Le secteur de la santé au Mexique 

Le secteur de la santé au Mexique a connu une croissance importante au cours des dernières années, notamment grâce au dynamisme de la médecine privée et ensuite grâce à la volonté du gouvernement d'améliorer l'accès et la qualité des soins de santé. Près de 30 % des institutions médicales sont publiques et 70 % sont privées. Le Mexique compte plus de 350.000 médecins dont plus de 60 % de spécialistes.
Le secteur de la santé génère approximativement 5,8% du PIB national[1], un indicateur économique bien loin de la moyenne des pays membres de l’OCDE, qui se situe à 9,3 %. En 2013, la valeur de ce secteur était estimée à 14,9 milliards d´euros et sa croissance entre 2014 et 2018 est estimée à 5,6 %[2].Ainsi, le budget fédéral dédié au secteur de la santé en 2018 atteint plus de 24 milliards d’euros.
Le Mexique est considéré comme un marché en pleine croissance pour les produits pharmaceutiques et représente le 11ième marché le plus important au monde et le second en Amérique Latine, avec une consommation correspondant à 13,6 milliards de dollars. Le Mexique est également le premier exportateur latino-américain de médicaments contenant des alcaloïdes ou leurs dérivés, avec une part de 2,0% sur le marché, soit 21,9 millions de dollars, ainsi que de produits médicinaux contenant des vitamines ou des provitamines, avec une part de 7,1% sur le marché, soit 97,7 millions de dollars[3]. Selon ProMexico, l'institution gouvernementale chargée de coordonner et d'attirer les investissements étrangers, des centaines d´industries pharmaceutiques sont implantées dans le pays. Par ailleurs, ce secteur est fort axé sur les importations, celles-ci représentant près de 60 % de la consommation nationale[4]
Le secteur des biotechnologies est lui aussi perçu comme un secteur économique d’avenir. A l´heure actuelle, le Mexique souhaite développer son expertise dans tous les domaines de la biotechnologie : environnement, santé, agroalimentaire et applications industrielles. Pour cela, il compte sur une collaboration étroite de ses centres de recherche et nombreux chercheurs recensés sur le territoire. Assurément, la recherche, le développement et la commercialisation dans le secteur de la biotechnologie y sont en pleine phase d´expansion. A l’heure actuelle, le pays explore de nouvelles applications dans le domaine de la santé humaine et vétérinaire, de la modernisation agricole, de la protection de l’environnement, des biocombustibles, etc. Ainsi, le Mexique est l’un des plus grands fournisseurs des Etats-Unis en biotechnologie. 
De plus, le Mexique offre de nombreuses opportunités pour le développement de la biotechnologie commerciale car le pays offre une biodiversité très riche de son écosystème, une main d´œuvre qualifiée et des coûts compétitifs à l’échelle internationale. En effet, les coûts de R&D, d’essais cliniques et de fabrication de produits pharmaceutiques sont nettement plus bas au Mexique que dans les autres pays spécialisés dans le secteur. En l´Amérique latine, le Mexique et le Brésil sont en effet les deux pays à offrir une biodiversité aussi riche, devançant ainsi la Colombie, l’Argentine, le Chili et le Costa Rica. Toutefois si l’on prend en compte le nombre d’habitants, le Mexique arrive en tête de liste pour toute la région. Seules la Chine et l’Inde peuvent rivaliser avec ce pays à échelle mondiale[5].

Le Mexique compte 7500 chercheurs en biotechnologie, dont 50 % sont établis dans les Etats ayant développé des clusters en biotechnologie. Souvent formés en troisième cycle dans de grandes universités européennes ou nord-américaines, ces chercheurs sont reconnus à l’échelle mondiale, et des échanges existent déjà avec la Belgique, notamment avec Liège et Gand. 
Le Mexique s’est néanmoins lancé relativement tard dans l’aventure des biotechnologies, ce qui explique en partie le manque de champions nationaux dans le domaine pharmaceutique, par exemple. Les Mexicains rejettent en partie la faute sur la concurrence chinoise, certes, mais il y va surtout du faible niveau d’investissement dans le secteur, trop occupées qu’étaient les autorités à investir dans le secteur des maquiladoras. De ce fait, le Mexique a peut-être à gagner d’une collaboration avec un pays en quête de rapprochement avec le vieux continent et à partir duquel la Belgique pourrait avoir accès à des projets multilatéraux auxquels prennent part des centres de recherche américains ou canadiens.   
D’après certaines données de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), on estime que le nombre d’applications pour obtenir des brevets au Mexique a augmenté d’environ 9% par an depuis l’an 2000. Ainsi, depuis 2012, le Mexique figure parmi les dix premiers pays à avoir développé le plus de brevets, ce qui le positionnait même avant l´Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse. Ces vingt dernières années, plus de 200 000 demandes de brevets ont été introduites, dont à peu près 15 % étaient dans le domaine de la technologie médicale et pharmaceutique[6]. Récemment le cadre juridique mexicain s’est nettement amélioré dans le domaine des essais cliniques. D’après ClinicalTrials.gov, le Mexique a actuellement réalisé plus de 3000 essais cliniques. 
La télémédecine est une nouvelle niche de marché. Elle constitue l’une des priorités du Gouvernement mexicain et doit permettre aux citoyens d’avoir accès à leur dossier médical. A cette fin, récemment, le gouvernement a implémenté le dossier clinique électronique intégral et unifié (ECE). L'établissement de télé-centres est envisagé dans 25 États et quelques projets pilotes ont déjà été lancés.
Avec plus de 200 entreprises actives dans ce secteur, l'industrie mexicaine d'équipements médicaux – qui est particulièrement prospère dans les États frontaliers avec les États-Unis, surtout en Basse-Californie – est la plus importante en Amérique latine et la 11e en importance au monde. L´Etat de Basse Californie occupe en effet la première place à échelle nationale au niveau médical et biotechnologies.
Même si les institutions de santé et les médecins mexicains sont reconnus pour rechercher des produits bon marché, ils sont devenus hautement sélectifs et se préoccupent de plus en plus de la qualité des produits au moment des achats. Cependant, dans le cas du matériel médical, le prix demeure le facteur le plus déterminant. Outre le prix, les compagnies actives sur ce marché doivent miser sur la qualité de leurs produits, le service après-vente et la garantie, et ce, afin de demeurer concurrentielles. Globalement, 95 % de tous les dispositifs médicaux qui sont commercialisés au Mexique sont des produits importés. 
Le Mexique se distingue particulièrement dans les secteurs médicaux tels la dentisterie, l’orthopédie, l’ophtalmologie et la chirurgie plastique. Par ailleurs, les secteurs de l’oncologie, de la cardiologie et de la pneumologie pourraient bénéficier d’alliances avec la Belgique.

En savoir +

Sources Santé :

  • https://data.oecd.org/fr/healthres/depenses-de-sante.htm
  • http://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/mx/Documents/life-sciences-health-care/life-sciences-report-mexico-2015.pdf
  • Why Mexico? (ProMexico)
    http://www.promexico.gob.mx/en/mx/por-que-mexico
  • Industry Report, Healthcare: Mexico, The Economist Intelligence Unit, June 2014
  • http://mim.promexico.gob.mx/JS/MIM/PerfilDelSector/Biotecnologia/05052014_DS_Biotecnologia_ES.pdf

http://www.promexico.gob.mx/es/mx/comunicado-48-17



[1] https://data.oecd.org/fr/healthres/depenses-de-sante.htm

[3] Why Mexico? (ProMexico) http://www.promexico.gob.mx/en/mx/por-que-mexico

[4] Industry Report, Healthcare: Mexico, The Economist Intelligence Unit, June 2014

[6] http://www.promexico.gob.mx/es/mx/comunicado-48-17

 

(mai 2018)



 

Retour en haut back to top