Historique

L’origine de la richesse du Grand-Duché de Luxembourg (GDL) remonte à la découverte de minerai de fer au 19e siècle avec le développement d’une puissante industrie sidérurgique à l’échelle mondiale.

C’est surtout à partir de 1950 que la sidérurgie luxembourgeoise a connu un essor considérable, jusque dans les années 1970.

Conscientes du danger lié à ce monolithisme industriel, les autorités politiques ont initié, dès les années 1950-60, une politique de diversification industrielle, avec une action reposant sur trois orientations majeures :

- la construction de la coopération économique et européenne,

- la politique volontariste de la diversification économique mettant en œuvre des moyens propices à l’investissement,

- le développement d’un centre financier international.

A partir des années 1950, le Luxembourg a pu attirer les premières entreprises américaines (non sidérurgiques) comme GoodYear (production de pneumatiques), DuPont de Nemours (production de polyester) ou encore Monsanto (production de fil en nylon).

Au cours des années 1970, l’industrie sidérurgique luxembourgeoise, qui était à l’époque encore le principal pilier de l’économie luxembourgeoise, a été fortement impactée par les crises sidérurgique et pétrolière.

Parallèlement au déclin continu de l’industrie sidérurgique qui a suivi par après, le secteur financier s’est fortement développe au Luxembourg au cours des années 1980 et 1990, principalement en raison d’un cadre réglementaire et fiscal favorable par rapport aux autres pays européens.

Malgré cette mutation d’un tissu industriel vers une économie de services, la structure monolithique de l’économie luxembourgeoise a subsisté. En effet, à la forte dépendance envers l’industrie sidérurgique pendant l’ère industrielle s’ensuit la forte dépendance envers le secteur financier depuis les années 80. Les crises sidérurgique et pétrolière dans les années 1970 et la crise financière de 2008 ont mis en évidence cette vulnérabilité de l’économie luxembourgeoise dépendant d’un secteur d‘activités et la nécessité d’une diversification sectorielle.

Afin de renforcer l’économie luxembourgeoise et de se protéger contre d’éventuels chocs extérieurs, le gouvernement luxembourgeois a initié depuis 2004 une nouvelle politique de diversification économique basée sur une spécialisation multisectorielle.

Evolution des indicateurs économiques

L’économie luxembourgeoise est caractérisée par un système fiscal attractif et un haut degré d’ouverture à l’international. Le secteur financier est le principal moteur de l’économie et représente environ 36 % du PIB.

Le Luxembourg dispose du PIB par habitant le plus élevé de l’UE. La compétitivité des entreprises luxembourgeoises est également l’une des plus élevées au monde. Le taux de chômage (6,3% en 2016) est un des plus faibles d’Europe.

Pendant la 2e moitié du XXe siècle, le GDL a réalisé une des meilleures performances économiques en Europe.

Entre le milieu des années 1980 et jusqu’en 2000, le pays était habitué à des taux de croissance de plus de 5 % par an.

Lorsque les économies de ses principaux partenaires commerciaux ont commencé à ralentir en 2001, le GDL a suivi cette décélération (taux de croissance du PIB de 2,5 % en 2001, 3,8 % en 2002 et 1,3 % en 2003) avant de connaître une relance significative à partir de 2004 (taux de croissance du PIB de 4,5 % en 2004, 4,0 % en 2005 et même 6,1 % en 2006).

La crise financière d’automne 2008 a conduit à un fort ralentissement de l’économie luxembourgeoise. A partir de 2014, on assiste à une accentuation de la reprise économique entamée en 2013.

Après avoir enregistré une croissance de 4,2 % en 2016, le pays devrait voir son PIB augmenter de 4,4 % en 2017 et de 5,8 % 2018 selon les prévisions du STATEC, ainsi qu’à moyen terme une croissance autour de 2,9 % en moyenne annuelle entre 2019 et 2021.

La dette publique est l’une des plus faibles d’Europe.

Le GDL poursuit la diversification de ses activités économiques et a mis en place une série de réformes juridiques pour répondre aux critiques sur l’opacité de son système financier et sur sa politique de dumping fiscal vers les multinationales.

Outre l’abolition du régime fiscal controversé sur la propriété intellectuelle prévue dans le budget 2016, une importante réforme fiscale a été validée par le Parlement en décembre 2016. Elle prévoit, entre autres, une réduction du taux d’impôts sur les sociétés de 21 à 19%, à partir de l’année fiscale 2017. Le 1er janvier 2017, le pays a adhéré au système d’échange automatique d’informations fiscales entre Etats, mettant ainsi fin à son secret bancaire.

En 2018, l’économie luxembourgeoise a enregistré une croissance proche de 3%, principalement portée par les services non financiers. Pour 2019, le STATEC table sur une progression de 2.7%, prenant en compte la dégradation du contexte économique international.

En nette progression en 2018, la consommation des ménages devrait rester dynamique, tant 2019 qu’en 2020, avec la bonne tenue du marché du travail et les gains salariaux. L’investissement devrait également rebondir.

L’économie luxembourgeoise devrait ainsi bénéficier du soutien de la conjoncture interne face aux turbulences de l’environnement international. Pour autant que ces tensions s’estompent, la demande extérieure devrait se renforcer et conduire la croissance à plus de 3% en 2020.

La progression des prix à la consommation a accéléré en 2018, pour atteindre 2 % dépassant à nouveau celle de la zone euro. On devrait rester proche des 2% en 2019 et 2020.

Quant aux salaires, ils restent orientés à la hausse et ont eu tendance à accélérer fin 2018, en particulier dans le secteur financier et les services aux entreprises.

Le taux de chômage enregistre une tendance croissante depuis janvier 2019, après une baisse quasi continue sur les quatre dernières années. Cependant, ce phénomène s’explique essentiellement par les modalités induites par l’introduction du nouveau revenu d’inclusion sociale ("Revis").

Quant aux finances publiques, elles restent en bonne santé. La bonne tenue conjoncturelle du GDL a largement profité aux recettes de l’État en 2018 et les dépenses publiques n’ont gère accéléré.

Après avoir enregistré un excédent de 2.4% du PIB en 2018, le solde public se rapprocherait de 3% en 2019 avant de retomber à près de 2% l’an prochain.

Seul bémol au tableau : la productivité du travail stagne. Une récente étude du STATEC constate, en effet, le retard de la productivité du GDL dans différentes branches par rapport à ses voisins.

A noter par ailleurs que le gouvernement actuel, issus des élections législatives d’octobre 2018, s’est accordé sur une série de mesures économiques parmi lesquelles :

  • hausse des accises,
  • gratuité du transport public,
  • accord salarial dans la fonction publique,
  • baisse de l’impôt sur les sociétés,
  • hausse du salaire minimum,
  • réduction de la durée du temps de travail.

Commerce extérieur

Avec une économie largement ouverte sur l’extérieur, le Grand-Duché de Luxembourg exporte 85 % de sa production. Environ 80 % de ces exportations sont destinées aux pays de l’Union européenne. Rappelons que le pays a été un ardent défenseur de l’introduction de l’euro et de l’élargissement de l’UE.

Les principaux partenaires commerciaux du Luxembourg sont ses trois pays voisins, l’Allemagne, la Belgique et la France, trois pays dont sont issus 74 % des produits qu’elle importe et vers lesquels elle exporte 54 % de ses biens. A côté de l’atout découlant de la proximité géographique de ces marchés, il faut souligner que les Luxembourgeois ont une excellente connaissance des cultures germanophone et francophone.

Le marché local du pays dépasse largement les dimensions du territoire national du fait de son implantation dans la Grande Région, une des régions les plus dynamiques de l’Europe.

La zone de chalandise des entreprises implantées au Grand-Duché comprend ainsi, à côté de la population résidente, les 4 autres territoires de la Grande Région, soit un total d’environ 11,5 millions de consommateurs potentiels.

Echanges entre la Belgique et le GD de Luxembourg

Principaux produits d’exportation de la Belgique au GD de Luxembourg : matériel de transport ; produits minéraux ; produits alimentaires, boissons et tabacs ; matières plastiques et caoutchouc, ouvrages en ces matières ; produits des industries chimiques et produits pharmaceutiques ; métaux communs et ouvrages en ces métaux ; machines et équipement mécaniques, électriques et électroniques.

Ces catégories de produits réalisent à elles seules 85 % des exportations belges.

Principaux produits d’importation en Belgique en provenance du GD de Luxembourg : instruments d’optique, de précision, d’horlogerie ; métaux communs et ouvrages en ces métaux ; produits des industries chimiques et produits pharmaceutiques ; matières plastiques et caoutchouc, ouvrages en ces matières ; matériel de transport ; machines et équipements mécaniques, électriques et électroniques ; produits alimentaires, boissons et tabacs.

Ces catégories de produits représentent plus de 82 % des importations belges.

Echanges entre la Wallonie et le GD de Luxembourg

Le GD de Luxembourg est notre 7ème client (3,80 % de nos exportations) et notre 6ème fournisseur (5,79 % de nos importations). A noter que seuls les échanges de marchandises sont ici pris en considération.

Principaux produits d’exportation de la Wallonie au GD de Luxembourg : produits minéraux, matériel de transport, matières plastiques et caoutchouc ; ouvrages en ces matières, produits des industries chimiques et produits pharmaceutiques, produits alimentaires, boissons et tabac, métaux communs et ouvrages en ces métaux, animaux vivants et produits du règne animal. Ils réalisent à eux seuls 82 % de nos exportations.

Principaux produits d’importation en Wallonie en provenance du GD de Luxembourg : instruments d’optique, de précision, d’horlogerie, produits des industries chimiques et produits pharmaceutiques, métaux communs et ouvrages en ces métaux, bois et liège ; ouvrages en ces matières, matières plastiques et caoutchouc ; ouvrages en ces matières, matériel de transport, animaux vivants et produits du règne animal. Ces catégories de produits comptent pour plus de 93 % de nos importations.

La balance commerciale est excédentaire pour la Belgique (3.603,7 millions d’euros en 2018).

Sources

STATEC, Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg

EUROSTAT, l'office de statistique de l'Union européenne

Luxembourg.public.lu, Portail officiel du Grand-Duché de Luxembourg

LUXINNOVATION

Banque nationale de Belgique

 

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