Régime politique

La Norvège est une monarchie constitutionnelle avec régime parlementaire.  Le roi Harald V de Norvège, chef de l’État, règne depuis 1991. Le roi ne joue pour l’essentiel qu’un rôle honorifique, mais constitue un fort symbole d’unité nationale et reste à la tête de l’Église de Norvège.

 

Les institutions

Le Stortinget est l’Assemblée Nationale de Norvège. Elle est composée de 169 représentants des partis, élus pour un mandat de quatre ans. Elle travaille sur les lois, le budget de l’état et contrôle le gouvernement.

Outre l’Assemblée nationale, le pouvoir étatique compte une branche exécutive (le gouvernement) et une branche judiciaire (Les cours et tribunaux).

Le Gouvernement actuel et ses principaux partis

A l’issue des dernières élections parlementaires (en septembre 2017), le parti conservateur (H) de la Première ministre sortante Erna Solberg s’est maintenu au pouvoir en formant le 16 octobre 2017, un gouvernement minoritaire avec le Parti du Progrès (FrP), avec lequel il était déjà allié sous la législature précédente.  Depuis le 17 janvier 2018, le parti libéral (V) a rejoint la coalition gouvernementale. Cette dernière s’est agrandie le 22 janvier 2019 quand le parti populaire chrétien (KrF) l’a rejoint aussi. Après une crise dans cette coalition au début de 2020, le Parti du Progrès (FrP) a quitté le gouvernement, en laissant derrière lui une coalition minoritaire entre le parti conservateur (H), le parti libéral (V) et le parti populaire chrétien (KrF). L’actuelle coalition dispose de 61 sièges sur un total de 169 à l’Assemblée, ce qui complique la réalisation de son agenda politique.

L’actuel gouvernement est composé de 12 hommes et 8 femmes, et plusieurs postes clés sont occupés par des femmes, notamment aux Affaires étrangères (Ine Eriksen Søreide, H) et à la Justice (Monica Mæland, H).  

En poste depuis le 18 octobre 2013, Mme Erna Solberg, également présidente du parti conservateur, est désormais la responsable conservatrice qui est restée le plus longtemps à la tête d’un gouvernement.

Résultats des élections 2017 :

Parti Travailliste 27,4 % (-3,5%), Parti Conservateur 25 % (- 1,8%), Parti du Progrès 15,2 % (-1,2%), Parti du Centre 10,3 % (+4,8%), Parti Socialiste de gauche 6 % (+1,9%), Parti Libéral 4,4 % (-0,9%), Parti Chrétien populaire 4,2% (-1,4%), Les Verts 3,2 % (+0,4%) et le Parti Rouge qui est entré au Parlement avec 2,4% (+1,2%).

Les prochaines élections auront lieu en 2021.

Partis politiques norvégiens représentés au Parlement :

Arbeiderpartiet (AP)

Parti Travailliste

Fremskrittspartiet (FrP)

Parti du Progrès (populiste)

Høyre (H)

Parti Conservateur

Kristelig Folkeparti (KrF)

Parti Populaire Chrétien

Senterpartiet (SP)

Parti du Centre

Sosialistisk Venstreparti (SV)

Gauche socialiste

Venstre (V)

Parti libéral

Rødt (R)

Parti Rouge

Miljøpartiet De Grønne (MDG)

Les Verts

Elections communales de 2019 :

Les dernières élections communales de septembre 2019 ont fait place à de grands chamboulements dans le paysage politique ; ainsi le Parti du Centre (SP) en est ressorti grand vainqueur. Le Parti Travailliste (AP) a perdu plus de 8% à travers le pays, mais reste quand même le plus grand parti du pays.

Ainsi le groupement d’opposition Sp, MDG, Ap, SV et Rød a avancé de 4,0 points par rapport aux élections municipales précédentes. Cela lui donne un support de 55,9% des votes. Les partis gouvernementaux, à savoir le parti conservateur, le Frp, le parti libéral et le KrF, reculent au total de 7,4 points. Cela ne leur donne plus qu’un soutien de 36,2% des votes. Les autres partis reçoivent un soutien de 7,9%.

Politique (économique) norvégienne

Le 14 janvier 2018, les trois partis de la coalition gouvernementale (parti conservateur, parti du progrès et parti libéral) ont adopté une nouvelle plateforme politique commune, dite « Plateforme de Jeløya » du nom de l’île près d’Oslo où elle a été négociée. Cette plateforme reste la fondation de la politique du gouvernement actuel, même si les partis gouvernants sont différents.

Le programme politique du gouvernement Solberg est axé autour de 9 priorités :

· l’augmentation du taux d’emploi au sein de la population active via le lancement d’un plan national qui prévoit notamment la promotion des filières de formations professionnelles et d’apprentissage, ainsi que des mesures encourageant les allocataires sociaux à revenir sur le marché de l’emploi;

· la transition vers une économie verte, afin de permette à la Norvège de respecter ses engagements climatiques et d’assurer la transition d’une économie pétrolière vers une économie diversifiée ;

· l’amélioration des infrastructures du pays, y compris des infrastructures numériques permettant l’accès généralisé au haut débit et le développement du réseau de fibres optiques;

· le développement d’une société numérique grâce, notamment, à l’accélération de la numérisation du secteur public, à la promotion des partenariats public-privé et à l’adaptation de l’enseignement aux défis numériques du futur;

· une politique d’égalité des chances fondée sur un enseignement de qualité, ainsi qu’une politique d’intégration fondée sur la participation au marché de l’emploi;

· la modernisation du système de soins de santé, grâce notamment, à un recours accru aux technologies numériques, la réduction des délais d’attente pour les patients, ainsi que l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées;

· le renforcement de la sécurité du pays, grâce à la mise en place d’une réforme des polices, au renforcement des moyens consacrés à la Défense, ainsi que des moyens consacrés à la cyberdéfense;

· la poursuite d’une politique d’immigration « restrictive et responsable » et la refonte de la politique d’intégration, notamment des programmes d’accueil pour réfugiés;

· sur le plan international, la priorité du gouvernement va au respect des objectifs de développement durable, ainsi qu’à la défense des intérêts norvégiens dans le cadre du Brexit

Politique économique norvégienne :

La brutale baisse des prix des produits pétroliers en 2014/2015 a provoqué une crise économique dont le gouvernement norvégien s’est attaché à atténuer les effets en menant une politique de relance budgétaire jusqu’en 2017.

La reprise de l'activité économique et la baisse du chômage ont conduit le gouvernement à annoncer à l'automne 2017, un retour progressif à une politique budgétaire neutre et à la règle selon laquelle le déficit budgétaire structurel ne devrait pas dépasser de plus de 3% la valeur du Fonds pétrolier (Fonds de pension gouvernemental - Etranger).

La stimulation de l’activité économique hors secteur pétrolier et de l’innovation, en particulier dans le secteur des technologies « vertes », reste par ailleurs un objectif primordial de la politique économique du gouvernement actuel.

Les autorités norvégiennes entendent également renforcer la position de la Norvège dans le secteur de la pêche.

Pour contrer les effets d’un resserrement de sa politique budgétaire, le gouvernement entend accroïtre l’efficacité des services publics et ajuster ses dépenses futures, via notamment une réforme des systèmes de retraite, qui vise à réduire les départs à la retraite anticipés.

Ces mesures devraient également permettre de financer les réductions d’impôts souhaitées par le gouvernement actuel, et notamment celles du taux d’imposition de base de 24 à 23%, tant pour les particuliers que pour les entreprises.

Politiques extérieure et européenne

Les deux piliers de la diplomatie norvégienne sont une participation active à l’OTAN et un soutien systématique aux Nations Unies.

De plus, la Norvège est membre de l’EEE (Espace Economique Européen) et du groupe Schengen. L'accord EEE est aujourd'hui le lien le plus important entre la Norvège et les pays de l'Union Européenne. Après son premier refus d’adhérer à la CEE en 1972, le "non" norvégien de 1994 a semblé rendre plus difficile une politique de rapprochement avec l’Union européenne, mais la Norvège a pris soin d’adhérer à l’Espace Economique Européen la même année, puis d’entrer dans l’espace Schengen en 2001.

La Norvège a des accords de libre-échange à travers l’OMC, l’AELE (Association européenne de Libre Echange) et est étroitement connectée au marché européen via l’espace de l’EEE.

Fin 2017, la question de la participation de la Norvège à l’EEE a été relancée à l’occasion du débat portant sur l’adoption par la Norvège du 3ème paquet énergie européen et sur l’adhésion du pays à l’ACER (Agence de coopération des régulateurs de l’énergie). Cette mesure extrêmement impopulaire a néanmoins été adoptée par le Parlement, grâce au soutien du parti travailliste.

Un sondage effectué fin 2017 a montré que seule une courte majorité de la population (52%) voterait en faveur de l’adhésion à l’EEE si la question lui était posée. De manière constante, une majorité de la population norvégienne reste opposée à une éventuelle adhésion à l’UE (qui n’est par ailleurs pas d’actualité).

Au printemps 2018, le gouvernement a réaffirmé son attachement à la coopération avec l’UE, dans le cadre de sa « stratégie européenne 2018-2021 » et même à un approfondissement de cette coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense.

L’agenda européen du gouvernement a été dominé par les discussions entourant le Brexit. La Norvège veut, en effet, s’assurer que les conditions futures entre la Grande-Bretagne et les pays de l’UE s’appliqueront également à la Norvège.

La Norvège est un pays profondément atlantiste et joue un rôle actif au sein de l’OTAN, actuellement présidée par le norvégien Jens Stoltenberg, ex premier ministre entre 2005 et 2013.

La Norvège ambitionne par ailleurs d’accroître sa visibilité internationale et travaille activement depuis 2007 à l’obtention d’un siège au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2021-2022. Précédemment, la Norvège a été élue 4 fois : en 1949-50, 1963-64, 1979-80 et 2001-02.

La Norvège se veut, par ailleurs, le fer de lance des objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies.

Au plan régional, la Norvège mène une politique active et veille, notamment, à ses relations de voisinage avec la Russie (délimitation conclue du plateau continental et des zones de pêche en Mer de Barents et dépollution nucléaire).  Les relations entre les deux pays se sont néanmoins détériorées depuis l’annexion de la Crimée et une succession d’incidents en 2017, parmi lesquels plusieurs attaques informatiques imputées aux autorités russes et l’arrestation à Moscou d’un ressortissant norvégien accusé de travailler pour les services de renseignements de son pays.

Engagement politique dans le domaine du climat

Signataire de l’accord de Paris, la Norvège a aligné ses objectifs en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur ceux de l’UE.

Elle a, par ailleurs, défini cinq champs d’actions prioritaires en matière de politique climatique nationale :

-          Le développement de technologies industrielles propres, au travers, notamment, du soutien à la recherche ;

-          Le développement de projets de stockage de CO2 ;

-          Le renforcement du rôle de la Norvège en tant que fournisseur d’énergie renouvelable, au travers, notamment, du développement de champs éoliens maritimes ;

-          Le développement d’un transport maritime « vert » ;

-         Le développement de moyens de transport à zéro émission. Près de la moitié des véhicules personnels neufs vendus en 2017 étaient des véhicules électriques ou hybrides, en raison d’une politique de soutien fiscal très favorable. De plus, le gouvernement a prévu que toutes les voitures en vente devront être électriques ou hybrides en 2025.

Sur le plan international, la Norvège joue un rôle très actif dans la lutte contre la déforestation, au travers de la Norwegian government’s International Climate and Forest Initiative (NICFI), qui conditionne d’importantes aides à certains pays (Brésil, Pérou, Indonésie,…) à des objectifs concrets dans ce domaine.

Coopération nordique 

La Norvège poursuit également une politique de coopération économique, sociale, culturelle, environnementale et éducative avec les autres pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande et Islande) dans le cadre du Conseil nordique (Nordic Council : www.norden.org).

Avec 27 millions d'habitants, la région nordique est la onzième économie du monde et parmi les plus intégrées, innovantes et compétitives. La coopération nordique offre une plateforme de coopération fiable et pratique. Dans le gouvernement norvégien, le ministre des Finances, Jan Tore Sanner, est responsable pour la coopération nordique.

Pour accélérer la transition vers une société nordique durable, NordForsk, Nordic Innovation et Nordic Energy Research, principaux financeurs de la recherche et de l'innovation coopératives dans les pays nordiques, ont en 2016 lancé conjointement un programme de recherche et d'innovation, Nordic Green Growth Research and Innovation Program. L'appel a suscité un vif intérêt avec 113 candidatures au total, qui couvraient un très large éventail: énergie solaire, énergie éolienne, bio-raffinage, utilisation efficace des ressources de la production alimentaire, exploitation minière, réduction des émissions carbone en métallurgie, innovations dans l’utilisation de la biomasse, matériaux innovants et les changements sociétaux pour permettre la croissance verte et la compétitivité dans les pays nordiques.

Enjeux du Grand Nord

Les cinq pays nordiques coopèrent également pour assurer leurs intérêts communs dans le Grand Nord.

La Norvège ambitionne d’accroître la coopération avec ces pays et de faciliter le développement des entreprises dans le Grand Nord. Le financement des projets liés à cette politique rentre dans le cadre du programme d’action « Arktis 2030 ».

Le conflit opposant la Norvège à l’Union européenne sur la pêche du crabe de neige dans les eaux de l’archipel du Svalbard illustre parfaitement le caractère stratégique de cette région.

Le traité de Paris de 1920 a accordé à la Norvège la souveraineté sur cet archipel arctique. En échange, la quarantaine de pays signataires du traité ont obtenu une « égalité absolue » dans l’exploitation des ressources de l’archipel, dont la pêche.

Mais Bruxelles et Oslo interprètent le traité différemment. Les Norvégiens limitent son application à 12 milles marins des côtes, et en excluent le fameux plateau continental, qui n’était pas mentionné dans le traité de l’époque. Ils ignorent ainsi le concept de zone économique exclusive (ZEE), ultérieur au traité, qui donnerait accès aux vaisseaux européens jusqu’à 200 milles des côtes, ainsi qu’au plateau continental. Une interprétation favorisée par l’UE mais que conteste Oslo.

Début 2017, le conflit a connu une escalade avec la décision des garde-côtes norvégiens d’arraisonner un bateau de pêche lituanien pris en train de poser des pièges à proximité du Svalbard.

Pour la Norvège, l’enjeu est de taille. Le crabe de neige ne nage pas mais évolue sur le plateau continental. En ce sens, il est juridiquement assimilable aux ressources du sol marin et donc, au gaz et au pétrole. Autoriser les pêcheurs européens à pêcher le crabe de neige sur le plateau continental pourrait donc créer un précédent fâcheux pour la Norvège, dont l’économie reste largement dépendante du pétrole.

Si les eaux du Svalbard ne sont, pour l’heure, pas ouvertes à l’exploitation pétrolière, des zones proches de la mer de Barents le sont déjà.

Le 24 avril 2020, le gouvernement a présenté sa proposition pour le nouveau plan de gestion pour la mer de Barents. Ce plan impacte essentiellement les possibilités d’exploitation pétrolière. Le plan prend en compte la définition de la zone de glace. Même si finalement, le plan ne diffère pas beaucoup du plan précédent, il y a eu une forte pression de l’Agence de l’environnement, l’Institut de recherches polaires et l’Institut de recherches marines pour étendre la zone non exploitable, et définir une frontière bien plus au sud que celle du plan.

Le fonds souverain norvégien

La Norvège possède deux fonds souverains appelés aussi fonds de pension : le fonds de pension gouvernemental-Étranger et le fonds de pension gouvernemental-Norvège, tous deux placés au sein d’une super structure appelée « Fonds de pension gouvernemental ».

Fonds de pension gouvernemental-Norvège Statens pensjonsfond Norge

Créé à l’origine pour gérer les surplus des comptes de la sécurité sociale, le « Folketrygdfondet » est l’entreprise publique chargée de la gestion du Fonds de pension gouvernemental. Le fonds investit à 40% dans des investissements obligataires et à 60% dans des actions cotées. Il réalise 85% de ses investissements en Norvège et 15% dans les autres pays nordiques. Sa participation dans une entreprise norvégienne ne peut dépasser 15% (5% pour les entreprises d’autres pays nordiques). La valeur du fonds est d’environ 240 milliards de NOK.

Fonds de pension gouvernemental-Etranger Statens pensjonsfond Utland (Oljefondet)

Le fonds de pension public norvégien, géré par la Banque Centrale de Norvège (Norges Bank) est actuellement le plus gros fonds souverain du monde après avoir presque doublé de valeur ces dernières années. Etabli dans le but de gérer le patrimoine financier norvégien découlant des activités pétrolières, il est donc alimenté par les revenus de ce secteur (impôts, permis d'explorations et d'exploitations de gisement, et participations dans les sociétés comme Equinor (ex-Statoil) ou Norsk Hydro. Les revenus générés par le fonds ont représenté jusqu’à 30 % du budget national.

L’objectif du fonds est « d’épargner pour les générations futures et de faire bénéficier la population norvégienne du bénéfice sur les investissements réalisés lorsqu’il n’y aura plus de ressources pétrolières », cependant aucune décision n’a, à ce jour, été prise quant à la possibilité de l’utiliser pour couvrir les dépenses liées aux retraites.

En attendant une éventuelle décision de principe sur les retraites, le fonds sert surtout de variable d’ajustement budgétaire.

Pour dynamiser la gestion du fonds, l’Etat norvégien a décidé d’accroître progressivement la part des investissements en actions jusqu’à 70% et de diminuer les investissements en obligations à 30% de la valeur totale du portefeuille. Fin du premier quadrimestre 2019, le fonds détenait 69,2% d’actions, 28% d’obligations et 2,8% d’investissements immobiliers.

Le fonds de pension global investit exclusivement à l’étranger, afin d'éviter toute surchauffe de l'économie norvégienne. Il est progressivement devenu un acteur incontournable des marchés internationaux. Il détient aujourd’hui en moyenne 1,4% de toutes les actions cotées dans le monde, et 2,4% des actions européennes. Il réalise la majorité de ses investissements en Amérique du Nord (41%) et en Europe (36%).

En Belgique, le fonds a investi dans 52 entreprises, équivalant à un montant de près de 43 milliards de NOK en 2019, mais dans seulement trois entreprises wallonnes : Ion Beam Applications (IBA), EVS Broadcast Technologies et, depuis 2018, Mithra Pharmaceuticals. Le fonds détient 1,18% du capital d’Anheuser-Busch Inbev. Parmi ses investissements les plus importants en Belgique, on compte également Ageas, UCB, Umicore, B-Post, GBL, Telenet et le groupe Colruyt. Le fonds détient également des obligations belges (bons d’Etat et obligations d’entreprises) pour un montant de 27,7 milliards de NOK.  

Au niveau international, le Fonds détient des participations dans tous les grands groupes internationaux, notamment Apple, Microsoft, Nestlé, Alphabet, Royal Dutch Shell et Tencent, et cherche de plus en plus à s’établir comme actionnaire actif au sein des sociétés dans lesquelles il investit.

Le fonds souverain norvégien se démarque enfin par sa volonté de transparence, et de respect de règles strictes en matière d’éthique. Le fonds a notamment exclu de son portefeuille les entreprises qui produisent ou commercialisent des armes jugées incompatibles avec le respect des droits humains (armes à fragmentation et armes nucléaires), les producteurs de tabac, ainsi que les entreprises qui réalisent un pourcentage significatif de leur activité dans la production de charbon. Sont également exclues les entreprises s’étant rendues coupables de violations des droits de l’Homme, de dommages graves à l’environnement ou de corruption.

Plusieurs dizaines d’entreprises ont ainsi été exclues du Fonds. Les exclusions sont décidées par le Conseil d’administration de la Banque de Norvège, sur proposition du Conseil d’éthique appointé par le ministère des Finances et sur base des directives adoptées par le ministère des Finances en décembre 2014.

Après une mauvaise année 2018 où le fonds avait baissé de 500 milliards de NOK, celui-ci s’était fortement redressé en 2019, atteignant une valeur de 9.500 milliards de NOK, soit près de 1000 milliards d’euros.

En 2020, en raison de la crise COVID-19, le fonds a subi une perte de 16% en devises internationales, suite à la baisse des marchés boursiers et à la crise monétaire avec la couronne norvégienne. Jusqu'à présent, le rendement absolu du fonds a été de moins 1 330 milliards de NOK, mesuré en devises internationales. Ce rendement reste incertain car il dépendra de l’évolution de la situation tout au long de l’année 2020.

L’utilisation de ce fonds suit une règle stricte de prélèvement de maximum 4% de sa valeur par année budgétaire. En 2017, le gouvernement a décidé de ramener progressivement cette règle de 4 à 3%. Malgré cette modération relative, les montants transférés n’ont cessé de croître, vu la valeur croissante du fonds.

Suite à la crise COVID-19, le maintien de la règle des 3% est actuellement incertain ; notamment suite à la loi spéciale Corona donnant les pouvoirs spéciaux au gouvernement. En effet, le budget 2020 du gouvernement fait face à un écart de 201 milliards de NOK à cause de la crise, et il est probable que cet écart sera comblé par des retraits d'argent supplémentaires du fonds.

Actualité de l’année 2020

D’un point de vue politique

Le début 2020 fut marqué par une crise gouvernementale initiée par la question du retour des familles des combattants islamistes en Syrie, avec pour conséquence le retrait du Parti du Progrès (FrP) de la plateforme gouvernementale, ramenant ainsi la coalition à 3 partis : le parti conservateur (H), le parti libéral (V) et le parti Populaire Chrétien (KrF).

Après de longs débats et contestations, la réforme structurelle des provinces norvégienne a eu lieu.  Le nombre de provinces en Norvège a été réduit de 18 à 11 au 1er janvier 2020. Les provinces du sud (Østfold, Akershus et Buskerud) ont été fusionnées en une gigantesque province, « Viken », entourant Oslo et couvrant 80% de la superficie de la Belgique. Hedmark et Oppland ont été fusionnées en « Innlandet ». Telemark et Vestfold ont été fusionnées en « Vestfold » et Aust-Agder et Vest-Agder en « Agder ». Hordaland et Sogn og Fjordane ont été fusionnées en « Vestlandet ». Troms et Finnmark ont été fusionnées en « Troms og Finnmark ». Les 4 provinces d’Oslo, Rogaland, Møre og Romsdal et Nordland n’ont pas été touchées par cette réforme. Le nombre de communes en Norvège a été réduit de 422 à 356 par 42 fusions municipales.

Depuis début mars, la vie politique en Norvège a été dominée par la crise du COVID-19. Le premier cas d'infection confirmé en Norvège était une femme de Tromsø le 26 février 2020. Dans les jours qui ont suivi, de nouveaux cas ont été enregistrés dans tout le pays, et de nombreux cas ont pu être attribués à des Norvégiens qui étaient en vacances en Italie et en Autriche pendant les vacances d’hiver. Pour endiguer l'infection, le gouvernement et d'autres autorités publiques ont mis en place, le 12 mars, les mesures les plus fortes et les plus radicales jamais décidées en temps de paix.

Depuis le début de la crise, la première ministre Erna Solberg a gagné en popularité et elle est mainenant de loin la politicienne la plus populaire du pays. Elle a reçu de nombreux éloges pour sa stratégie rapide contre le virus, et pour sa communication claire tout au long de la crise. Les mesures en Norvège n'ont pas été aussi strictes qu'en Belgique, et la Norvège a été plus rapide à déconfiner après la crise.

Au cours des prochains mois, il y aura probablement de fortes discussions sur le budget national à la suite de la pandémie. Une des questions les plus importantes et difficiles sera de savoir si le gouvernement doit retirer plus d'argent du fonds pétrolier, et si oui, combien. Une autre question importante sera de savoir si les grands projets d'infrastructure (spécialement les chemins de fer et la traversée des fjords de l’ouest par ponts, mais aussi le nouveau quartier gouvernemental au centre d’Oslo) doivent être suspendus ou non, et lesquels doivent être prioritaires.

Le budget 2020

Il ne fait aucun doute que le corona virus aura un effet négatif important sur l'économie norvégienne, même si les conséquences exactes ne sont pas entièrement claires pour le moment. La combinaison du verrouillage économique, des prix du pétrole historiquement bas, et d'une couronne norvégienne faible, fait qu’il est possible que les effets de cette crise soient plus profonds et plus durables que dans les autres pays scandinaves. Afin de limiter les pertes économiques, le gouvernement prévoit de dépenser plus d'argent du fonds pétrolier.

Le 12 mai 2020, le gouvernement a présenté le budget national révisé, qui montre que cette année, il doublera l'utilisation de l'argent du pétrole à environ 420 milliards de NOK, pour faire face à la crise du COVID-19. Ayant initialement prévu d'utiliser 2,6% de la valeur du fonds pétrolier en 2020, le gouvernement a maintenant décidé d'utiliser 4,2%. Pour 2020, la couverture du budget par le fonds pétrolier passera de 243,6 milliards de NOK dans le budget initial à 419,6 milliards de NOK dans le budget révisé. Une grande partie de cet argent servira, entre autres, à aider les entreprises norvégiennes à traverser le choc financier causé par la pandémie.

Selon les estimations du gouvernement, le PNB chutera d’entre 4 et 8% en 2020, avec également beaucoup d’inconnues. Le taux de chômage augmentera jusqu’à 5,9% cette année, contre 2,2% en 2019. Ces taux de chômage sont les plus hauts en plus de 75 ans.

Le budget de l'État n'a jamais été aussi conséquent et, en même temps, ses revenus vont bien diminuer. En effet, les recettes fiscales des particuliers qui auront perdu leur emploi diminueront, les taxes sur les entreprises et les impôts diminueront en raison des faillites et des fermetures temporaires, et les revenus pétroliers chuteront en raison de la baisse spectaculaire des prix du pétrole.

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