Conjoncture économique

Le président, Andrés Manuel López Obrador du « Movimiento Regeneración Nacional » (Morena), parti de gauche et son gouvernement se préoccuperont de la réponse à la pandémie plutôt que de s'attaquer aux lacunes structurelles. Jusqu'à présent, le soutien du gouvernement a été destiné aux populations précarisées du Mexique. Le président s'est engagé à améliorer leurs conditions de vie. Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, il a mis en œuvre une augmentation cumulée de 39 % du salaire minimum, à 123,2 pesos (5,45 dollars US) par jour et d'autres augmentations devraient être mises en oeuvre à moyen terme.

Il est peu probable que des améliorations de l'environnement des entreprises soient décidées dans le contexte économique actuel. Au contraire, les inquiétudes concernant la position du gouvernement sur les droits contractuels, l'État de droit, l'élaboration de la politique économique et l'environnement des entreprises persistent. M. López Obrador a pris un certain nombre de décisions politiques qui ont sapé les réformes structurelles et les investissements du secteur privé décidés avant son arrivée au pouvoir. Il privilégie les consultations publiques (sous la forme de référendums). Ceux-ci ont été organisés pour annuler un certain nombre de projets d'investissements de plusieurs milliards USD. La santé financière de Pemex (la compagnie pétrolière nationale) pèse également sur les perspectives. La dette de la société a été déclassée en "junk" par Moody's en avril  2020 (après un déclassement par Fitch en juin 2019). Néanmoins, le président continue à essayer d'utiliser Pemex comme moteur du développement du pays. Même en supposant que Morena soit capable de conserver sa supermajorité lors des élections de mi-mandat de 2021, les risques persistent que le président cherche à contourner le Congrès en soumettant certains points de l'ordre du jour à des consultations publiques. Selon les prévisions, l'administration actuelle ne devrait pas faire de progrès significatifs pour relever les défis à long terme, à savoir les mauvais résultats du système éducatif, les faibles niveaux de pénétration bancaire, la faible concurrence dans certains secteurs nationaux et les niveaux élevés d'emploi informel.

La reprise économique après la pandémie sera faible selon les normes régionales. La croissance du PIB devrait tourner autour des 3,5 % en 2021, après une contraction estimée à 8,9 % en 2020. Plusieurs particularités pèsent sur les perspectives de croissance du Mexique. Premièrement, l'absence de mesures de soutien budgétaire solides pour les consommateurs et les entreprises en 2020-2021 entraînera des pertes de revenus permanentes. Dans ce contexte, l'activité des entreprises aura du mal à revenir aux niveaux d'avant la crise, ce qui aura des répercussions sur la consommation privée dans un contexte de faible croissance de l'emploi. En outre, la position erratique du gouvernement en matière d'investissement privé continuera de peser sur la confiance des investisseurs. Cela freinera toute reprise des investissements, qui étaient déjà en baisse avant la crise Covid-19. Dans l'ensemble, le PIB devrait revenir au niveau de 2018 à partir de 2024.

La croissance du PIB  s’élèvera en moyenne à 2,2 % par an entre 2022 et 2025. Les projections à moyen terme supposent que les réformes structurelles mises en œuvre par les gouvernements précédents n'atteindront pas leur plein potentiel, en raison des carences institutionnelles et de l'attitude du président envers les investisseurs. La faiblesse des investissements publics et les niveaux élevés de pauvreté freineront également la croissance. Du côté de l'offre, l'industrie manufacturière axée sur l'exportation se développera au fur et à mesure que la reprise économique aux États-Unis - soutenue par une nouvelle relance budgétaire en 2021 - se maintiendra ; les perspectives à plus long terme de l'industrie manufacturière restent bonnes, compte tenu des bas salaires, d'une main-d'œuvre relativement qualifiée et d'une profonde intégration dans les chaînes de valeur américaines. Le secteur de l'énergie bénéficiera de la hausse des prix du pétrole, mais restera confronté aux difficultés liées à la faiblesse des investissements dans un contexte d'incertitude chez les investisseurs privés. Le tourisme enregistrera de bons résultats une fois que le Covid-19 sera contenu. Les autres sous-secteurs des services seront atones, en raison de la faiblesse de la concurrence et de la réglementation.

 

Mise à jour du 8 janvier 2021 (ala)

Source : Country Report January 2021 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2021

L'Union européenne conclut un accord de libre-échange avec le Mexique

Le 28 avril 2020, l'Union européenne et le Mexique ont finalisé les négociations d’un nouvel accord commercial. Celui-ci remplacera celui conclu en 2000. Parmi les avancées majeures, on notera l’élimination des droits de douane élevés imposés par le Mexique sur les produits alimentaires et les boissons en provenance de l’UE et la possibilité de vendre davantage de services au Mexique. L’accord contient également des dispositions relatives à la suppression de barrières non tarifaires, la protection de la propriété intellectuelle, la baisse de droits de douane sur d’autres produits,  la protection des indications géographiques, les investissements, l’environnement, le droit du travail et l’accès aux marchés publics. L’accord n’entrera en vigueur qu’après l'achèvement des procédures de ratification respectives par les deux partenaires commerciaux, à savoir en ce qui concerne l’EU :  la vérification juridique du texte, sa traduction et son approbation par les Etats membres et le Parlement européen.

Le bureau de l’AWEX Mexico a rédigé un rapport sur cet accord et les perspectives qu’il représente  pour les entreprises wallonnes. Vous pouvez le consulter en cliquant sur ce lien.

 

En savoir plus

Le nouvel ALENA : USMCA

L’Accord États-Unis-Mexique-Canada » (USMCA) a été conclu dans son principe le 1er octobre 2018 pour se substituer à l’ancien Accord de libre-échange nord-américain  (ALENA) signé en 1994 qui venait à échéance. Après de longs mois de tergiversations et négociations, le Président Trump a finalement signé, le 29 janvier 2020, le nouveau traité qui le lie à ses deux voisins canadien et mexicain. Le Traité est officiellement entré en vigueur le 1er juillet 2020.

Cet accord de libre-échange élargira la portée de l'ALENA. Une grande partie du nouvel accord est axée sur l'approfondissement de l'intégration fondée sur des règles et la modernisation sur le modèle du Partenariat Transpacifique et d'autres accords commerciaux conclus par les États-Unis. Plutôt que d'étendre l'accès au marché pour le commerce des marchandises - l'Amérique du Nord étant déjà presque entièrement exempte de droits de douane - l'accord met  l'accent sur l'accès réglementaire aux marchés, l'environnement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, le règlement des différends, le commerce des services et d'autres domaines qui n'étaient pas inclus dans l'accord de 1994, comme par exemple le commerce électronique. Les dispositions relatives à la main-d'œuvre seront révisées, le Mexique acceptant d'adopter des lois visant à élargir la représentation syndicale et d'étendre la protection des femmes et des travailleurs migrants. Les réglementations  environnementales seront également harmonisées, avec des exigences plus strictes. en particulier au Mexique. Par exemple, l'accord contient des dispositions interdisant d'encourager l'investissement ou le commerce en affaiblissant la protection de l'environnement. Dans l'ensemble, l'amélioration de la cohésion réglementaire profitera probablement aux flux commerciaux au cours des prochaines années 

Le secteur automobile
Dans l'immédiat, le nouvel accord de l'USMCA n'apporte que peu de changements, car les constructeurs automobiles conserveront leur accès au marché nord-américain. De plus, l'accord contient une clause exemptant les entreprises mexicaines et canadiennes des droits de douane (de défense nationale) proposés sur toutes les importations d'automobiles américaines, si elles sont mises en œuvre par les États-Unis.

Des défis plus importants sont encore à venir avec l'introduction progressive des nouvelles règles d'origine, le contenu nord-américain requis d'un véhicule passant de 62,5 % à 75,0 %.De plus, 40,0% des véhicules vendus dans la région doivent provenir d'un marché dont les salaires sont de 16 USD/heure ou plus. Il s'agit d'un effort direct de la part des négociateurs américains pour encourager le mouvement de la production vers les États-Unis ou le Canada à partir du Mexique où les salaires sont plus bas. Ces deux aspects des nouvelles règles entraîneront une augmentation des coûts globaux pour les constructeurs automobiles du bloc commercial, car ils seront contraints d'utiliser des composants d'origine régionale plutôt que des intrants plus compétitifs en provenance d'Asie. Ceux qui ont des activités de production au Mexique devront également augmenter considérablement leur masse salariale pour maintenir un accès en franchise de droits au marché américain. 
Les nouvelles règles d'origine pourraient accélérer l'adoption de l'automatisation dans les usines de production mexicaines plutôt que de créer de nouveaux emplois. C'est déjà l'un des moteurs de la réduction du nombre d'emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis et nous pourrions voir le Mexique commencer à suivre la même tendance en raison de son développement en tant que base industrielle majeure. 

L’agro-industrie
La structure actuelle des échanges agricoles restera en grande partie intacte, étant donné le caractère relativement mineur des changements inclus dans l'accord. La signature de cet accord éliminera en grande partie des risques à la baisse pour la production agricole à long terme de la région, qui est fortement dépendante des flux commerciaux transfrontaliers. Le Canada et le Mexique sont les premier et troisième marchés en importance pour les exportations agro-industrielles américaines et les deux pays représentent ensemble 26,4 % (32,0 milliards USD) du total des exportations des États-Unis en 2017. Le nouveau pacte maintiendra les droits de douane nuls de l'ALENA sur tous les produits alimentaires et agricoles. Cela éliminera le risque d'inflation des prix des denrées alimentaires au Mexique, premier importateur de céréales et de produits laitiers des États-Unis et acheteur important de coton et de viande des États-Unis.
L'USMCA n'apporte aucune solution aux droits de douane récemment imposés, qui posent des risques continus à la baisse pour la production agricole américaine. En attendant la suppression des droits de douane américains sur les importations d'aluminium et d'acier imposés en juin 2018, le Canada maintient les droits de douane sur les produits de bœuf préparés des États-Unis (la viande représente 13,6 % des exportations agricoles des Etats-Unis contre 3,7 % pour les produits laitiers) et le Mexique maintient les droits sur le fromage et le porc américains. Le Mexique est le deuxième importateur de viande de porc américaine, avec 1,2 milliard USD d'exportations américaines en 2017, et le premier importateur de fromage américain, qui représente 391 millions USD d'exportations américaines. 

Le secteur de l’énergie
Les clauses de règlement des différends favorisent le commerce et l'investissement dans le secteur de l'énergie. Bien que le commerce des biens énergétiques ne soit pas explicitement inclus dans l'USMCA, le soutien à l'arbitrage entre Investisseur et État dans le secteur soutiendra dans le futur les flux d'investissements étrangers. En effet, les dispositions du chapitre 11 de l'ALÉNA relatives au règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) demeureront en grande partie inchangées pour les projets pétroliers, gaziers et de production d'électricité, ainsi que pour les investissements dans les transports et les télécommunications. Ces industries seront exemptées d'un certain nombre de nouvelles restrictions applicables à la protection des investissements entre les États-Unis et le Mexique en vertu de l’USMCA. Cela comprend une exigence plus stricte en matière de recours internes, en vertu de laquelle les requérants doivent d'abord s'adresser aux tribunaux nationaux du défendeur et attendre un jugement définitif avant de déclencher une procédure ISDS. 
Cela élimine un risque important pour les investissements énergétiques entre les États-Unis et le Mexique. Bien que le processus de libéralisation soit bien engagé, les investisseurs américains ont fait valoir que les longs délais d'exécution des projets nécessitent des protections qui offrent une sécurité dans les périodes de transition politique.

Août 2020.

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie 

Exportations de la Wallonie à destination du Mexique (2019)

Le Mexique occupe le 41ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie.  
Si nous prenons en compte uniquement les clients de la Wallonie sur le continent américain, le Mexique se trouve en 5ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Canada (2ième), le Brésil (3ième), la Colombie (4ième) et devançant l’Argentine (6ième), le Chili (7ième), le Pérou (8ième), l’Equateur (9ième) et le Panama (10ième).  
Son poids dans le total mondial des exportations wallonnes s’élève à 0,18 %.  
En 2019, les exportations wallonnes à destination du Mexique se sont élevées à 90,12 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 32, 9% par rapport à 2018.

 

Secteurs des exportations wallonnes vers le Mexique

Variation
2015/2014 : +23,9%
2016/2015 : +49,9%
2017/2016: -4,1%
2018/2017: -10,0%
2019/2018 : -32,9%

 

Importations de la Wallonie depuis le Mexique (2019)
Le Mexique se situe au 20ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie.
Si nous prenons en compte uniquement les fournisseurs de la Wallonie sur le continent américain, le Mexique se trouve en 2ième position derrière les Etats-Unis (1er) et devançant le Canada (3ième), le Brésil (4ième), le Venezuela (5ième), le Honduras (6ième), l’Equateur (7ième), le Nicaragua (8ième), l’Argentine (9ième) et le Chili (10ième).

Son poids dans le total mondial des importations wallonnes représente 0,48%.   En 2019, les importations wallonnes en provenance du Mexique se sont élevées à 183,76 millions d’euros, ce qui représente une hausse de 30,5% par rapport à l’année 2018.

Secteurs des importations wallonnes depuis le Mexique :

 

Variation
2015/2014 : +35,2%
2016/2015 : +0,3%
2017/2016 : -55,5%
2018/2017 : -8,7%
2019/2018 : +30,50

La balance commerciale est défavorable pour la Wallonie (-93,64 millions d’euros).

 

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