Contexte général

L'Arabie Saoudite est la première puissance économique du Moyen-Orient et le plus riche pays arabe. La politique de grands travaux menés par le gouvernement ainsi que les investissements directs étrangers et la solidité du système bancaire et financier ont permis à ce pays de devenir la première économie régionale et l'une des principales dans le monde. Toutefois, l’économie du royaume reste presque entièrement basée sur le pétrole et la chute des prix pétroliers a conduit à un ralentissement de la croissance.

Le niveau de vie est un des plus élevés de la région avec un PIB/habitant de plus de 20.000 USD. En 2018, l’Arabie saoudite a enregistré un taux de croissance de 1,97%. Le pays est tout de même marqué par de fortes inégalités et un taux de chômage de 12,6%, affectant surtout les jeunes et les femmes.

L'agriculture, la pêche et la foresterie représente 2,26% du PIB du pays et emploie près de 5% de la population active. C'est un secteur peu productif malgré les investissements massifs de l'Etat. L'Arabie saoudite, de par les contraintes géographiques et climatiques pesant sur son relief (sécheresse), importe la majeure partie de ses besoins en produits agricoles et agroalimentaires. La pénurie d’eau est une problématique régionale sérieuse.

Le secteur industriel représente 56,82% du PIB. Il est dominé par les activités non manufacturières (extraction du pétrole). Le pays possède les plus importantes réserves pétrolières du monde et c’est également le plus grand producteur et exportateur de pétrole. Le pétrole compte pour plus de 90% des exportations de l’Arabie saoudite et près de 80% des revenus du gouvernement. La part du secteur industriel hors pétrole est en train de croître en raison des investissements de l'Etat saoudien pour la diversification de l'économie.Enfin, les services représentent 40,9% du PIB et emploient une grande majorité de la population. Ce secteur est surtout dominé par le tourisme, les services financiers et bancaires, ainsi que l’assurance. Le tourisme génère des revenus très importants (près 8 millions de touristes par an), exclusivement grâce au pèlerinage à la Mecque.

Défis

Les autorités saoudiennes font face à de nombreux défis et les réponses à ceux-ci influencent directement la vie des entreprises. Il est donc important de les rappeler.

Outre l’annulation ou le report de nombreux projets, de nombreuses mesures, parfois impopulaires, ont été prises afin de réduire le déficit. Les prix de l’essence, l’électricité et l’eau, fortement subsidiés par les autorités, ont également été augmentés.

L’emploi représente également un autre défi pour l’Arabie saoudite. La population saoudienne est très jeune (75% de la population a moins de 30 ans) et le chômage est élevé (12%). Afin de faire face, les autorités ont donc mis en place en 2011 un système (Nitaqat) visant à augmenter le taux de « saoudisation » dans les entreprises. En résumé, ce système simplifie la vie administrative des entreprises qui respectent les quotas d’employés saoudiens. Il est à noter que ces quotas varient en fonction des secteurs (exemple: peu de saoudiens dans la construction, beaucoup dans la finance). A ce sujet, notons que le secteur de la téléphonie mobile (vente et maintenance) a été entièrement transformé en l’espace de six mois en 2016. L’ensemble des personnes employées par ces magasins doit maintenant être saoudien. Il est malheureusement difficile d’évaluer l’impact que cette mesure a eu sur le secteur mais il est certain qu’il a été chamboulé.

Enfin, et c’est probablement le plus important, l’Arabie saoudite doit diversifier son économie afin de ne plus dépendre autant du pétrole et des revenus qu’elle en tire. La vision 2030 et le programme de transformation national visent évidemment à atteindre cet objectif le plus rapidement possible.

Situation économique actuelle

La croissance s'est presque arrêtée en 2019, en grande partie à cause des baisses délibérées de la production de pétrole qui ont dépassé les seuils fixés par l'accord OPEP+ et de la baisse des prix du pétrole. Ainsi dans son ensemble, l'économie a seulement progressé de 0,3 %, malgré les bonnes performances des secteurs non pétroliers, soutenues par la consommation et les investissements privés. Le renforcement du secteur non pétrolier a compensé en partie les difficultés rencontrées par le secteur pétrolier, l'inflation globale de décembre ayant enregistré un chiffre positif pour la première fois depuis un an.

Toutefois, le pays subi actuellement les effets de la pandémie de coronavirus couplée à une baisse de la demande mondiale de pétrole. Selon les estimations, l’Arabie Saoudite devrait ainsi enregistrer une contraction du PIB réel de 5,2 % en 2020, la plus forte depuis 1987. Le budget de l’Etat pour 2020 était basé sur un prix supposé d'environ 60 dollars américains le baril, soit environ 50 % de plus que les prévisions pour les prix moyens du pétrole cette année. En réponse, les autorités ont introduit une série de mesures d'austérité sévères, notamment un triplement de la TVA de 5 à 15 %, la suppression de l'allocation mensuelle de subsistance versée aux travailleurs du secteur public et une une réduction substantielle des investissements. L'annonce par le gouvernement de réductions importantes des dépenses d'investissement (dans une économie qui reste fortement tributaire de l'État) va inévitablement freiner la croissance dans des secteurs tels que la construction. Plusieurs secteurs clés non pétroliers subissent également les retombées importantes de la pandémie, avec une demande en baisse dans le secteur pétrochimique (le plus important secteur d'exportation non pétrolier) provoquée par le ralentissement de l'industrie manufacturière chinoise. La décision de limiter cette année le pèlerinage au haj à un nombre restreint de résidents nationaux a également porté un coup sérieux au secteur du tourisme religieux, le privant d'un nombre de visiteurs étrangers qui était estimé à 2 millions.

L'activité économique devrait continuer à tourner au ralenti en 2021, étant donné qu'il n'y aura qu'une modeste reprise des prix moyens du pétrole et de la production. Néanmoins, la croissance du PIB réel devrait reprendre l’année prochaine, celle-ci étant estimée à 2 %, car l'économie non pétrolière devrait bénéficier de la reprise de la demande mondiale et notamment chinoise

À moyen terme, une augmentation de la production de pétrole et de gaz naturel devrait contribuer à soutenir la croissance du secteur des hydrocarbures. Selon le directeur de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, la production de gaz naturel devrait presque doubler au cours de la prochaine décennie. La croissance économique sera également soutenue par la reprise des travaux de plusieurs grands projets d'infrastructure. Bien que certains projets devront probablement être revus à la baisse (comme les plans trop ambitieux pour Neom, une toute nouvelle smart city), il y aura néanmoins d'importantes opportunités pour les investisseurs et entrepreneurs étrangers à mesure que l'activité de construction s'accélèrera. Par ailleurs, la volonté des autorités saoudiennes de développer une importante capacité de production, notamment dans les secteurs de la défense et des produits pharmaceutiques, va être confrontée à un certain nombre de contraintes, notamment la pénurie de main d’œuvre qualifiée locale.

Relations commerciales de l'Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite est le 20ème plus gros exportateur de biens et le 32ème plus gros marché d’importation du monde. Le commerce extérieur représente 63,4% de son PIB (2018). La balance commerciale du pays, structurellement excédentaire, fluctue en fonction des cours pétroliers et de la demande mondiale.

Les principaux partenaires à l'exportation de l'Arabie Saoudite sont la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Les principaux partenaires à l'importation sont la Chine, les Etats-Unis, les Emirats arabes unis et l’Allemagne. Le pays exporte essentiellement des hydrocarbures et importe principalement des véhicules, des machines, des équipements électriques, de l'acier, du fer et des produits alimentaires.

Pour promouvoir le commerce international, attirer des investissements étrangers et diversifier les secteurs non-pétroliers, le gouvernement a lancé le projet d’établissement de 4 "villes économiques" dans différentes régions du pays.

 

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