Données politiques de base

Oman est une monarchie absolue, les partis politiques y sont interdits.

Le chef de l’État est le Sultan Qaboos bin Said depuis 1970. Le Sultan est également Premier ministre et est conseillé par un cabinet qu’il désigne.

Oman a un parlement bicaméral : un conseil d’État, le Majlis Al Dawa, constitué de 58 membres nommés par décret royal, qui doit aider le Gouvernement à mettre en œuvre la stratégie globale de développement et contribuer à approfondir les racines de la société omanaise, le maintien des acquis et déterminer les principes de la loi fondamentale de l’État.

Il y a également un comité consultatif appelé Majlis Ach-Choura constitué de 83 représentants élus au suffrage censitaire.

Dès son arrivée au pouvoir en 1970, le Sultan Qabous a favorisé d’importantes évolutions. Héritant d’un pays en retard sur son temps, il a fortement contribué à l’émergence d’une identité nationale en gommant les particularismes communautaires et en affaiblissant le rôle des tribus. Dès la fin des années 1990, il a engagé un processus d’ouverture politique toujours à l’œuvre aujourd’hui

Le sultanat a connu en février et mars 2011, dans le contexte des printemps arabes, un mouvement de protestation qui, sans ébranler l’autorité du Sultan Qabous, a pris la forme de manifestations dans les grandes villes du pays ou de revendications sur les réseaux sociaux.

Le mouvement demeuré relativement pacifique et d’ampleur moyenne, a toutefois été entaché par la mort de deux manifestants. De nature essentiellement économique et sociale (demande d’augmentation des revenus et appels à des mesures de lutte contre le chômage), ce mouvement a également revêtu un caractère plus politique (critique de la corruption, exigence d’une plus grande transparence ou d’un élargissement des compétences du conseil consultatif élu).

Le Sultan a très rapidement adopté une série de mesures sociales et politiques visant l’augmentation des prestations sociales, le renvoi des ministres jugés les plus corrompus, la création de 50.000 postes dans l’administration, la réforme de l’organisation administrative du territoire, renforcement des prérogatives du Conseil consultatif. Le pays n’a plus connu de nouvelles manifestations depuis cette époque. Il est toutefois à craindre qu’à la mort de l’actuel sultan, une certaine insécurité fasse son apparition.

Le Sultanat d’Oman est l’un des membres fondateurs du Conseil de coopération des Etats du Golfe (CCG) qui vise à des actions concertées en matière de décision stratégiques.

Toutefois, la diplomatie omanaise s’articule sur une volonté d’indépendance. Le sultanat s’emploie avec force à assurer la sécurité régionale (principalement dans le détroit d’Ormuz), à ne jamais entrer dans les conflits régionaux et à assurer un rôle de médiation à chaque fois que celle-ci peut faciliter les principes susmentionnés.

Ces principes de non-ingérence, de neutralité et d’indépendance lui permettent d’entretenir des relations de bon voisinage avec l’ensemble des pays de la région et d’être reconnu comme médiateur privilégié par tous.

Oman est, ainsi,  le seul pays du Golfe à entretenir des relations suivies et cordiales avec l’Iran. Les deux pays partagent évidemment des intérêts stratégiques (détroit d’Ormuz). Le Sultanat a joué un rôle actif dans la reprise du dialogue entre Téhéran et les capitales occidentales, et a joué un rôle non négligeable dans l’accord pour le nucléaire iranien.

Oman est, également, le seul pays de la péninsule arabique à avoir approuvé les accords de Camp David et à entretenir des relations avec Israël. Des représentations commerciales ont été ouvertes (puis fermées) à Mascate.

Enfin, le sultanat n’a pas rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar contrairement aux Emirats, l’Arabie Saoudite et Bahrein.

Oman entretient des liens privilégiés avec la Grande-Bretagne, longtemps présente en Oman, et les Etats-Unis, garants de la sécurité du pays.

L’ouverture, ancienne vers les mondes africain et asiatique se traduit aujourd’hui par des relations économiques et humaines fortes avec l’Inde (présence de plus de 700 000 Indiens expatriés), la Chine (qui achète entre le tiers et la moitié du pétrole brut omanais), la Corée et la Thaïlande.

Perspectives 2019-2023

Alors que le Moyen Orient traverse une période particulièrement difficile sur le plan politique, Oman, grâce à sa neutralité et son pouvoir fort, devrait conserver sa stabilité durant les prochaines années. La politique du gouvernement devrait continuer à se concentrer sur les réformes économiques et la diversification afin de limiter la dépendance du pays vis-à-vis du secteur des hydrocarbures, qui a été touché par la chute du prix du pétrole entre 2014 et 2017, contraignant le gouvernement à prendre des mesures d’austérité. Le plan Vision 2040, successeur de Vision 2020, envisage un rôle plus prépondérant du secteur privé. Les secteurs visés par ce plan de diversification seront en particulier l’industrie du tourisme, l’industrie manufacturière, les mines (et carrières) et la pêche. Ces deux dernières années, des progrès ont pu être observés à travers le développement de deux projets immobiliers de grande ampleur : le Madinat al-Irfan (le plus grand projet omanais de développement urbain) et le front de mer Mina Sultan Qaboos qui devraient être achevés d’ici 2020. Le gouvernement devrait toutefois se retrouver face à des obstacles dans la gestion de ces projets en raison du déficit budgétaire qui continue à se creuser.

La logistique (Oman est reconnu comme étant le troisième meilleur pays en termes de qualité de son réseau logistique) et les télécoms font également parties du plan de développement du pays. En mai, Vodafone a signé un MoU avec une compagnie omanaise détenue par le fond d’investissement local. La demande en énergie devrait également augmenter en raison du développement du secteur industriel encouragé par le plan Vision 2040. On s’attend en effet à ce que la consommation d’énergie augmente de 7% par an entre 2019 et 2024. Pour cette raison, les projets autour du gaz naturel seront une priorité. Oman vise également à augmenter de 10% la part d’énergie renouvelable d’ici 2025 afin de ralentir l’épuisement des ressources en gaz et en pétrole. Parmi les projets autour de l’énergie renouvelable, nous pouvons citer la création du premier champ éolien du sultanat, représentant une puissance de 50-MW et qui devrait être opérationnel courant septembre 2019. Ce champ éolien devrait fournir 7% des besoins en électricité du sud du gouvernorat de Dhofar et représente un vrai tournant dans le paysage énergétique omanais.

Retour en haut back to top