Gouvernement

Le Président Hassan Rohani a été réélu le 19 mai 2017 avec 57,1 % des voix grâce au soutien de certains conservateurs. La victoire du président sortant consacre sa politique d’ouverture à l’étranger et son libéralisme mesuré.

Principaux partis politiques

 

Il n’existe pas de partis politiques proprement dit en Iran. Trois tendances politiques principales peuvent malgré tout être distinguées: les (ultra) conservateurs, qui bénéficient du soutien du Guide Suprême et restent attachés aux valeurs essentielles de la Révolution islamique, les Conservateurs modérés ou Faction de la Modération, dans la ligne de l’ancien Président Rafsandjani qui défendent un mélange de libéralisation économique et de statu quo socioculturel et les Réformateurs, qui entendent réformer le système de l’intérieur, en mettant l’accent sur une amélioration des droits de l’Homme et une certaine détente en politique intérieure et extérieure. Il n’existe cependant pas de réels partis d’opposition en Iran, si l’on entend par là l’opposition au régime islamique.


Dernières élections en date

 

Les dernières élections au Majlis (Parlement) ont eu lieu en février 2020 et ont abouti à une forte montée en puissance des conservateurs. Leur score s'explique en partie par les difficultés économiques découlant de la politique étrangère des réformateurs. Cependant, elle reflète également le contrôle exercé par les Gardiens de la Révolution qui a conduit un grand nombre de candidats réformateurs à être exclu. Le taux de participation a par ailleurs atteint un niveau historiquement bas de 42,5 %. Une partie de la population s'oppose ainsi aux coûteuses aventures militaires du pays à l'étranger (qui sont soutenues et dirigées par les conservateurs), de fait ni les réformateurs ni les conservateurs n'ont réussi à obtenir la confiance de l’opinion publique.


Situation politique actuelle

Avec le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire et la mise en œuvre de nouvelles sanctions économiques, la position du président Hassan Rohani a été affaiblie.

En effet, ces sanctions ont contraint le gouvernement iranien à ralentir la libéralisation économique et les réformes sociales qui avaient été lancées. A mesure que la situation économique se détériore, un vent de contestation s’est fait également de plus en plus présent. Alors que les manifestations de 2009 étaient soutenues par les réformateurs dans l’opposition, les contestations des citoyens iraniens semblent à présent dirigées vers la classe politique dans son ensemble. Ainsi, en novembre 2019, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays à la suite de l’annonce d’une augmentation des prix du pétrole par le Haut conseil de coordination économique.

Ces manifestations ont été réprimées très durement, le chef de la Commission de sécurité nationale du Parlement ayant récemment admis que 230 personnes étaient mortes (bien que des estimations non officielles indiquent un nombre de morts plus important). Des manifestations d’hommage ont également eu lieu dans le pays à la suite de la mort de Qassem Soleimani, tué en Irak par une frappe américaine en janvier 2020. Enfin, quelques jours plus tard, des manifestations ont de nouveau éclaté à la suite du crash du vol 752 d’Ukraine International Airlines, abattu par erreur par les Gardiens de la Révolution. Ces nouvelles manifestations à l’encontre du régime iranien ont également été réprimées sévèrement mais de manière plus mesurée qu’en novembre.

Actuellement, bien qu’il n’y ait plus eu de manifestation depuis janvier, les critiques à l’encontre du régime se poursuivent. Une partie de l’opinion publique considère que la réponse à la propagation du coronavirus a été mal gérée et que le gouvernement a tenté de dissimuler la réelle gravité de la situation dans le pays. L'Iran entre maintenant dans une nouvelle phase potentiellement dangereuse dans sa gestion de la crise. En effet, après l'assouplissement des règles en matière de confinement, il y a déjà des signes d'une nouvelle augmentation des cas confirmés. La situation économique désastreuse (le rial ayant perdu 30% de sa valeur depuis le début de cet été) ajouté à la crise sanitaire ont créé un climat particulièrement morose au sein de la population iranienne.

Politiques étrangères

Après un isolement diplomatique de près de dix ans, l’Iran tente de renouer à nouveau des liens avec la communauté internationale. Cette tentative d’ouverture s’est traduite notamment au travers de la signature du compromis de Vienne (JCPOA) conclu entre le groupe E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni + Chine, États-Unis, Russie) et l'Iran, sous l'égide de l'Union européenne en 2015.  Cet accord garantit le caractère civil du nucléaire iranien et doit empêcher que Téhéran ne se dote d'une bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions. Cette ouverture sur le monde occidental ne se fait qu’en demi-teinte. En effet, le 8 mai 2018, les Etats-Unis ont décidé de se retirer de l’accord mettant en place de nouvelles sanctions contre Téhéran. Ces nouvelles sanctions américaines ont eu des répercussions sur les entreprises européennes présentes sur le marché iranien qui s’exposent elles-aussi à des sanctions de la part des américains. À la suite de ce retrait, une escalade des tensions s’est fait ressentir entre l’Iran et les Etats-Unis, les deux pays s’étant engagés dans des actions belligérantes.

Bien que l’Iran ait en premier lieu montré une volonté de sauvegarder l’accord de 2015, les autorités du pays ont ensuite menacé de se retirer progressivement du JCPOA, intensifiant dans le même temps leur activité d'enrichissement de l'uranium. Les dirigeants politiques du pays ont pris soin de laisser ouverte la possibilité d'un nouvel arrêt de cette activité si les négociations avec les pays européens aboutissent à des avantages significatifs. Toutefois, les responsables iraniens sont devenus de plus en plus sceptiques quant à la volonté de l'Europe d'adopter une position plus favorable. Entre-temps, Donald Trump a averti en avril que les États-Unis sont prêts à lancer des mesures de rétorsion si l'Iran continue à attaquer les bases américaines en Irak ou à harceler les navires américains dans le Golfe. Un conflit militaire ouvert entre les États-Unis et l'Iran est cependant peu probable, car il ne profiterait à aucune des deux parties.

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