Conjoncture économique

HISTORIQUE

La Norvège a été peu affectée par la crise économico-financière de 2008, grâce à une balance commerciale largement excédentaire, un taux de chômage très limité et des finances publiques saines avec une dette publique nettement inférieure à la moyenne européenne. Le pays a tout de même enregistré un recul de 1,6 % de son PNB en 2009 (-4.5 % en moyenne pour le reste de l’Europe), mais celui-ci est rapidement reparti à la hausse pour atteindre une croissance de 2.7 % en 2012, parmi les meilleures d’Europe.

L’expansion du secteur pétrolier et les cours croissants du pétrole jusqu’en 2013 garantissaient la rentabilité de la prospection intensive de nouveaux gisements, de la construction de nouvelles infrastructures d’extraction et des investissements dans les puits existants. Cependant, cette forte expansion, accompagnée de l’augmentation de la demande du secteur pétrolier en machines, équipements et services a entraîné une hausse des prix dans le secteur et les secteurs en amont. 

Cette hausse des coûts de production s’est propagée au reste de l’industrie norvégienne et les entreprises fournissant l’industrie pétrolière ont perdu des parts de marché par rapport à leurs concurrents étrangers.

En 2013-2014, l’économie norvégienne a modérément subi l’impact de la crise dans la zone euro, avec une progression annuelle ralentie à 1.0 % en 2013 et une reprise de 2,2 % en 2014, malgré le recul en volume et en prix de ses exportations d’hydrocarbures, engendré par la baisse de la demande énergétique de ses principaux partenaires commerciaux. 

L’année 2014 a été une année charnière pour l’économie norvégienne, avec le début du déclin des cours du pétrole, doublé d’une faible demande économique globale. La hausse rapide des coûts de production des dernières années a fait que les compagnies pétrolières ont été obligées de ralentir leurs activités et de réduire leurs investissements, ce qui a, à son tour, entrainé une baisse de l’activité des entreprises fournissant des services aux compagnies pétrolières.

L’année 2015 a été marquée par un ralentissement sans précédent du secteur pétrolier, qui s’est répercuté sur l’ensemble de l’économie. La poursuite de la chute des prix du pétrole, parallèlement à la hausse des coûts de production, a accentué les répercussions sur les investissements dans le secteur, qui ont chuté de 15%.  La crise qui a frappé le secteur pétrolier a entraîné une baisse globale de la demande de biens et services et une chute de la consommation des ménages et des investissements immobiliers.

Si l’impact de la crise a été important dans le sud et l’ouest du pays, où il a entraîné la disparition de plusieurs dizaines de milliers d’emplois et entraîné une hausse globale du taux de chômage à plus de 4%, l'impact sur l'activité économique globale est cependant resté limité.

Plusieurs éléments stabilisateurs ont joué un rôle décisif :

- La couronne norvégienne s’était appréciée depuis 2009, avec un impact négatif sur la compétitivité des exportations norvégiennes.  Dès 2013, la Banque centrale a pris des mesures pour faire baisser la couronne. La chute des cours du pétrole en 2014 a entrainé une nouvelle dévaluation de la couronne norvégienne, face à la plupart des autres devises, ce qui a eu un effet positif pour les industries exportatrices, même si elle a renchéri le coût des importations, notamment dans le secteur agro-alimentaire.

-La Banque de Norvège a abaissé son taux directeur de 1,5% à 0,5% en 1 an (2015-2016), encourageant ainsi les entreprises à continuer d’investir.

-Le gouvernement conservateur au pouvoir a puisé dans l'énorme fonds souverain du pays pour financer une politique budgétaire expansive et soutenir ainsi activement l’économie grâce, d’une part, à de nombreuses mesures soutenant les entreprises du secteur pétrolier, et en encourageant, d’autre part, l’innovation dans des secteurs porteurs pour la Norvège : pêche et aquaculture, biotechnologie marine et santé.

Croissance :

Après une année 2016 marquée par une croissance faible (+0,6%), l’année 2017 s’est caractérisée par une nette reprise de l’activité, avec une hausse du PNB de 2%. La croissance en 2018 s’est avérée plus faible que prévue, avec seulement 1,4%.

Ménages :

La basse conjoncture n’a pas eu d’impact de grande ampleur sur la consommation, malgré une faible progression des salaires et une hausse des prix à la consommation. Depuis 2016, les salaires augmentent, avec une croissance de 3,2% pour la dernière période, entre le début 2018 et 2019.

Emploi :

Après avoir fait un bond de 3,5 à 4,4% entre 2014 et 2015, en raison de la crise du secteur pétrolier et de la faible croissance de l’économie continentale, la hausse du taux de chômage s’est progressivement ralentie pour atteindre 4,7% en 2016, son niveau le plus élevé depuis 1995. Depuis le printemps 2017, la reprise de l’activité économique a entraîné une baisse progressive du taux de chômage, particulièrement dans l’ouest du pays, qui avait été particulièrement touché par la crise.

Prix de l’immobilier :

Après avoir connu une forte hausse en 2016, les prix de l’immobilier ont connu une correction au début de l’année 2017, en raison notamment d’un durcissement des conditions légales d’octroi des crédits hypothécaires.  Depuis lors, les prix montrent une croissance stable et modérée autour de 2,5%.

PREVISIONS 2019/2020

L’économie norvégienne se porte bien et est dans une phase de conjoncture positive. On prévoit une croissance du PNB de 2% en 2019 et de 3,4% en 2020.

La croissance de l’économie continentale a augmenté progressivement ces dernières années et était, en 2018, supérieure à la moyenne à long terme pour la première fois depuis 3 ans. L’activité économique augmente dans l’ensemble du pays et dans tous les secteurs, et cette croissance stable et modérée devrait continuer dans le futur.

Les investissements sur le socle continental sont au plus haut depuis 10 ans. Dans le secteur industriel, des investissements importants sont attendus en 2019 dans le secteur pétrochimique, chimique, pharmaceutique, métallurgique et des industries mécaniques. Ceux-ci viennent en continuité des investissements déjà réalisés en 2018 dans ces secteurs, et devraient se stabiliser en 2020.  La croissance des investissements publics devrait se situer juste en dessous de la moyenne de croissance dans le futur. Les investissements dans de nouveaux projets dans le secteur pétrolier sont en forte croissance en 2019. Ceux-ci devraient se stabiliser pour la période 2020-2022, suite à la réduction d’investissements dans les projets existants.

Le marché de l’immobilier est plus stable qu’auparavant ; les prix continuent à monter, mais modérément. La croissance des revenus des ménages tend à faire monter les prix de l’immobilier, mais comme les taux d’intérêt devraient augmenter et la croissance de la population ralentir, l’augmentation réelle des prix ne devrait être que faible.

Le chômage est en diminution depuis 3 années consécutives, au plus bas depuis ces 10 dernières années. Au printemps 2019, le taux de chômage était retombé à 3,7% et est estimé à 3,6% pour 2020. On attend une croissance des salaires de 3,3% en 2019 et cette croissance pourrait atteindre 3,5% pour 2022. Le nombre de personnes en activité devrait aussi croître plus vite que la population en âge de travail.

La croissance de la consommation devrait se maintenir, notamment suite à la croissance des salaires, mais devrait être ralentie par l’augmentation du taux directeur. Celle-ci devrait, de toute façon, être bien inférieure aux périodes de hautes conjonctures antérieures.

La couronne norvégienne NOK est historiquement faible par rapport à l’Euro. Compte tenu du niveau du taux directeur norvégien (supérieur à celui en Europe) et des incertitudes dues aux tensions commerciales, le court de la couronne devrait se maintenir au moins jusqu’en 2022.

L'augmentation de la croissance des salaires, conjuguée à une couronne faible et des prix élevés de l'électricité ont récemment contribué à la hausse de l'inflation. À l'avenir, les effets d’une couronne faible devraient s’atténuer et les prix de l’énergie diminuer, et l’inflation devrait se stabiliser aux alentours de 2% entre 2020 et 2022.

Même avec l’augmentation des tensions commerciales internationales et la croissance réduite du marché, il est probable que les taux d’intérêt en Norvège augmenteront à l’avenir. Ceci pour, entre autres, maintenir les objectifs de la Banque de Norvège d’une croissance annuelle des prix à la consommation de 2% et d’un niveau d’emploi maximal. Le taux d’intérêt devrait atteindre 3,6% en 2022.

La réduction de la croissance économique dans les pays partenaires de la Norvège pourrait tirer la demande des biens et services norvégiens vers le bas. Cependant, la réduction des coûts de production du pétrole/gaz permet une bonne rentabilité et une haute activité sur le socle norvégien.

Un pouvoir d’achat élevé, combiné à l’intensification des activités pétrolières, devrait contribuer à la poursuite de la croissance de l'économie norvégienne. De plus, l’augmentation de la compétitivité est une bonne base pour l’augmentation des exportations et des investissements. 

Les différents freins qui pourraient intervenir dans cette tendance positive de croissance sont le manque, à terme, de main d’œuvre qualifiée, l’augmentation du taux directeur et le ralentissement de la croissance internationale, notamment affectée par les conflits de barrières commerciales.  L’économie norvégienne devrait être proche d’une situation de neutralité économique jusqu’en 2022.

Commerce extérieur

Depuis la fin des années 1980, la Norvège affiche une balance commerciale systématiquement positive, grâce à ses exportations d’hydrocarbures. De 2014 à 2016, cet excédent a néanmoins enregistré une nette baisse, en raison de la baisse des prix du pétrole, avant de repartir à la hausse en 2017.

En 2018, les exportations norvégiennes ont atteint 992 milliards NOK (101 Milliards EUR). Les principaux partenaires commerciaux de la Norvège sont, par ordre d’importance : la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la France, la Belgique et les USA.

Les importations ont atteint 749 milliards NOK (76 milliards EUR) en 2018. La Suède, l’Allemagne et la Chine forment le trio de tête des pays qui exportent le plus de biens vers la Norvège.

L’UE est le principal partenaire de la Norvège, avec 66% des importations provenant des pays de la communauté. La Belgique se situe à la 18ème place des importations de biens et services en Norvège.

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