Les énergies renouvelables, des opportunités grandissantes

Si les pays d’Amérique centrale et des Caraïbes souffrent de pénuries de combustibles fossiles, ils possèdent toutefois une multitude de sources d’énergies renouvelables attractives. Afin de répondre à ses besoins énergétiques, une grande partie de la région exploite déjà son impressionnante capacité en énergies hydraulique et géothermique. On remarque actuellement dans la région une envie de développer d’autres formes d’énergies renouvelables, en particulier les énergies solaire et éolienne, ainsi que la bioénergie, qui sont toujours inexploitées.

Étant donné que de nombreux pays de la région (excepté Trinité et Tobago) dépendent de l’importation de combustibles fossiles liquides pour le fonctionnement de leurs installations de production d’énergie thermique, la chute des prix des technologies renouvelables fait de ce type de projets une option concurrentielle en matière de coûts, en particulier dans les marchés qui font aujourd’hui face à des prix élevés.

Conscients de cette opportunité et des défis y afférents, de plus en plus de pays introduisent actuellement une nouvelle réglementation pour attirer des investissements étrangers.  Certains ont établi la déréglementation du marché de l’électricité pour promouvoir les investissements privés et d’autres ont adopté des mesures soutenues par le gouvernement. Cependant, au vu de l’inquiétude actuelle concernant la sécurité des ressources énergétiques, de la pression sociale et environnementale, des prix élevés de l’électricité et de l’augmentation de la demande énergétique, il est évident que les énergies renouvelables vont se retrouver au cœur des programmes politiques dans la région.

Le Salvador est un bel exemple de l’attention actuelle portée au développement des énergies renouvelables. Début 2017, le pays a organisé un appel d’offres de projets énergétiques pour mettre en place de nouvelles capacités de production en énergies solaire et éolienne pour un total de 170 MW dans un délai de 20 ans. À noter que la demande la plus élevée du pays avoisine actuellement les 1 990 MW.

Roberto González, Directeur général du distributeur électrique DELSUR a déclaré que, selon des estimations, le processus d’appel d’offres attirera quelque 340 millions USD d’investissements. Des contrats de fourniture devraient être signés le 27 mars et les premières livraisons devraient avoir lieu en avril 2019 pour le photovoltaïque et en avril 2020 pour l’éolien. On espère une participation des projets photovoltaïques jusqu’à 40 MW. Les entreprises gagnantes doivent consacrer 3 % de leur chiffre d’affaires à des investissements dans des projets de développement local.

L’annonce de l’appel d’offres coïncide avec l’approbation législative d’une série de réformes fiscales pour encourager la production d’énergies renouvelables. Ce projet-loi a été présenté au Parlement en septembre dernier, dans l’objectif d’améliorer le climat d’investissements du pays, en particulier du point de vue des énergies renouvelables ; il inclut notamment la suppression d’un plafond de 20 MW. Ce dernier appel d’offres suit un programme similaire à celui de 2014 pour quatre contrats de 94,4 MW de production photovoltaïque qui devraient être attribués durant le premier semestre de 2017.

Les prix de l’appel d’offres se situent entre 102 USD et 123 USD par MWh, et on espère une production d’environ 164 GWh par an. Le projet, estimé à 151 USD, sera pris en charge par l’entreprise française Neoen, S.A.S.

« Ceci témoigne du climat de confiance qui règne au Salvador en ce qui concerne les investissements », a déclaré le Président Sánchez Cerén lorsqu’il a commenté les nouvelles réformes qui devraient stimuler les investissements dans les projets d’énergies hydraulique, géothermique, éolienne, solaire, marine, biogaz et biomasse.

En novembre dernier, la Commission exécutive hydraulique du fleuve Lempa (CEL) s’est chargée du développement de la centrale hydraulique « 5 de Noviembre » sur le fleuve Lempa, pour un total de 188 millions USD.

En novembre 2016, le Gabinete de Sostenibilidad y Vulnerabilidad du Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles a informé que, outre le développement de la centrale, de projets de production d’énergies renouvelables seront entrepris, dont 66 MW d’hydraulique, 14 MW de solaire et 44 MW d’éolienne.

Le Système d’interconnexion électrique des pays d’Amérique centrale (SIEPAC) représente un élément clé de l’attrait pour les énergies renouvelables en Amérique centrale. Cette ligne de transmission transfrontalière et ce marché électrique ont une capacité de 300 MW et couvrent quelque 1 800 km dans 6 pays, depuis le sud du Panama jusqu’au nord du Guatemala.

Selon des estimations, la construction de la phase actuelle du SIEPAC a coûté 494 millions USD. On espère qu’une seconde ligne de transmission (qui nécessitera 157 millions USD d’investissements) doublera la capacité du système pour atteindre 600 MW. Pareillement, d’autres projets entre le Mexique et le Guatemala, la Colombie et le Panama ont soit déjà été établis, soit été rejetés. En septembre dernier ont débuté les négociations pour évaluer les propositions visant l’intégration du marché électrique mexicain au SIEPAC.

La Banque interaméricaine de développement (BID), qui faisait partie des participants en juin 2016, a annoncé son intention de financer le projet Providencia Solar, la première centrale solaire à grande échelle du pays.

Source : RECAM, Clean Energy Central America & Caribbean, Panama, 7-9 March 2017, « Central America and the Carribean : a growing renewables opportunity », traduction libre AWEX

 

 

 

 

 

 

 

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