en retard dans la numérisation qui ont dû apprendre à fonctionner à distance. Des milliards de personnes travaillent désormais à domicile et s'adaptent aux lieux de travail virtuels grâce aux services de téléconférence tels que Zoom, Microsoft Teams, etc. Cela a également conduit à un niveau inquiétant de dépendance à l'égard de connexions internet stables et sécurisées.

En outre, cela signifie que l'infrastructure numérique actuelle doit rester fonctionnelle, résistante et impénétrable, non seulement pour résister à une utilisation et une charge de données excessives mais aussi contrer les cyberattaques.

Malheureusement, en Italie, la plupart des entreprises n'ont pas les compétences pour gérer cela en interne, et c'est là que les entreprises de cybersécurité peuvent intervenir.

6. Le fabuleux monde des app.

Durant cette période quelque peu particulière, de nouvelles applications ont vu le jour et ce, dans les domaines les plus variés, de l’e-commerce classique en passant par les sports les plus farfelus. Cette recrudescence d’utilisation d’applications est la preuve que petit à petit, toute la population commence à être en mesure de les utiliser, des plus jeunes (pas surprenant) aux plus âgés.

La dernière en date, objet de polémiques, est l’app pour la traçabilité Covid-19. Il est vivement conseillé à tous les citoyens de s’enregistrer de manière à comprendre la (re)diffusion du virus et à retracer un éventuel patient zéro. Le problème reste, bien entendu, la protection des données des personnes…

Quoi qu’il en soit, il est plus que probable que cette tendance à utiliser des app dans le secteur de la santé et du bien-être se développe.

 

Sources : ANSA, ISPRA, Sostenibile-lettre d’actualités en Italie.

 

 

 

 

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