Conjoncture économique
 

L'économie canadienne est la dixième du monde et la plus petite du G7. Elle est fortement intégrée à celle des États-Unis, qui sont de loin son principal partenaire commercial. L'économie est basée sur les services, mais le Canada est également le quatrième exportateur de pétrole au monde.
L'économie a rebondi plus fortement que ne le prévoyait le gouvernement depuis l'Enoncé économique de l’Automne (EEA) de novembre 2020. Le gouvernement a néanmoins choisi de dépenser un peu plus que les 70 à 100 milliards CAD (58 à 83 milliards de USD, soit l'équivalent de 3 à 4 % du PIB annuel) de mesures de relance proposées mais non allouées dans l'EEA. Environ la moitié des 101 milliards CAD sera dépensée en 2021/2022, ce qui stimulera la croissance du PIB à court terme. Outre les mesures liées à la pandémie, le budget comprend également des politiques progressives à long terme visant à améliorer la participation au marché du travail et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Jusqu'à 30 milliards de CAD ont été alloués sur cinq ans pour réduire de moitié les frais de garde d'enfants d'ici à la fin de l'année 2022 et fournir des services de garde d'enfants à 10 CAD par jour d'ici à 2026, bien que cela doive être négocié avec les provinces.
L'absence de nouvelles mesures fiscales dans le budget et la difficulté politique de réduire les programmes de dépenses d'avant la crise signifient que le gouvernement compte sur la croissance économique pour augmenter les recettes et favoriser l'assainissement budgétaire, ce qui, selon nous, sera un long processus. Le gouvernement introduira une taxe de luxe de 10 % sur les voitures, les bateaux et les avions de luxe, et une taxe de 3 % sur les services numériques pour les multinationales de la technologie à partir de 2022. Une éventuelle augmentation du taux d'imposition des sociétés aux États-Unis stimulerait la compétitivité internationale du Canada par rapport aux États-Unis. Toutefois, l'augmentation des impôts aux États-Unis est un processus délicat, et la capacité de M. Biden à faire passer une telle législation n'est en aucun cas garantie.
Dans le cadre de l'Accord de Paris de 2015, le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030, et le budget prévoyait un objectif renforcé de 36 % pour la même année. Le principal mécanisme pour atteindre cet objectif est la taxe sur le carbone, qui passera de 40 CAD par tonne actuellement à 50 CAD par tonne en 2022. Le gouvernement prévoit d'augmenter la taxe de 15 CAD/tonne supplémentaire chaque année à partir de 2023, jusqu'à ce qu'elle atteigne 170 CAD/tonne en 2030. Le plan alternatif de tarification du carbone des Conservateurs plafonne à 50 CAD/tonne. Plus tôt en 2021, le Parlement a approuvé l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050 et, en avril 2021, M. Trudeau a annoncé un nouvel objectif de réduction des émissions de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030. Cet objectif sera toutefois difficile à atteindre compte tenu de la structure de l'économie et de l'expansion de l'industrie pétrolière et gazière depuis 2005. Une grande partie du fardeau incombera au secteur des combustibles fossiles, qui est le plus grand émetteur du Canada.
Le gouvernement fédéral devra continuer à faire face à un difficile exercice d'équilibre entre le soutien au secteur pétrolier et gazier et le maintien de sa crédibilité environnementale. À cette fin, il s'est engagé à ce que les recettes provenant de l'expansion controversée du pipeline Trans Mountain, qui acheminera du pétrole brut supplémentaire de l'Alberta vers un port de la Colombie-Britannique, soient investies dans des initiatives d'énergie propre. Le projet de 12,6 milliards de CAD doit être achevé d'ici à la fin de 2022, mais pourrait être retardé par les récents arrêts de travail liés à la pandémie et par une éventuelle désobéissance civile.
La pandémie a entraîné une contraction du PIB de 5,3 % en 2020, soit une baisse beaucoup plus marquée qu'en 2009, pendant la crise financière mondiale, où il avait reculé de 2,9 %. Selon les prévisions, le PIB devrait croître de 5,4 % en 2021. Ceci reflète l'impact de l'important incitant fiscal alloué cette année dans le budget et la résistance inattendue de l'économie lors du deuxième confinement au début de 2021. Cependant, le resserrement des restrictions Covid-19 en avril-mai derniers dans un contexte de nouvelle vague a pesé sur l'activité économique au deuxième trimestre. Les perspectives devraient s'améliorer pendant le reste de 2021, au fur et à mesure que les gens seront vaccinés et que les consommateurs se sentiront plus confiants pour dépenser une partie de leurs économies accumulées durant la pandémie. Néanmoins, une normalisation de l'activité est peu probable avant le début de 2022.
La reprise de la croissance en année pleine (2021) sera soutenue par le maintien de l'aide financière de l'État aux entreprises et aux ménages concernés, par le bas niveau des taux d'intérêt, par la reprise de la consommation et de l'investissement privés (en particulier la construction résidentielle) et par le renforcement des exportations. L'industrie du voyage et du tourisme restera faible. Les secteurs pétrolier et gazier en difficulté auront  des conditions d'exploitation difficiles dans un contexte de baisse de la demande de combustibles fossiles et d'incertitude quant à la politique environnementale. En outre, l'endettement élevé des ménages et le chômage continueront de peser sur le moral des consommateurs et la consommation privée.
La croissance du PIB devrait se modérer à moyen terme. L'expansion économique sera soutenue par les investissements publics dans les infrastructures, ainsi que par la croissance des exportations due à la reprise de la demande aux États-Unis, aux nouveaux oléoducs et gazoducs ainsi qu’au renforcement des liens commerciaux avec l'UE et les membres de l'accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP).

Source: Canada Country Report September 2021 www.eiu.com © Economist Intelligence Unit Limited 2021 (ala)

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie (2020)
 

Exportations de la Wallonie vers le Canada
Le Canada occupe le 10ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie, derrière la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Grand-Duché de Luxembourg et la Pologne.
Dans les pays des Amériques, le Canada est 2ième client de notre région derrière les Etats-Unis, devançant le Brésil et le Mexique.
En 2020, nos exportations se sont élevées à 842,92 millions EUR, soit 1,8 % du total wallon exporté.
Secteurs des exportations

Variations de l’export depuis 2017 (%)

 

Wallonie

Belgique

2017/2016 

+117,4

+32,2

2018/2017 

+51,0

+29,3

2019/2018 

+57,6

+20,9

2020/2019

-10,8

-14,6

La part de la Wallonie dans les exportations de la Belgique vers le Canada est de 33,5%.

Importations de la Wallonie depuis le Canada
Le Canada se situe au 26ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie. Parmi les pays des Amériques, le Canada est le 3ième fournisseur de notre région derrière les Etats-Unis et le Mexique et devançant le Brésil.  En 2020, nos importations se sont élevées à 121,75 millions EUR, soit 0,3% du total wallon importé.

Secteurs des importations

Variations de l’import depuis 2017 (%)

Variations des importations (%)

Wallonie

Belgique

2017/2016 

-10,8

+3,9

2018/2017 

+15,2

+2,3

2019/2018 

+170,4

+25,2

2020/2019

+10,2

+8,4

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (+721,17 millions EUR).

 

Bulletins conjoncturels des Caisses Desjardins

CETA : avantages pour les PME wallonnes

Entrée en vigueur l’Accord de libre-échange entre l’UE et le Canada ce 21/09/2017:
Bénéfices des secteurs plus particulièrement concernés en Wallonie

 
Secteur pharmaceutique
Tarifs déjà très bas mais le secteur bénéficiera particulièrement des dispositions relatives à la propriété intellectuelle et le protocole sur la reconnaissance mutuelle des bonnes pratiques de fabrication (GMP). 

Machine et équipements
Outre les économies de droits de douane, il permettra de supprimer les coûts de double test grâce à la reconnaissance des certificats d'évaluation de conformité.   

Produit alimentaires
Les tarifs actuels peuvent atteindre 15%, rendant la compétition difficile pour nos entreprises. L’accord prévoit la suppression de la plupart des droits de douanes pour les produits agricoles et alimentaires (suppression 90,9% lignes tarifaires agricoles) et un engagement visant à éliminer rapidement les obstacles phytosanitaires.

NB :

· Pour les produits plus sensibles :

  • Quotas maintenus pour l’importation de bœuf et de porc, au-dessus desquels des tarifs élevés s'appliquent
  • Pas de réduction tarifaire pour la volaille et les œufs

· L'UE pourra toujours utiliser ses outils traditionnels pour protéger les agriculteurs, y compris le système de prix d'entrée des fruits (particulièrement important pour protéger les producteurs wallons de fruits et légumes).

· Les exportations canadiennes devront se conformer aux normes EU, y compris sa législation sur les OGM et sur l'utilisation d'hormones et d'antibiotiques dans la production alimentaire. 

Services
La moitié de la croissance économique générée par l’AECG devrait provenir des services, avec un accès au marché canadien facilité par :

· La reconnaissance mutuelle de certaines qualifications (avocats, comptables, architectes et ingénieurs) ;

· La possibilité  de travailler plus facilement de manière temporaire au Canada ;

· L’accès aux contrats publics (les offres seront centralisées sur un site internet). 

De manière générale, l’AECG devrait permettre aux PME (70% des exportateurs belges vers le Canada) d’exporter davantage et d’être plus compétitives vis-à-vis des grandes entreprises, grâce à des procédures douanières simplifiées et des exigences techniques plus compatibles. 

Les entreprises canadiennes seront également amenées à limiter leurs intrants américains et se fournir d’avantage en Europe pour répondre aux règles d’origine (déterminant la provenance d’un produit importé). 

La Commission Européenne a procédé à une analyse des secteurs plus particulièrement visés par pays. Elles peuvent être consultées à la page suivante CETA in your town

Le nouvel ALENA : USMCA

L’Accord États-Unis-Mexique-Canada » (USMCA) a été conclu dans son principe le 1er octobre 2018 pour se substituer à l’ancien Accord de libre-échange nord-américain  (ALENA) signé en 1994 qui venait à échéance. Après de longs mois de tergiversations et négociations, le Président Trump a finalement signé, le 29 janvier 2020, le nouveau traité qui le lie à ses deux voisins canadien et mexicain. Le Traité est officiellement entré en vigueur le 1er juillet 2020.

Cet accord de libre-échange élargira la portée de l'ALENA. Une grande partie du nouvel accord est axée sur l'approfondissement de l'intégration fondée sur des règles et la modernisation sur le modèle du Partenariat Transpacifique et d'autres accords commerciaux conclus par les États-Unis. Plutôt que d'étendre l'accès au marché pour le commerce des marchandises - l'Amérique du Nord étant déjà presque entièrement exempte de droits de douane - l'accord met  l'accent sur l'accès réglementaire aux marchés, l'environnement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, le règlement des différends, le commerce des services et d'autres domaines qui n'étaient pas inclus dans l'accord de 1994, comme par exemple le commerce électronique. Les dispositions relatives à la main-d'œuvre seront révisées, le Mexique acceptant d'adopter des lois visant à élargir la représentation syndicale et d'étendre la protection des femmes et des travailleurs migrants. Les réglementations  environnementales seront également harmonisées, avec des exigences plus strictes. en particulier au Mexique. Par exemple, l'accord contient des dispositions interdisant d'encourager l'investissement ou le commerce en affaiblissant la protection de l'environnement. Dans l'ensemble, l'amélioration de la cohésion réglementaire profitera probablement aux flux commerciaux au cours des prochaines années 

Le secteur automobile
Dans l'immédiat, le nouvel accord de l'USMCA n'apporte que peu de changements, car les constructeurs automobiles conserveront leur accès au marché nord-américain. De plus, l'accord contient une clause exemptant les entreprises mexicaines et canadiennes des droits de douane (de défense nationale) proposés sur toutes les importations d'automobiles américaines, si elles sont mises en œuvre par les États-Unis.

Des défis plus importants sont encore à venir avec l'introduction progressive des nouvelles règles d'origine, le contenu nord-américain requis d'un véhicule passant de 62,5 % à 75,0 %.De plus, 40,0% des véhicules vendus dans la région doivent provenir d'un marché dont les salaires sont de 16 USD/heure ou plus. Il s'agit d'un effort direct de la part des négociateurs américains pour encourager le mouvement de la production vers les États-Unis ou le Canada à partir du Mexique où les salaires sont plus bas. Ces deux aspects des nouvelles règles entraîneront une augmentation des coûts globaux pour les constructeurs automobiles du bloc commercial, car ils seront contraints d'utiliser des composants d'origine régionale plutôt que des intrants plus compétitifs en provenance d'Asie. Ceux qui ont des activités de production au Mexique devront également augmenter considérablement leur masse salariale pour maintenir un accès en franchise de droits au marché américain. 
Les nouvelles règles d'origine pourraient accélérer l'adoption de l'automatisation dans les usines de production mexicaines plutôt que de créer de nouveaux emplois. C'est déjà l'un des moteurs de la réduction du nombre d'emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis et nous pourrions voir le Mexique commencer à suivre la même tendance en raison de son développement en tant que base industrielle majeure. 

L’agro-industrie
La structure actuelle des échanges agricoles restera en grande partie intacte, étant donné le caractère relativement mineur des changements inclus dans l'accord. La signature de cet accord éliminera en grande partie des risques à la baisse pour la production agricole à long terme de la région, qui est fortement dépendante des flux commerciaux transfrontaliers. Le Canada et le Mexique sont les premier et troisième marchés en importance pour les exportations agro-industrielles américaines et les deux pays représentent ensemble 26,4 % (32,0 milliards USD) du total des exportations des États-Unis en 2017. Le nouveau pacte maintiendra les droits de douane nuls de l'ALENA sur tous les produits alimentaires et agricoles. Cela éliminera le risque d'inflation des prix des denrées alimentaires au Mexique, premier importateur de céréales et de produits laitiers des États-Unis et acheteur important de coton et de viande des États-Unis.
L'USMCA n'apporte aucune solution aux droits de douane récemment imposés, qui posent des risques continus à la baisse pour la production agricole américaine. En attendant la suppression des droits de douane américains sur les importations d'aluminium et d'acier imposés en juin 2018, le Canada maintient les droits de douane sur les produits de bœuf préparés des États-Unis (la viande représente 13,6 % des exportations agricoles des Etats-Unis contre 3,7 % pour les produits laitiers) et le Mexique maintient les droits sur le fromage et le porc américains. Le Mexique est le deuxième importateur de viande de porc américaine, avec 1,2 milliard USD d'exportations américaines en 2017, et le premier importateur de fromage américain, qui représente 391 millions USD d'exportations américaines. 

Le secteur de l’énergie
Les clauses de règlement des différends favorisent le commerce et l'investissement dans le secteur de l'énergie. Bien que le commerce des biens énergétiques ne soit pas explicitement inclus dans l'USMCA, le soutien à l'arbitrage entre Investisseur et État dans le secteur soutiendra dans le futur les flux d'investissements étrangers. En effet, les dispositions du chapitre 11 de l'ALÉNA relatives au règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) demeureront en grande partie inchangées pour les projets pétroliers, gaziers et de production d'électricité, ainsi que pour les investissements dans les transports et les télécommunications. Ces industries seront exemptées d'un certain nombre de nouvelles restrictions applicables à la protection des investissements entre les États-Unis et le Mexique en vertu de l’USMCA. Cela comprend une exigence plus stricte en matière de recours internes, en vertu de laquelle les requérants doivent d'abord s'adresser aux tribunaux nationaux du défendeur et attendre un jugement définitif avant de déclencher une procédure ISDS. 
Cela élimine un risque important pour les investissements énergétiques entre les États-Unis et le Mexique. Bien que le processus de libéralisation soit bien engagé, les investisseurs américains ont fait valoir que les longs délais d'exécution des projets nécessitent des protections qui offrent une sécurité dans les périodes de transition politique.

Août 2020.

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