Conjoncture économique

Le gouvernement chilien se concentre sur la lutte contre la crise sanitaire et économique engendrée par le Covid-19. L'attention politique s'est déplacée de l'agenda social vers l'augmentation de la capacité du système de santé et le soutien de l'économie en général par des mesures de stimulation. La première réaction du gouvernement a consisté à fermer les écoles, les magasins vendant des articles non essentiels, les frontières et les ports. Comme les cas Covid-19 ont continué à augmenter, le gouvernement a progressivement renforcé les mesures de confinement, y compris une quarantaine obligatoire à Santiago annoncée le 16 mai et une prolongation de l'état de catastrophe jusqu'à la fin du mois de juillet.

La réponse politique consiste en une série de mesures fiscales, monétaires et de crédit. Le gouvernement de Monsieur Piñera est sur une trajectoire de dépenses fiscales expansives depuis le début des troubles sociaux en octobre 2019. Après deux chocs consécutifs sur l'économie nationale (une crise sociale et une crise sanitaire), le gouvernement a maintenant lancé trois séries de mesures de relance budgétaire, d'un montant total de 28,8 milliards USD (près de 12,2 % du PIB prévu pour 2020).

Le premier volet de mesures, d'un montant de 11,8 milliards USD vise à renforcer le budget de la santé, à augmenter la couverture de l'assurance chômage afin de protéger les travailleurs contre une perte de revenus et à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) par des mesures fiscales.

Le deuxième volet, d'un montant de 5 milliards USD, s'est concentré sur le soutien aux travailleurs informels qui n'ont pas d'assurance chômage et sur l'apport de fonds supplémentaires, d'une valeur de 3 milliards USD, au Fonds de garantie des petites entreprises.

La troisième phase de relance a été annoncée le 15 juin, car les cas de virus ont continué à augmenter de 5 000 nouveaux cas par jour en moyenne depuis la mi-mai. Des ressources d'un montant de 12 milliards USD seront versées dans un "fonds Covid19" qui sera valable pour les deux prochaines années. Ce fonds vise à étendre la couverture et le montant du plan de revenu familial d'urgence, ainsi qu'à fournir un soutien fiscal supplémentaire aux soins de santé de base ainsi qu’aux municipalités.

Le plan de relance devrait atténuer le coup porté à l'activité intérieure et contribuer à accroître la capacité du système de santé à mieux lutter contre la propagation du virus. La politique monétaire conventionnelle a été étendue au maximum (avec un taux d'intérêt pratiquement nul) et la Banco Central de Chile s'appuiera davantage sur des mesures non conventionnelles pour stimuler le système financier. Une fois que la pandémie sera maîtrisée et que le Congrès reprendra ses activités à plein régime, la priorité des politiques menées reviendra à l'agenda social.

Croissance économique

Les analystes prévoient que l'économie chilienne entrera en récession cette année - pour la première fois depuis la crise financière mondiale de 2009 - et enregistrera une forte baisse de 6,1 % du PIB réel, en raison de la pandémie de coronavirus. Cette forte baisse prévue en 2020 est également le résultat d'un fort effet de report négatif du dernier trimestre de 2019, lorsque le PIB s'est contracté de 4,1 % en glissement trimestriel. Les prévisions font état d’une contraction du PIB de 13,6 % par trimestre en avril-juin.

Toutefois, parmi les grandes économies d'Amérique latine, le Chili devrait enregistrer la plus faible baisse et la plus forte reprise économique, grâce à sa solide réaction politique associée à une forte capacité institutionnelle à mettre en œuvre des mesures de relance.

Les industries opérant loin des centres urbains, telles que l'agriculture et l'exploitation minière, parviendront à poursuivre leurs activités à presque pleine capacité. L'activité minière est restée largement résistante aux retombées économiques induites par la pandémie, car la plupart des mines opèrent dans des zones isolées. Les industries telles que la construction, l'industrie manufacturière et les services (commerce de détail, restaurants et hôtels, services financiers) seront les plus touchées.

 

Source: Country Report July 2020 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2020 – version libre de l’AWEX à la date du 8 juillet 2020 (ala)

 

 

 

 

Projections de croissance économiques pessimistes pour le Chili. Des entreprises chiliennes réorientent leur production

La dernière étude publiée par le FMI table sur une diminution de la croissance du Chili de 4,5% en 2020. Malgré la chute généralisée qui secouera l’économie mondiale, l’institution financière multinationale estime que l’Amérique latine devrait entamer un processus de récupération dès 2021, avec, le Chili et le Pérou comme locomotives. Le CLAPES (Centre Latino-américain de Politiques Economiques et Sociales) parle, quant à lui d’un recul de l’économie chilienne entre 0,5 et 4%. Afin de lutter contre les problèmes d’approvisionnement en masques chirurgicaux, ses entreprises réorientent leur production.

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, le Fonds Monétaire International (FMI) fait montre d’un pronostic pessimiste à propos de l’économie chilienne pour cette année 2020 en prévoyant une chute de la croissance de l’ordre de 4,5%. Cette projection est même pire que celle avancée par la Banque Mondiale qui, pour sa part, parle d’une diminution de 1,5% à 2,5% pour cette année 2020 marquée par l’impact de la pandémie du coronavirus.

D’une manière générale, l’institution financière multinationale estime que, malgré la chute généralisée de l’économie au cours de cette année (-5,2%), l’Amérique latine & Caraïbes dans son ensemble devrait connaître une augmentation du PIB de l’ordre de 3,4% en 2021. Les pays de la zone qui se distingueront l’année prochaine seront le Chili et le Pérou, avec une augmentation de respectivement 5,3% et 5,2%.

Les autres pays de la zone connaîtront également une contraction, toujours selon le FMI- de 6,6% pour le Mexique, de 5,3% pour le Brésil, de 5,7% pour l’Argentine, de 15% pour le Venezuela, e.a.

La zone Amérique Latine & Caraïbes sera touchée cette année par l’isolement, le blocage et les fermetures généralisées imposées en vue de freiner la propagation du coronavirus, lequel pèsera gravement sur l’activité économique de tous les pays. Parmi les états latino-américains qui connaîtront une incidence négative moindre sur leur économie cette année, citons le Paraguay (chute de 1%), la Colombie (2,4%) et Bolivie (2,9%).

Les conséquences économiques dépendent de facteurs qui interagissent de manière difficile à prédire, comme le parcours de la pandémie, son intensité et l’efficacité des efforts pour la contenir, l’impact des interruptions de l’approvisionnement, les répercussions des ajustements drastiques dans les conditions du marché financier mondial, les changements de comportement, indiquent les experts du FMI.

Le Fonds souligne également que la priorité « immédiate » est de contenir les conséquences de l’épidémie du Covid-19 par des mesures comme l’augmentation des dépenses publiques en soins médicaux afin de renforcer la capacité et les ressources du secteur sanitaire.

Une étude de Clapes prend en considération la corrélation entre le Chili et les économies de la Chine et des USA pour estimer les effets de la paralysie virtuelle de l’activité au niveau local. Les secteurs directement affectés représentent près de 28% du PIB tandis que les secteurs indirectement impactés, un peu plus de 59%.

En vue de pallier ces problèmes économiques et faire face aux difficultés d’approvisionnement en produits médicaux destinés à lutter contre le covid-19 des entreprises chiliennes ont décidé de réorienter leur production. Le bureau de Santiago a identifié ces entreprises et en a établi une liste. Celle-ci peut être consultée sur simple demande soit auprès de l’AWEX Santiago (santiago@awex-santiago.com) ou l’AWEX Bruxelles (s.vanbocquestal@awex.be).

Avril 2020

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie (2019)

1. Exportations de la Wallonie à destination du Chili
Le Chili occupe le 51ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie. Si nous prenons en compte uniquement les clients de la Wallonie sur le continent américain, le Chili se trouve en 7ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Canada (2ième), le Brésil (3ième), la Colombie (4ième), le Mexique (5ième), l’Argentine (6ième) et devançant le Pérou (8ième), l’Equateur (9ième) et le Panama (10ième).
Son poids dans le total mondial des exportations wallonnes s’élève à 0,13 %.
En 2019, les exportations wallonnes à destination du Chili se sont élevées à 65,84millions d’euros.

Secteurs des exportations wallonnes vers le Chili

 

Variation
2016/2015 : -16,9%
2017/2016 : -8,9%
2018/2017 : +11,75%
2019/2018 : -0,01%

2. Importations de la Wallonie en provenance du Chili 
Le Chili se situe au 79ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie.  Si nous prenons en compte uniquement les fournisseurs de la Wallonie sur le continent américain, le Chili se trouve en 10ième position derrière les Etats-Unis (1er), le Mexique (2ième), le Canada (3ième), le Brésil (4ième), le Venezuela (5ième), le Honduras (6ième), l’Equateur (7ième), le Nicaragua (8ième) et l’Argentine (9ième). 
Son poids dans le total mondial des importations wallonnes représente 0,003%.  
En 2019, les importations wallonnes en provenance du Chili se sont élevées à 1,02 million d’euros, ce qui représente une baisse de -58%par rapport à l’année 2018.

Secteurs des importations de la Wallonie en provenance du Chili

Variation
2016/2015 : -55,5%
2017/2016 : -48,3%
2018/2017 : +52,8%
2019/2018 : -58,0%

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (64,84 millions d’euros).



Accord d’Association avec l’Union Européenne

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Chili est entré en vigueur en 2003. Il a largement contribué à l’ouverture du Chili et à dynamiser les échanges avec l’Union européenne, devenu le 3ème partenaire commercial du Chili.

Les négociations pour la modernisation de l’accord ont été lancées en novembre 2017, reflétant la volonté du Chili et de l'UE d'approfondir leurs relations bilatérales, déjà excellentes, et de les étendre à d'autres domaines de coopération. En janvier 2018, un 2e round de négociation a eu lieu avant un 3e round à Bruxelles du 28 mai au 1er juin 2018 qui a vu des avancées importantes sur de nombreux sujets de discussions. Cependant, la situation politique au Chili et le changement de gouvernement en avril 2018 ont influencé le processus et la position défendue par le Chili, retardant les négociations. Le nouveau gouvernement chilien préfère réexaminer le dossier et en particulier les indications géographiques (IG), ICS et la protection des investissements, la protection de la propriété intellectuelle (IPR) et les énergies et matières premières. Le 4ème round de négociations se tiendra du 1er au 5 avril 2019.

Dans le cadre de l'accord modernisé, la coopération dans des domaines tels que l'espace, la recherche et les questions sociales, notamment en ce qui concerne le travail décent, l'éducation, la formation et les possibilités offertes aux jeunes, la gouvernance des océans, la politique numérique et la préparation aux catastrophes sera renforcée, ce qui permettra aux deux pays d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Dans le domaine commercial, l'accord d'association existant a été couronné de succès et a nettement accru le flux des échanges entre le Chili et l’UE. Toutefois, il ne couvre pas toutes les questions importantes qui se posent en matière de commerce et d'investissement. Dans le cadre du 4e round de négociations, cet accord sera revu afin de couvrir toutes les questions commerciales, notamment celles concernant le développement durable, l'aide aux petites et moyennes entreprises, la lutte contre la corruption ainsi que le commerce et l'égalité des sexes.

Rapport sur le cycle de négociations UE-Chili

La Commission européenne a publié le 9 juin 2020 le rapport résumant les progrès réalisés au cours du septième cycle de négociations pour la modernisation du volet commercial de l'accord d'association UE-Chili, qui s'est déroulé du 25 au 29 mai 2020. Les travaux ont bien progressé dans un nombre important de chapitres, notamment en ce qui concerne les services, les règles d'origine, les obstacles techniques au commerce, les bonnes pratiques réglementaires, les marchés publics, les dispositions institutionnelles et certaines dispositions relatives aux droits de propriété intellectuelle. Les progrès utiles réalisés dans les chapitres sur les questions sanitaires et phytosanitaires, la transparence, la lutte contre la corruption et les douanes et la facilitation des échanges ont eu pour conséquence que ces chapitres sont maintenant très avancés. Les discussions  ont également bien avancé eu lieu sur les services financiers, les investissements, le système judiciaire en matière d'investissement, les indications géographiques, le commerce des marchandises, les entreprises publiques, les subventions, la concurrence, le commerce et le développement durable, le commerce et l'égalité des sexes, l'énergie et les matières premières, même si un travail considérable reste cependant nécessaire pour ces chapitres.

Le prochain cycle est prévu pour septembre 2020 (dates exactes à confirmer).

Le rapport complet est disponible via ce lien : https://trade.ec.europa.eu/doclib/press/index.cfm?id=2153

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