Agroalimentaire

Bénéficiant de conditions géographiques et climatiques favorables qui lui permettent de produire en continu tout au long de l’année et grâce à de faibles coûts de production dans le secteur primaire, le Mexique dispose d’importants atouts pour se positionner au niveau international comme une puissance agricole.
12ème producteur mondial d’aliments, le Mexique figure parmi les principaux producteurs et exportateurs d’avocats, tomates, mangues, chilis, citrons verts, café, canne à sucre, maïs, viande de volaille et viande bovine. Selon l’INEGI (Institut National de Statistique et Géographie), le secteur de l’alimentation, des boissons et du tabac représentait 3,5% du PIB national pour l’année 2017. Le secteur connaît une croissance régulière (+4,3% en 2017), notamment grâce à différentes politiques publiques de soutien à la compétitivité et à la productivité du secteur primaire, qui visent à positionner le Mexique comme un acteur clef du secteur agricole à l’export. En 2017, le Mexique a exporté plus de 32 Mds USD de produits agroalimentaires[1]. Avec 79% des ventes, les Etats-Unis sont de loin le principal partenaire commercial agroalimentaire du Mexique.
Néanmoins, la production mexicaine reste peu diversifiée : 6 produits (maïs blanc, sorgho, haricots, café, canne à sucre et blé) représentent plus de 75% du volume total de la production agricole mexicaine, et occupent 58% des terres agricoles du pays. La production agricole mexicaine s’étend sur plus de 136 M d’hectares. La répartition géographique est cependant très inégale : la majorité des grandes exploitations privées à hauts rendements se trouve concentrée sur le nord-ouest et le centre-ouest du pays. La partie centre-est et le sud sont en revanche essentiellement composés d’ejidos, dont la productivité s’apparente davantage à celle d’une agriculture de subsistance.[2].
Avec un âge médian de moins de 30 ans et seulement 6,6 % de la population âgée de plus de 65 ans, la population mexicaine est l’une des plus jeunes des pays de l’OCDE. En raison du manque de temps à consacrer à la préparation des repas et vu l’accroissement de revenus disponibles, l’achat de plats préparés et de produits dans les stands de cuisine de rue, les « nightshops » et les établissements de restauration rapide est devenu assez courant, autant pour les repas que pour les collations durant la journée. A ce sujet, les Mexicains comptent parmi les populations mondiales les plus touchées par l’obésité. L’incidence des maladies liées au surpoids, en particulier le diabète, est en hausse. Aussi, la préoccupation croissante de la population pour la santé et le mieux-être génère de nouveaux débouchés pour les produits des exportateurs répondant à ces besoins.[3].
Ainsi et depuis quelques années, le pays se tourne encore plus fortement vers l’agriculture biologique avec une croissance annuelle de 20 à 30 % de la production d’aliments bio, alors que les ventes de produits bio n’augmentent « que » de 10 % par an en Europe. Ce type d’agriculture est un marché en plein essor, avec un potentiel de croissance très important[4].
Avec une consommation de 214 kilos par habitant, le Mexique est l’un des marchés les plus importants pour les aliments transformés. Parmi ceux-ci, on retrouve comme catégories principales les boissons sucrées, les snacks et collations, les céréales et les sucreries.
Avec 110 millions d´hectolitres de bière produits en 2017, le Mexique est classé premier exportateur et quatrième producteur de bière au niveau mondial. Bien que traditionnellement dominé par les grandes brasseries Cuauhtémoc-Heineken et le Groupe Modelo (propriété du groupe AB InBev), le secteur des brasseries artisanales est en forte croissance depuis 2011, avec plus de 166 000 hectolitres de bière artisanale vendus en 2017. L’évolution du goût des consommateurs mexicains face aux détails aromatiques des bières artisanales est significative et représente une belle opportunité pour nos brasseries belges.
Le Mexique est également neuvième producteur mondial et cinquième exportateur de produits laitiers. Le marché est dominé par les entreprises Lala, Alpura et Nestlé, tant en matière de production que d’innovation et de développement de nouveaux produits. Selon le ministère de l’Agriculture, du Bétail, du Développement Rural, de la Pêche et de l’Alimentation (SAGARPA), la production totale de produits laitiers a atteint plus de 11 800 millions de litres en 2017, confirmant une croissance de 9,5% ces sept dernières années. Avec seulement 130 litres par an, la consommation domestique est cependant en dessous des 180 litres recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Depuis près d’une décennie, l’industrie mexicaine de la viande connait une période de croissance. En 2017, la production totale de viande de bœuf, de porc et de volaille est estimée à 6 460 000 tonnes, ce qui représente une augmentation de 2% par rapport à l’année 2016. Suite aux renégociations de l’ALENA, le Mexique est à la recherche de nouvelles destinations d’exportation. De fait, le volume total de viande exportée a augmenté de 14,1% pour atteindre 350 700 tonnes, parmi lesquelles 212 000 tonnes de viande de bœuf, 135 000 tonnes de viande de porc et 3 700 tonnes de volaille.
Le secteur des snacks et des collations est l´un des plus importants pour les consommateurs mexicains. Ces dernières années, la tendance se dirige vers une consommation de snacks plus sains, parmi lesquels les biscuits et les fruits secs. Compte tenu de la manière dont ils sont consommés, les produits tels  que le houmous ou le guacamole ont cependant moins de succès. Le marché est dominé par les entreprises PepsiCo, Barcel, Hershey et le groupe Bimbo.
Le marché des confiseries est en légère difficulté, principalement suite à l’implémentation de l’Impôt Spécial sur la Production et les Services (IEPS), qui s’applique aux produits à haute valeur calorique. Le chocolat reste le produit phare parmi les confiseries, avec 26,9% du marché en 2017. Viennent ensuite les chewing-gums avec 15% et les bonbons de caramels avec 14,6% du marché. Les principales entreprises qui dominent le marché sont Ferrero, Mars, Hershey, le groupe Bimbo, PepsiCo et Nestlé.[5]
La distribution de produits alimentaires importés au Mexique est effectuée majoritairement par les grandes chaînes telles que Walmart, Sam’s Club, Costco, Soriana, Comercial Mexicana, HEB et Chedraui. Auparavant, ces chaînes étaient surtout à Mexico, à Monterrey et à Guadalajara. Mais, ces dernières années, on a assisté à une expansion de ces détaillants depuis les grands centres urbains, où la concurrence fait rage, vers des villes secondaires. 

Sources Agroalimentaire:

Santé et biotechnologies

Ce secteur est l’un de ceux qui mérite un plus grand intérêt de la part des sociétés wallonnes. Les biotechnologies sont en effet perçues comme un secteur économique d’avenir pour le Mexique. À l´heure actuelle, ce pays souhaite développer son expertise dans tous les domaines de la biotechnologie : environnement, santé, agroalimentaire et applications industrielles.  Pour cela, il compte sur une collaboration étroite de ses centres de recherche et ses chercheurs. La recherche, le développement et la commercialisation dans le secteur de la biotechnologie y sont en pleine phase d´expansion. À l’heure actuelle, le pays explore de nouvelles applications dans le domaine de la santé humaine et vétérinaire, de la modernisation agricole, de la protection de l’environnement, des biocombustibles, etc. Ainsi, le Mexique est-il l’un des plus grands fournisseurs des États-Unis en biotechnologies.

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Environnement et énergie

Dans le cadre de la réforme énergétique mexicaine, le premier programme de développement du système électrique national prévoit d’ici 2019 d’augmenter la capacité de production électrique de 68,5% via des investissements de plus de 55 milliards d´EUR, et projette de quasi doubler la capacité de génération actuelle du pays. Pour sa part, la CFEa annoncé l’ouverture d´appels d´offre publics pour au moins 9 projets pour un investissement de 8,3 millions d’USD. De ces 9 projets, 5 concernent la construction de gazoducs et 4 des centrales de génération d’énergie pourvues d’une technologie plus efficace et compétitive. Ces projets débuteront leur opération commerciale entre 2017 et 2018. En tout, il s’agit d’un total de 85 projets d´infrastructure énergétique et d´un investissement de plus de 24 milliards de dollars américains.

Les projets de développement durable les plus importants (et les meilleures opportunités d’affaire pour nos sociétés) se situent dans les catégories suivantes : 

- Energie renouvelable, principalement la solaire, l´éolien, l´hydroélectrique et la géothermique ;
- Biomasse ;
- Traitement des eaux résiduelles ;
- Recyclage de déchets électroniques ;
- Réduction de CO2 et des embouteillages, suite à la signature des Accords de Paris en avril 2016, amenant l´obligation d’atteindre 35% de génération verte en 2024.

 

Secteur minier et hydrocarbures

En dépit des difficultés auxquelles ce secteur s’est trouvé confronté ces dernières années, le secteur minier reste un moteur traditionnel de la croissance mexicaine (4 % du PIB[2]) et se caractérise par une forte présence d’acteurs mexicains et canadiens. Après 4 ans de bilan négatif, l´investissement dans l´industrie minière mexicaine semble avoir repris sa croissance en 2017, dans un contexte de récupération des prix des métaux. D’après la Chambre des produits miniers, on pourrait s’attendre à avoir atteint en 2017 une croissance de 33 % par rapport à 2016, croissance due au moins de moitié aux capitaux étrangers[3]
Le Mexique est le 1er producteur mondial d’argent, le 2ème de bismuth, le 6ème de zinc et le 8ème d’or. Le pays se place aussi parmi les 10 plus grands producteurs de fluorite, de célestine, de wollastonite, de cadmium, de molybdène, de plomb, de diatomite, de sulfate de baryum, de graphite, de gypse et de cuivre.
L’or, l’argent, le cuivre et le zinc concentrent près des 3/4 de la valeur de la production minière totale du pays.

Le secteur minier non-pétrolier est particulièrement développé dans les États de Zacatecas, de Sonora, de Chihuahua, et de Coahuila, qui contribuent à plus de 60 % de la production nationale.

Quant au secteur minier pétrolier, il se retrouve particulièrement dans les États de Campeche et de Tabasco.

Le Mexique est aussi la première destination d´investissement pour l’exploration minière en Amérique latine et le quatrième au monde, d’après le rapport publié par SNL Metals & Mining en 2015. Pour toutes ces raisons, Behre Dolbear a classé le Mexique en cinquième position dans son classement international reprenant les pays offrant les meilleures conditions pour faire des affaires dans ce secteur. Ainsi, en dépit problèmes d’insécurité existant dans certaines zones d’exploitation, le secteur bénéficie de plusieurs atouts indéniables: 

  • faibles coûts de production (faible coût de la main d’œuvre, cash costs particulièrement compétitifs, baisse de coût de l’électricité) ;
  • ressources minérales variées sur 70% du territoire national ;
  • important potentiel de croissance dans l’extraction minière, avec moins de 20% de son territoire exploité ;
  • encadrement juridique fort (notamment en termes de sécurité) et existence d’un Plan de Développement quinquennal qui fixe des objectifs à atteindre pour le secteur minier. 

Afin notamment de compenser les baisses des prix des métaux (2012-2016) et en attendant la totale récupération du secteur qui n’est pas prévue avant 2018, les acteurs cherchent à miser sur le renforcement de la sécurité et une baisse des coûts de production. Ils se tournent de ce fait vers l’innovation technologique et le développement durable, un segment qui pourrait être porteur de nouvelles opportunités pour certaines de nos entreprises.

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Industrie automobile

Le Mexique est actuellement le 4ième plus grand exportateur et 7ième plus grand producteur d’automobiles au monde. En 2020, il sera fort probablement le 6ième, après la Chine, les États-Unis, le Japon, l´Inde et l’Allemagne ; sa production annuelle serait alors de 4,7 millions de véhicules. De fait, la production et l’exportation de véhicules n´a pas reculé en 2017, malgré la chute des ventes de véhicules neufs sur le marché américain. Au contraire, durant le premier semestre de 2017, la production de véhicules a augmenté de 12,6% par rapport à 2016, pour atteindre le chiffre record de 1.884.000 véhicules, soit 210.000 unités de plus qu´en 2016. L’exportation de véhicules a pour sa part atteint le chiffre de 1.513.000 unités, soit une augmentation de 115.000 véhicules ou de 14% par rapport à la même période pour 2016. Les exportations vers les États-Unis (1.162.000 véhicules), qui représentent plus des ¾ des exportations totales,  ont d´ailleurs augmenté de 15,6% en 2017. De même, la vente d’automobiles hybrides et électriques a aussi connu des hausses importantes en 2017 (157 % pour le premier quadrimestre de 2017, comparé à la même période de 2016).

Par ailleurs, le Mexique est le cinquième producteur mondial de pièces détachées automobiles. 

A l’occasion du salon INA PAACE Automechanika Mexico City 2018, qui vient d’avoir lieu à Mexico du 11 au 13 juillet 2018, le président exécutif de l'INA, Monsieur Óscar Albín Santos, a déclaré que le Mexique confirme sa cinquième position dans le classement mondial des pays producteurs de pièces automobiles, dans lequel la Chine occupe la première place, suivie par les États-Unis, le Japon et l'Allemagne.
La fédération industrielle rapporte que la valeur estimée du marché des pièces automobiles en 2018 s’élève de 90 milliards USD, dont 8 %, soit l'équivalent de 7,2 milliards USD, correspondraient au segment des pièces de rechange. 

Le secteur automobile mexicain, ce sont en quelques points :

  • 1 300 usines de sous-traitance automobile;
  • 820.000 personnes employées;
  • 75% des pièces détachées sont expédiées aux États-Unis et au Canada.
  • 35 % des usines sont des sociétés à capitaux mexicains;
  • 90 % des 880 sociétés à capitaux étrangers sont dirigées par des cadres mexicains;
  • 40 % des entreprises mexicaines se concentrent  sur le segment des pièces de rechange pour tracteurs, autobus et camions.

Source : Excelsior.com.mx – 16 juillet 2018 – traduction libre AWEX

Technologies digitales

Le Mexique est classé première destination d'investissement pour l'industrie des TIC en Amérique latine, et 8ème destination la plus importante au monde pour les services digitaux. A l´heure actuelle, plus de la moitié de ses activités sont susceptibles d'être automatisées à court terme. La réforme des télécommunications adoptée en juillet 2014 visant à dynamiser le secteur mexicain des télécommunications contribue à faire baisser les prix et à attirer les investissements.

En effet, au Mexique, les coûts d'exploitation des sociétés de développement de logiciels sont inférieurs de 33% à ceux des États-Unis. De même, les coûts d'exploitation des centres de services partagés sont 61% moins élevés au Mexique qu'aux États-Unis.

En 2017, par ailleurs, le Mexique a avancé de trois positions dans l'Indice de développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) par rapport à 2016, se plaçant  ainsi à la 87ème place sur 176 économies recensées, et offrant un service internet à près de la moitié de ses foyers.

Le Mexique regroupe à l´heure actuelle plus de 4000 entreprises liées à l'industrie des TIC et 18% des centres de services partagés en Amérique latine. De par sa proximité avec la Silicon Valley, 238 startups fintech y sont également installées, ce qui fait du Mexique le plus grand écosystème pour les entreprises fintech en Amérique latine.

Le Mexique est ainsi considéré comme l’une des neuf économies les plus dynamiques du continent américain, et sera probablement, d’ici 2050, la 7ème économie la plus importante au monde.

La sécurité au Mexique: Opportunités et défis pour 2018 

Economie créative

Le Ministère de la Culture a publié le décret 935 de 2018, par lequel il a créé le Conseil national de l'économie orange (CNEN), qui sera présidé par le Ministre de la Culture. Il s'agit d'un organe consultatif et consultatif du gouvernement national chargé de formuler les orientations de politique générale et de coordonner les actions interinstitutionnelles nécessaires à la promotion, la défense, la diffusion et le développement de l'économie créative.  

En outre, le président Ivan Duque a annoncé le 26 octobre 2018 que dans la loi de financement qui sera présentée au Congrès, le gouvernement inclura des exonérations fiscales pour ceux qui initient des projets dans l'économie orange et le tourisme. La loi prévoit l'exonération pendant cinq ans de l'impôt sur le revenu pour toutes les nouvelles entreprises qui se développent dans ce secteur, générant un nombre minimum d'emplois.

 

Source : Weekly Review - Resumen de las noticias en Colombia - Del 19 al 25 de octubre de 2018

Manuel.RINCON@eeas.europa.eu -

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