Croissance économique
 

Le Salvador est une petite économie dollarisée qui dépend des États-Unis pour les investissements, le commerce et les envois de fonds des travailleurs salvadoriens (remesas), ce qui rend le pays vulnérable aux chocs extérieurs. Des finances publiques non viables et un ratio dette publique/PIB en rapide croissance constituent des risques majeurs pour l'économie. Suite des élections législatives en février 2021, Nuevas Ideas (NI), le parti dirigé par le président, Nayib Bukele, dispose d'une majorité des deux tiers à l'Assemblée législative. Compte tenu de la mauvaise dynamique budgétaire du pays, l'administration Bukele cherche à obtenir un accord de 1,3 milliard de dollars US avec le FMI au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). L'économie devrait se redresser progressivement en 2021, mais le PIB ne retrouvera pas son niveau d'avant la pandémie avant 2023. Les retards dans le déploiement de la vaccination contre le coronavirus constituent le principal obstacle à la croissance économique. La pandémie a exacerbé la faible dynamique budgétaire et de la dette. Le ratio dette publique/PIB devrait dépasser le seuil de 100 % en 2024. En pourcentage du PIB, les envois de fonds (remesas) sont parmi les plus élevés au monde, juste derrière Haïti en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les envois de fonds soutiennent la consommation privée et contribuent à financer les déséquilibres extérieurs.

Le gouvernement continuera à mener des politiques macroéconomiques globalement orthodoxes et à maintenir une approche favorable aux entreprises, même si la politique économique en 2021-2022 sera dominée par la gestion de la pandémie de coronavirus et ses effets modérateurs sur l'activité économique, ainsi que par la nécessité de financer le manque à gagner, les programmes d'aide aux chômeurs et les programmes de continuité des activités. Le Salvador a constitué un fonds de 2 milliards de dollars (environ 8 % du PIB de 2019) pour financer sa réponse à la pandémie. Le pays aura accès à 1,3 million de vaccins contre le coronavirus grâce au dispositif COVAX parrainé par l'OMS. Le gouvernement a également accepté d'acheter 2 millions de doses du vaccin Astra Zeneca et s'est assuré 2,15 millions de doses de vaccins Sinovac. Ces vaccins achetés suffisent à couvrir 46% de la population adulte du pays. Au-delà de la crise immédiate, le président cherchera à diversifier l'économie et à améliorer la productivité, notamment par la numérisation accrue des services publics. Des projets d'infrastructure d'une valeur de 1,5 à 2,5 milliards de dollars, allant du quadruplement de la capacité du port d'Acajutla à la construction d'un réseau de métro souterrain dans la capitale, San Salvador, sont également sur le métier. Compte tenu des faibles niveaux de liquidités et de la dette publique élevée du pays, M. Bukele s'appuiera sur le secteur privé pour réaliser ses plans de développement économique.

Après la forte récession de 2020, où le PIB s'est contracté de 7,9 % en glissement annuel,  les analystes pensent que l'économie du Salvador ne se redressera que progressivement entre 2021 et 2025. Les risques à la baisse pour les perspectives à court terme proviennent principalement de la recrudescence potentielle des infections de coronavirus ainsi qu’aux retards dans le calendrier gouvernemental de vaccination contre le Covid-19 . Selon les prévisions, grâce à la consommation privée, l'économie ne devrait progresser que de 4 % en 2021. Le PIB devrait atteindre son niveau de 2019 en 2023. Malgré une éventuelle réouverture de l'économie, la combinaison des contraintes budgétaires, de la faible dynamique du travail et de la croissance modérée du crédit limitera la reprise.

Les envois de fonds des travailleurs salvadoriens reprendront en 2021 en raison d'un rebond économique aux États-Unis et de la prolongation du TPS jusqu'en octobre 2021. Ces facteurs apporteront un soutien important aux ménages et à l'économie en général. La croissance des envois de fonds devrait ralentir après 2021, mais ils devraient tout de même soutenir une expansion modérée de la consommation privée dans un contexte de faible inflation et de hausse des salaires. Cela dit, l'administration Biden est susceptible d'adopter une position plus accommodante concernant le TPS. D’éventuelles nouvelles extensions du TPS pourraient faire repartir à la hausse les prévisions. L'investissement se redressera en 2021-2025, sous l'effet de l'amélioration du climat des affaires sous le gouvernement Bukele et d'une augmentation des flux commerciaux à travers les pays du Triangle du Nord (El Salvador, Guatemala et Honduras). Cependant, les investissements publics resteront limités à moyen terme, en raison des contraintes budgétaires.

Du côté de l'offre, l'industrie manufacturière - dominée par les maquiladoras (usines d’assemblage pour la réexportation) - se redressera, mais elle devra faire face à une hausse des coûts des intrants entre 2021-2025. La production agricole restera faible à moyen terme, en raison de gains de productivité limités et de la vulnérabilité liées aux conditions climatiques défavorables. La concurrence avec les autres économies d'Amérique centrale qui produisent des biens similaires (comme les vêtements) sera forte. Les faibles coûts de la main-d'œuvre - principal avantage concurrentiel du Salvador - sont contrebalancés par sa capacité de production limitée.

Source : El Salvador Country Report 2nd Quarter 2021 -  www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 202

 

 

Echanges commerciaux avec la Wallonie (2020)

Exportations de la Wallonie vers le Salvador
Le SALVADOR occupe le 111ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie et le 17ième client de notre région parmi les pays des Amériques. En 2020, nos exportations se sont élevées à 4,18 millions EUR, soit 0,01% du total wallon exporté. Celles de la Belgique à 13,63 millions EUR.

Secteurs des exportations
Produits des industries chimiques et pharmaceutiques : 53,1%
Machines + équipements mécaniques, électriques et électroniques : 44,3%
Variations de l’export depuis 2017

Variations des exportations (%)

Wallonie

Belgique

2017/2016 

+157,4

+40,1

2018/2017 

-6,8

-9,7

2019/2018 

+156,4

+17,5

2020/2019

-47,9

-20,6

Importations de la Wallonie depuis le Salvador
Le Salvador se situe au 111ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie et le 18ième rang parmi les pays des Amériques. 
En 2020, nos importations se sont élevées à 0,04 million EUR, soit moins de 0,01 % du total wallon importé ; celles de la Belgique à 10,07 millions EUR.

Secteurs des importations
Produits du règne végétal  :86,1%
Matières textiles et ouvrages en ces matières : 11,0%
Variations de l’import depuis 2017

Variations des importations (%)

Wallonie

Belgique

2017/2016 

-44,8

+18,2

2018/2017 

+53,6

+41,4

2019/2018 

-75,3

-44,0

2020/2019

-68,5

+194,5

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (+4,14 millions EUR).

Accord UE-Amérique centrale 

L’Union européenne et  six pays membres du marché commun centraméricain SICA  (Costa Rica, El Salvador, Honduras, Nicaragua, Guatemala, Panama) ont signé en juin 2012 un Accord d’Association comportant trois piliers : le dialogue politique, la coopération et le commerce. Cet accord est en vigueur depuis octobre 2013, quoique  provisoirement dans l’attente d’une ratification définitive par l’ensemble des partenaires. Dans son volet commercial, il prévoit la suppression des droits de douanes, le démantèlement des barrières non tarifaires et des mesures facilitant le règlement des litiges. 

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